Brève rencontre avec Platini le magicien au coeur d’acier
Platini le magicien au coeur d'acier
Platini le magicien au coeur d'acier
Charlotte se présente comme « autrice, comédienne » et Chimène comme « dessinatrice ». Le duo des laborieuses de la piste cyclable arrive de Marmande et se dirige vers Bruges dans la banlieue bordelaise où il donnera un spectacle gratuit (1) dans trois jours. « Nous sommes basées à Aix en Provence et nous avons rejoint Marmande par le train. Depuis nous pédalons pour rechercher les éléments constitutifs de ce que nous présenterons au public. »
Sur les hippodromes les vrais amateurs adorent traîner du coté du paddock à la fois pour y côtoyer les pilotes ou les jockeys vedettes mais aussi pour tenter de glaner un improbable tuyau leur permettant de flamber auprès des turfistes penchés sur le programme des courses ou ayant le nez dans un journal spécialisé.
Ils portent fièrement sur ce que l’on appellerait une panse rabelaisienne se confondant avec leur torse l’inscription en lettres rouges usées par les lavages « confrérie du veau ». Alors que l’hippodrome de Craon s’ébroue de l’averse fraîche de la nuit ils se sont déjà installés à l’une des tables du chapiteau dressé pour les agapes de la vielle qui se sont terminées il y a fort peu de temps.
Il arrive lentement sur un vélo chargé comme un âne dans le Rif Marocain. Des sacoches étanches de chaque coté de la roue avant. Des rouleaux enveloppés dans de la toile étanchéifiée à l’arrière de sa selle et deux autres grosses « poches » cirées d’un rouge vif. Il pose un pied à terre manquant de perdre l’équilibre sous le poids de son chargement. Les premières gouttes de pluie tombent sut la paisible surface de la Mayenne. Il cherche un abri sous une tonnelle de vigne vierge réservée aux voyageurs au long cours souhaitant une étape réparatrice.
Parmi toutes les confitures alignées sur une étagère dans l’ombre du chai de chez mon-grand père ces pots garnis d’une onctueuse crème d’or étaient mes favoris. « C’est celle des pauvres » me confiait le vieux vendeur habitué à se construire une solide réputation de spécialiste des produits de saison.
Amira a conquis sa vraie liberté grâce à l’école et son éducation. Son parcours exemplaire dans le secteur médico-social lui ont permis de vérifier que le soutien aux personnes fragilisées par les aléas de la vie correspondait à sa vocation.
Tous les personnages se hissent hors de la terre après des efforts que traduisent leur attitude et leur visage. Ils s’élancent vers une liberté que leur refuse leur lieu de naissance. Ces personnages affûtés, discrets, langoureux ou torturés, figés pour toujours par la main soigneuse d’Alain leur « père », ne peuvent laisser indifférent.
Dimanche matin en sortant de la salle de vote créonnaise je salue un couple m’ayant accompagné dans la vie locale depuis une quarantaine d’années. Rien de bien extraordinaire même si la rencontre physique n’est pas habituelle puisque les chemins se sont éloignés depuis mon retrait de la vie municipale. L’accueil surprenant me déstabilise et j’encaisse comme un boxeur ayant baissé les bras un « tiens voilà le traître ! » .