S’il y avait un mot de l’année à retenir ce serait vraiment celui de drone. Il pèse sur notre avenir bien plus que d’autres davantage connus. Il vient de s’installer dans le langage médiatique français quotidien alors qu’il a ses origines dans la langue anglaise. En effet il est inspiré par le bruit de « bourdon » que provoque sa motorisation dont l’intensité peut être très différente d’un mode de propulsion à l’autre. Il reflète désormais une nouvelle évolution de la société car il repose sur une technologie débarrassant l’homme d’une part de ses responsabilités : il le remplace dans des tâches peu valorisantes et on ne sait pas encore vers quels excès conduira son utilisation.
La plus grande fierté des inventeurs a été grâce à leurs connaissances scientifiques et technologiques, de créer un engin capable de quitter le sol dobt on pouvait maîtriser les mouvements en étant à bord. La mutation en cours avec les drones est exactement inversée. Ils permettent aujourd’hui de rester au sol alors que la mission dévolue devient périlleuse et de voler sans contraintes.
Cet engin quelle que soit sa taille, élargit de façon considérable le champ d’utilisation de ces aéronefs légers, maniables et indiérents aux conditions climatiques. Cette nouvelle donne aéronautique franchie par l’homme conjugue tous les plus récents progrès accomplis dans des domaines essentiels que sont l’informatique, la robotique, l’optronique, l’imagerie radar, la transmission de données…et évite des pertes humaines.
Les drones occupent ainsi à juste titre une place de plus en plus importante dans les milieux aéronautiques et de la défense. Nous assistons à une montée en puissance de leur utilisation concrète dans le monde entier. Les affrontements militaires en cours ont par exemple bouleversé les rapports de force. Tant l’Ukraine que l’Iran tiennent tête aux plus puissantes armées du monde grâce à leur production de drones et à leur utilisation massive sur le front. Leur faible coût, leur polyvalence, leur flexibilité puisqu’ils sont utilisés à distance et sans risques, leur efficacité, les rendent redoutables face à des engins lourds et onéreux.
Désormais l’affrontement russo-ukrainien tourne malheureusement chaque nuit à l’envoi sur des objectifs militaires mais aussi civils de volées de drones que l’adversaire a du mal à intercepter. Pour le moment le pourcentage de ceux qui atteignent leur cible n’est pas très élevé mais le climat créé par ces « essaims » qui frappent tous azimuts constitue un résultat majeur.
Ainsi dans la nuit de samedi 16 à dimanche 17 mai, une attaque massive de six cents drones ukrainiens sur quatorze de ses régions centrales, la Crimée annexée et la mer Noire a été lancée. Ces frappes ont causé la mort de quatre personnes, trois dans la banlieue de Moscou, une dans la région de Belgorod. Une réplique au plus de 670 drones d’attaque et 56 missiles envoyés 48 heures auparavant sur l’Ukraine par les Russes auxquels avaient été ajoutés des missiles balistiques, aérobalistiques et des missiles de croisière. On s’affronte à distance.
Un autre événement est quasiment passé inaperçu dans la confrontation au Moyen-Orient. Il est pourtant extrêmement inquiétant. Un incendie s’est en effet déclaré après une frappe de drone près de la centrale nucléaire de Barakah, aux Émirats arabes unis, sans faire de blessés ni provoquer de hausse de la radioactivité (sic). Les systèmes de défense anti-aérienne avaient détecté trois drones qui étaient entrés par la frontière occidentale des E.A.U, dont deux avaient été interceptés avec succès, tandis que l’autre « a frappé un générateur électrique » près du site. Le « près du site » est angoissant. Trois engins de faible prix maniés aisément par des civils ou des militaires dont on ignore totalement la vraie motivation ont failli causer une catastrophe nucléaire. Cette information donne une idée réelle de l’évolution de la guerre actuelle.
La prospective en la matière est encore plus angoissante. Les « bourdons » seront dans quelques mois confiés à l’intelligence artificielle. Ils décolleront vers une destination donnée par le directeur des vols et choisiront eux-mêmes sans aucune intervention humaine leur cible. Ils seront indétectables puisqu’il n’y aura aucune impulsion donnée depuis la base. Cette perspective à court terme résulte de l’inventivité des Ukrainiens et délègue la guerre à un système dont nul ne connait les limites.
La profusion des drones est déjà mise en œuvre dans la vie courante. Tout le système des livraisons à domicile de repas ou de colis est menacé. Des entreprises de drones émergent aux Etats-Unis. Elles apportent aux clients les repas commandés ou les courses effectuées via internet. Là encore il suffira de demander à l’IA de se rendre à tel endroit et de prévenir le destinataire de l’heure exacte d’arrivée por qu’il soit servi. Des milliers d’emplois sont en jeu. Plus de cotisations sociales. Prix de revient très bas. Rentabilité garantie mais danger méconnu.
