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Les crises révèlent la faiblesse de la responsabilité individuelle

La canicule va mettre sous une chape brûlante une large partie de la France. Il s’agit d’une situation météorologique classique pour un été avec de hautes pressions sur l’Europe de l’Ouest, formant un obstacle au passage des perturbations orageuses. Les météorologistes qualifient ces situations de « phénomène de blocage ». La première conséquence c’est de peser sur la vie quotidienne de millions de personnes qui dès ce matin, doivent se tourner vers l’avenir. L’air très chaud et sec, emprisonné sous un dôme de chaleur, se maintient pendant une durée inhabituelle. Le nombre de jours où la température a dépassera les 35 °C et les 40 °C reste cependant limité, tout comme l’étendue géographique concernée. La majeure partie du territoire métropolitain avait été touchée en 2003 avec les conséquences mortifères que l’on a connues. Vingt ans plus tard tout recommence. 

Cette situation ne va pas arranger singulièrement les affaires d’un pays en proie à un « incendie » sans flammes apparentes qui couve dans les esprits. Le retour à la réalité dans ce contexte ne s’annonce pas en effet des plus rassurant. Durant des décennies les bulletins météo affolaient la population lorsqu’ils dévoilaient des données en-dessous des moyennes estivales, et désormais, une bonne part des lecteurs, auditeurs ou téléspectateurs, redoute la situation contraire. L’adaptation de l’été a consisté à ne plus rechercher un soleil resplendissant mais plutôt un ciel voilé.

Les statistiques liées aux choix 2023 en matière de séjour, tendent à confirmer que la Bretagne, la Normandie et plus généralement la cote Atlantique à partir de la Charente Maritime, seraient les grandes bénéficiaires de cette mutation des vacanciers. Les blagues relatives au climat de ces zones souvent raillées pour leur taux d’ensoleillement n’ont plus lieu d’être. La fraîcheur est devenue un argument positif quand elle fut un handicap. Il est à peu près certain que des destinations pâtiront de ce constat l’an prochain surtout que la violence des incendies récurrents s’ajoute à des températures hors normes.

La canicule dans l’activité quotidienne risque bel et bien de devenir encore plus insupportable. La France n’est pas prête à affronter ces périodes durant lesquelles tout doit être aménagé ou bouleversé pour adapter la vie sociale aux réalités climatiques. Tout a été rigidifié et codifié rendant exceptionnelles les moindres adaptations. La notion de crise n’a plus de sens puisque depuis l’apparition de la Covid, elle devient «permanente ».

La notion de responsabilité individuelle face à des circonstances hors normes a totalement disparu au fil des ans. Il faut des plans, des alarmes multiples, des directives détaillées, des sanctions inappliquées car inapplicables, pour contraindre les « consommateurs de tout », à se préserver d’une menace « naturelle » qui d’épisodique, devient régulière. 

Des crédits sont alors débloqués pour conseiller par exemple que quand sévit la canicule, il faut… boire régulièrement ou que le refuge des enfants se trouve à l’ombre. On y ajoute des campagnes de communication expliquant que les feux sont interdits… dans les forêts et qu’il faut éviter de jeter ses mégots n’importe où ! D’autres spots incitent durant ces moments météorologiques, à développer le lien social de proximité et à ses préoccuper de ses parents âgés ou de ses voisins isolés quand rien n’est fait le reste du temps pour qu’il en soit ainsi. Dès le milieu de la semaine qui s’ouvre, quand l’épiphénomène aura disparu, ces incitations de bon sens n’entreront plus dans les préconisations officielles au moins jusqu’à la prochaine canicule ! Prudence, respect et solidarité ne sont plus nécessaires.

La nature martyrisée réservera de plus en plus de multiples soubresauts dangereux pour les individus. La propension à tout attendre de la puissance publique a atteint des sommets et ne cesse de se développer. N’ayant plus les moyens de faire face à la défaillance citoyenne qu’ils ont eux-même créée par démagogie, les pouvoirs successifs se contentent de réagir ponctuellement pour limiter les dégâts. Les numéros verts sont l’illustration parfaite de ces constats car ils dissimulent l’incapacité à modifier les causes en tentant de traiter à moindre coût, les effets.

A la fin de la semaine prochaine on annonce un effondrement des températures. Les prévisions tablent sur dix ou vingt degrés de moins. Les spots sont en préparation : couvrez-vous, buvez chaud, arrêtez votre clim et ne marchez pas à l’ombre, vérifiez que vos proches d’un certain âge ferment bien leurs portes et leurs fenêtres. En attendant les mesures contre le dérèglement climatique attendront. Elles nécessitent en effet un vrai réveil de la citoyenneté, vous savez cette attitude qui risque de gêner la croissance économique libérale.

Cet article a 7 commentaires

  1. Laure Garralaga Lataste

    10 h 32… et y a personne qui répond… ! Debout les amis et amies… (Oups… amies et amis, c’est mieux… !)

    1. J.J.

      Faut pas exagérer ! Debout depuis 6 heures ce matin , j’étais parti cueillir les pèches au jardin. Je sors de la douche pour me précipiter sur Roue Libre !

    2. christian grené

      Comme J.J., j’étais debout à 6 heures en l’attente de la roue libre pour mon tricycle mais, à 19h32, j’étais au pied mont Ventoux. Pas un souffle d’inspiration et pas la moindre envie de glisser une blagounette dans la musette.

  2. Laure Garralaga Lataste

    10 ou 20 degrés de moins… Préparons les bonnets, les moufles et les grogs… !

  3. J.J.

    Hier soir aux infos de FR3 Poitou Charentes, on a eu un joli reportage sur la piste Lapébie. Mais c’est dommage, il était trop court, on a vu quelque images de Créon , mais ni Jean Marie ni la Pimpine.

    1. François

      Bonjour @ J.J. !
      « … mais ni Jean Marie ni la Pimpine. »
      Mon bon m’sieur, z’étés à l’ombr’ tous les 2 … avec cett’ cagnat ! Mêm’ qu’un, y l’été au rosé bien frais ! Devinez lequel des deux !
      Sacré soleil, il me fait faire des fautes d’orthographe …à faire retourner feu mon instituteur !
      Bon! vous êtes à l’ombre, vous allez corriger ! Ça vous économisera sudokus et mots fléchés ! ! !
      Et n’oubliez pas de vous réhydrater …. même avec du vin: 85% d’H²O ! ! !
      Avec le sourire,
      Amicalement

  4. Philippe CONCHOU

    Grand soleil et 21° à Malmoe, le pied

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