Mais qu’est-ce qu’elle a ma gueule ?
En une fraction de seconde le Président du Sénat a accru sa notoriété grâce à un "Ferme ta gueule" révélateur de la faiblesse du débat politique
En une fraction de seconde le Président du Sénat a accru sa notoriété grâce à un "Ferme ta gueule" révélateur de la faiblesse du débat politique
Tous les signaux sont à l'orange ou au rouge. Les fractures s'accentuent dans le pays.
Le vrai problème du jeu des chaises musicales sonnant faux, ne réside pas dans la mise à l’écart des « insuffisants », des « médiocres » ou des « absents » mais, parait-il de les remplacer. On ne se bouscule pas pour intégrer le groupe des accompagnateurs des volontés présidentielles par les temps qui courent. Les bonnes volontés d’ordinaire nombreuses ne se montrent guère.
La date officielle du départ en vacances approche. Dans la réalité, collégiens et lycéens ont plié bagages depuis plusieurs semaines en raison de la tenue des conseils de classe, de la disparition des professeurs appelés sur les centre d'examens et de la tendance à fixer individuellement sa date de fin des cours. Aucune obligation n'est faite car il n'y a pas assez d'encadrants et on ne va pas transmettre à la CAF une entorse à la fréquentation scolaire.
Le vrai miracle du front uni des syndicats consiste dans le fait qu’ils ont réussi à mobiliser des citoyennes et des citoyens dans une période d’après Covid où il semble que la participation aux actions collectives soit mal en point. Certes, plus que jamais la technique de la minorité agissante contre tout et n’importe quoi progresse mais le collectif a du mal à exister.
Les déclarations de la cheffe du gouvernement témoignent de la vague de mousse communicative actuelle. L’obtention d’un passeport ou d’une carte nationale d’identité, documents relevant du rôle fondamental de l’État a été sous-traité pour la confection du dossier aux communes. Cette décision a permis, comme celle pour tous les autres pièces officielles (cartes grises, permis de conduire, carte de séjour) aux Ministres de l’Intérieur successifs de se vanter d’avoir pu diminuer le nombre de fonctionnaires dans les préfectures. Et c'était leur seul objectif.
Le Conseil constitutionnel, censurant une loi, votée par le Parlement, incarnation de la souveraineté nationale, s'opposerait donc, en théorie, à la volonté générale. Sauf que celle qui est en cause n’a jamais été votée… et risque de ne jamais l’être. Le mépris mène aux pires excès. On aura le malheur de le vérifier.
Laurent Berger ressassait que la réforme des conditions d’accès à la pension de retraite finirait peut-être par économiser 10 milliards sur les 130 habituellement versés par l’État. Bien entendu ces estimations sont contestés et la guerre des chiffrages qui fait rage depuis le début de la présentation du texte ne s’arrêtera jamais. «Les chiffres c’est comme les gens. Si on les torture assez on peut leur faire dire n’importe quoi » explique Didier Hallépée et dans la période actuelle son constat n’a jamais été aussi authentique.
Hier quelles que soient les estimations officielles ou syndicales, démonstration a été faite qu’une vraie mobilisation existait malgré un contexte socio-économique difficile. La tension ne baissera donc pas dans les prochains jours mais la course de vitesse engagée entre le gouvernement et la contestation va apparaître au grand jour.