Drone : retenez ce mot ! Il n’a pas fini de peser sur l’avenir. L’envoi du fleuron de la flotte française en mer d’Oman coûte 1 million par jour… Un Shahed revient en moyenne à 30 000 €. Je dis ça et je dis rien. Jamais la guerre assymétrique n’a autant mérité son nom.
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Leur faible coût, …tout relatif par rapport à des procédées ou des engins « classiques ». En effet, ça fait le cadavre moins cher qu’avec une bonne vieille bombe aéroportée.
Et vous trouvez ça drone ?
Bonjour,
en voila une drone d’histoire qui fait apparaître sous nos yeux ébahis un curieux engin dont l’origine remonte à la première guerre mondiale. Ainsi le mot « drone » désigne en anglais,le faux bourdon (mâle de l’abeille). Ce nom a été donné par dérision, dans les années 1930 au Royaume-Uni, à des DH.82 « Queen Bee » (la version automatisée) servant d’avions-cibles au De Havilland DH.82 Tiger Moth : leur vol lent et bruyant ressemblait plus à celui du bourdon à la vie éphémère, qu’à celui d’une reine abeille (Queen Bee). Ce nom fut repris par l’armée américaine dès 1941. Bien avant d’être opérationnel le concept naît pendant la Première Guerre mondiale : des prototypes d’avions sans pilote radio-commandés ont ainsi vu le jour, avec des tentatives de « torpilles aériennes » (telles que le Kettering Bug censé atteindre une cible à 120km du point de lancement) télécommandées par télégraphie sans fil et embarquant un gyroscope, ce projet ne fut jamais opérationnelle sur le terrain. Cocorico ! C’est un Français qui réalisa l’exploit le 2 juillet 1917, le pilote Max Boucher fait voler un avion Voisin « sans l’intervention de l’homme » sur 1 km. Au début de l’année 1918, Georges Clemenceau, président de la Commission sénatoriale de l’Armée, lance un projet d’« avions sans pilote ». Le capitaine Boucher améliore son système de pilotage automatique et, le 14 septembre, fait voler pendant 51 min un avion Voisin BN3, sur un parcours de 100 km . Le premier drone français — stricto sensu — est conçu, réalisé et expérimenté dès 1923 à Étampes, par l’ingénieur Maurice Percheron et le capitaine Max Boucher ; l’Armée française ne trouve pas encore d’intérêt à cette nouvelle technologie. Nul n’est prophète en son pays. Le grand essor des drones date de la guerre de Corée et de celle du Viêt Nam. À cette époque de la guerre froide, le drone est développé de façon confidentielle par les États-Unis d’Amérique comme un moyen de supériorité stratégique et de rupture capacitaire devant permettre la surveillance et l’intervention militaire chez l’ennemi sans courir les risques humains que l’opinion ne supporte pas. Il est notamment utilisé pour larguer des tracts dans le cadre de la guerre psychologique.
Le marché du drone de combat est en pleine expansion. Certaines estimations prévoient un marché de 38,7 milliards de dollars pour la période 2020-2029.
Le jeu de ping-pong habituel entre les découvertes pacifiques générant des actions militaires et les découvertes militaires produisant des applications civiles joue à plein aussi pour les drones. Certaines entreprises comme Amazon, UPS, Allship ou La Poste en France, envisagent la livraison de leurs clients à l’aide de drones. En décembre 2013, DHL a testé avec succès la livraison d’un paquet d’une rive à l’autre du Rhin, à Bonn à l’aide d’un md4-1000 de la société Microdrones. Les Émirats arabes unis ont conçu un drone destiné à la livraison de documents et de colis officiels.
En France, pour La poste, la livraison par drone présente un intérêt spécial en zone montagneuse. Elle gère une ligne commerciale hebdomadaire sur 15 km entre Saint-Maximin-la-Sainte-Baume et Pourrières, depuis décembre 2016.
En 2018, le Japon réunit dix entreprises telles qu’Airbus, Boeing et Uber pour accélérer le développement de drones taxis volants.
Un taxi volant pour survoler Tokyo ou Paris le rêve deviendra-t-il réalité ?
Faut pas rêver, je suis trop vieux pour espérer un tel voyage. Vive le progrès généré par les entreprises de mort qui malgré tout font avancer la science mais pas forcément l’humanité.
bonne journée