Le conclave organisé par le Béarnais pieux avec la présence des représentants de toutes les paroisses syndicales françaises n’aura jamais de fumée blanche. Rien de palpable n’en est sorti malgré des mois de discussion. C’était couru d’avance car au fil des jours les marges de manœuvre se sont révélées de plus en plus faibles. Les représentants des entreprises tout aussi inquiets que les salariés sur la gouvernance actuelle du pays et logiquement oublieux de tous les « cadeaux » effectués dans le passé par les finances publiques, auront tout fait pour empêcher un accord. Alors comme c’est désormais prévisible, on se retourner vers les… retraités actuels pour amortir le choc du système par répartition.
Le sourd de Bétharam avait mis en laisse la discussion. Il prétendait offrir un espace de discussion entre partenaires sociaux « sans totem ni tabou, pas même l’âge légal d’ouverture des droits ». Il posait toutefois comme condition « un accord politique et [un] équilibre financier global maintenu ». Et donc comme il y a des divergences d’évaluation de ce fameux point d’équilibre financier, les limites du débat étaient très proches de zéro. Il se prétend d’ailleurs qu’encore une fois, un débat stérile s’est instauré autour de l’âge de 64 ans. Cette fameuse « borne » à partir de laquelle la route de l’activité a toujours la même importance alimente des argumentations qui n’ont ni queue ni tête. On a été pourtant très près de s’affranchir de ce repère qui dans l’esprit de l’opinion dominante est la clé de voûte de toutes les prises de position. Or l’essentiel reste, et restera, le nombre de trimestres de cotisations indispensables pour accéder à une retraite complète basée sur une moyenne des salaires à géométrie variable. L’autre élément essentiel consistait à adapter ce total en fonction des parcours individuels puisque les vies professionnelles ne sont absolument plus linéaires et paisibles.
Dans ce cadre l’adaptation à la pénibilité du travail avait une importance essentielle. Le définition de critères était bien avancée et l’établissement d’un barème d’exemption de trimestres devenait possible. Les difficultés des femmes dans une société qui leur dénie toujours l’égalité des salaires et qui parsème leur carrière de séquences liées à la maternité restaient à régler. En fait il faut s’interroger sur ces deux aspects de l’ouverture des droits à pension. La pénibilité dans le monde du travail actuel concerne souvent les plus précaires et majoritairement les… immigrés. Et pour la situation des femmes n’est pas prise en compte dans un contexte restant misogyne. A méditer… sur les refus du patronat.
Ce n’est pas dans tous les cas l’âge de départ qui est prépondérant. La grille des montants des pensions en fonction des annuités, métier par métier, reste le nœud du problème. Après 18 réunions il était admis que l’on pouvait y arriver mais les « patrons » n’avaient aucune tentation à céder sur ces points. Ils ont tout intérêt à flinguer le Béarnais qui leur prépare quelques mesures sur le budget 2026 dont ils ne veulent pas. Le chaos qui se profile, dans le contexte mondial actuel, retardera l’échéance. Les syndicats qui avaient cru en un accord potentiel se retrouvent face au vide. La loi Borne entre en vigueur et ils ne mobiliseront pas solidairement pour en empêcher les premiers effets.
L’annonce par le PS du dépôt d’une motion de censure doit singulièrement bouleverser le plan de « non-action » protecteur qui a permis au petit Père de Pau de s’accorder quelques mois de survie. Elle n’aura pourtant aucun effet réel. Il serait très étonnant que le RN se lance dans un soutien à ce texte. La chute de Bayrou conduirait à une éventuelle seconde dissolution et donc à la perte par la présidente du groupe de son statut de parlementaire. C’est trop tôt. Les lepénistes se contenteront de laisser sur le gril un premier des ministres qui va d’échec en échec. Ils l’achèveront au moment du budget c’est plus porteur et moins dangereux.
Le conclave lui avait permis de transmettre la patate chaude aux partenaires sociaux. Elle lui revient dans les mains plus brûlante que jamais. Il n’y aura pas de reprise des discussions. « Pour mon organisation, c’est non », a affirmé, catégorique, la secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon, à la sortie de l’entretien. « Pour la CFE-CGC, c’est la même chose », a déclaré la négociatrice retraite de la CFE-CGC, Christelle Thieffinne. « Le conclave est terminé », a appuyé son homologue de la CFTC. La fumée noire est définitive. La suite dépend donc seulement de l’Homme de Matignon… qui se retrouve dos au mur. Il ne peut même plus battre en retraite !
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À partir de dorénavant, on fera comme à l’habitude,…et ce sont toujours les mêmes qui régleront l’ardoise.
D’ailleurs cette histoire de retraite revêt en effet peu d’importance, un détail, comme aurait dit… L’essentiel c’est que nous reconstituions nos stocks d’armements, absolument indispensables, et offerts gracieusement contre monnaie sonnante et trébuchante par nos « amis »(sic) d’Outre Atlantique (c’est vachement bon pour la planète, l’industrie de l’armement).
Il faut en effet nous convaincre de nous défendre contre un supposé grand méchant loup (au choix, sauf l’outsider possible que personne n’aura voulu voir venir), grâce à une nouvelle version de la fiole de Colin Powell,
« Otan suspend ton vol »(de nos portefeuilles ).
Bonjour,
Un lien où une opinion intéressantes est exprimée
https://elucid.media/societe/echec-du-conclave-sur-les-retraites-notre-etat-social-universaliste-n-est-pas-a-vendre?mc_ts=crises
bonne journée