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La croissance s’effondre : les retraités épargnent trop !

J’ai à maintes reprises écrit que la grande révolution mondiale reposerait sur l’effondrement dy mythe de la croissance portée par la consommation. Dans le contexte géopolitique actuel les conflits en cours, le pillage des matières premières, l’incapacité de concilier développement de la production et protection de la planète, la peur généralisée de l’avenir entraînent une baisse drastique des échanges. La pusillanimité de Trump Culbuto sur les taxes aux frontières ajoute à un contexte très peu favorable à la sacro-sainte croissance. Rien ne va plus et seuls les secteurs de l’armement a de beaux jours devant lui.

En France, alors que l’on attend de savoir à quel âge les futures générations pourront prétendre à bénéficier d’une hypothétique pension, la machine à consommer s’enraye. Elle tourne au ralenti et risque bel et bien de caler dans les mois qui viennent. Les recettes de la puissance publique étant basées sur des taxes aux achats et aux ventes dans absolument tous les secteurs vont s’effondrer rendant l’hypothèse de budgets sincères et véritables totalement irréalistes. L’augmentation du coût de la vie (13 % sur 3 ans et demi) non compensée par celle des salaires ou des retraites a généré une baisse des dépenses au quotidien.

On assiste donc à des réévaluations successives de la croissance à la baisse. Pilier essentiel de cette évolution la consommation des ménages n’augmenterait que modérément (0,7% après 1,0% en 2024), au même rythme que le pouvoir d’achat (après 2,5%), malgré une inflation assagie, attendue autour de 1% en fin d’année. Une catastrophe qui ne se résume pas à ces chiffres mais à des réalités constatées aux caisses des supermarchés. Par exemple on assiste à un repli des ventes de… produits d’hygiène, des produits des grandes marques au profit de celles des distributeurs et un accroissement de la clientèle chez les « discounters » où désormais se rendent toutes les catégories sociales.

Le pire fléau reste la tendance des retraités à épargner ! Ah ! Ces foutus retraités qui pour celles et ceux qui le peuvent encore remplissent lentement les comptes livrets en tous genres ou les assurances-vies. Cette spécificité de l’épargne chez les plus âgés s’explique en grande partie par une série de revalorisations significatives de leurs pensions, qui auraient « dopé » leurs revenus depuis 2023. Les pensions sont en effet indexées sur l’inflation passée : celles de base ont été revalorisées de 5,3% au 1er janvier 2024, et les complémentaires Agirc-Arrco de 4,9% au 1er novembre 2023. Résultat : les prestations sociales ont bondi de 6,7% en 2024, contre +3,2% pour les revenus d’activité.

Le taux d’épargne, qui avait explosé durant la crise sanitaire, reste à des niveaux historiquement élevés. Il s’établirait en moyenne à 18,2% sur l’année 2025. Et atteindrait même 18,7% au deuxième trimestre, avant de fléchir en fin d’année avec la montée en puissance du prélèvement de l’impôt sur le revenu. Plus de 40 % des épargnants déclarent mettre de l’argent de côté, contre 37% en moyenne avant la crise sanitaire. Ce sont les plus aisés – et les plus âgés – qui le font le plus.

La part des ménages de plus de 64 ans déclarant épargner a fortement augmenté, passant de 32% avant la crise à plus de 40% aujourd’hui !  les deux tiers de la hausse du taux d’épargne de 2024 proviendraient des retraités, en particulier des plus modestes et c’est là le paradoxe ! Les retraités vous dis-je ! Ils le font par peur du lendemain (financement de la dépendance) ou pour constituer un patrimoine à leur descendance qu’ils savent en difficulté. Ils restreignent leurs achats et mettent en péril les finances publiques.

Il y a quelques jours un ami recevait un coup de fil de sa banquière qui s’inquiétait qu’il laisse trop d’argent sur son compte courant. « Faites attention. Je n’ai aucun intérêt dans ce coup de fil, c’est dans le vôtre ! » glissa-t-elle dans la conversation. Le danger ne vient pas d’une éventuelle saisie des surplus mais des risques encourus en cas de piratage quand le niveau du dépôt dépasse un certain plafond pour le remboursement. Les mauvais clients sont devenus ceux qui placent des fonds et qui n’empruntent pas. Le taux de détention de crédits par les ménages ne cesse de reculer. Il s’établit en effet à 41,9 %, soit le taux le plus bas depuis 35 ans, On en arrive à ce que  les remboursements des prêts passés dépassent…. les montants des nouveaux crédits (-0,2 %, 

Le libéralisme montre ses limites. Il craque de partout. Du coup l’Institut national de la statistique table désormais sur une activité économique en progression de seulement 0,6 % du PIB cette année, contrastant avec 2023 et 2024 (+ 1,6 % puis + 1,1 %). Les conflits en cours rendront cette prévision encore plus faible avant la fin de l’année obligeant le gouvernement à frapper dur sur… les retraités ! 

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Cet article a 2 commentaires

  1. J.J.

    …on attend de savoir à quel âge les futures générations pourront prétendre à bénéficier d’une hypothétique pension…
    Effectivement, avec la disparition programmée des retraites par répartition au profit de la capitalisation, action scélérate destinée à faire oublier et disparaître les lois sociales de 1945, l’avenir des retraites, entre les mains sales des spéculateurs, risque fort n’être qu’un mirage qui ne laissera aux futurs retraités que leurs yeux pour pleurer. Certains étasuniens en ont déjà fait les frais.
     » Les conflits en cours rendront cette prévision encore plus faible avant la fin de l’année obligeant le gouvernement à frapper dur sur… les retraités !  » Ça fait déjà un bon moment que l’on prépare le terrain avec le mythe du « boomer » passager sans souci de croisades luxueuses, et baignant dans une profusion de plaisirs.
    « Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
    Luxe, calme et volupté. »

  2. alain

    BONJOUR jEAN MARIE
    JE NE SAIS PAS QUELS RETRAITES TU RENCONTRES
    CEUX QUE JE CONNAIS ET MOI MÊME AVONS DES FINS DE MOIS RIC ET RAC
    VA AU MARCHE DISCUTER AVEC LES CLIENTS ET COMMERÇANTS
    TU TE FERAS UNE IDÉE PLUS RÉALISTE
    LES CLIENTS D ALDI N ÉPARGNENT SÛREMENT PAS

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