Désormais tous les mots ont leur importance. Le Ministre de l’Économie vient de le découvrir. En annonçant un peu légèrement que la France connaissait un « choc pétrolier » il a secoué non pas les utilisateurs de stations services, mais les spécialistes du monde du profit. Comme le slogan de 1973 il lui aurait fallu « avoir d nous serions co’autres idées car nious sommes conduits à manquer de pétrole. Il a tenté tant bien que mal de rectifier le tir en parlant de « choc financier lié au pétrole ». Les automobilistes et les…. milieux de la Bourse s’étaient affolés plongeant les prêteurs dont a absolument besoin le pays pour survivre dans le doute sur la situation de leur emprunteur.
La nuance repose sur une réalité subtile : nous ne manquons pas de produits pétroliers car notre approvisionnement s’effectue très majoritairement hors des pays du Golfe persique mais il coûte plus cher. Si l’on se fie aux affirmations officielles la pénurie que tout le monde redoute n’existe pas. En revanche si nous trouvons l’énergie fossile dont nous avons besoin, son prix a augmenté au fil des déclarations du Schtrumpf pris dans la nasse. Son rôle de Ministre consiste à « rassurer » l’opinion publique afin d’éviter la ruée vers les pompes et surtout pas de l’affoler. Il a manqué son coup.
En fait cette crise dont nous ne connaissons vraiment pas l’issue, a conduit à un constat politique rétroactif intéressant » : la critique indirecte du flamboyant « quoi qu’il en coûte » qui avait fait la fierté de l’occupant de l’Élysée. Le maître de Bercy a fustigé « toute mesure collective » pour atténuer le prix de l’essence ou du gazole. Il a estimé que « seul le ciblage fonctionnera ».(sic) . Il ajouté : « l’argent qu’on déverse sur tout le monde de manière indifférencié ça ne fonctionne pas. C’est une question de choix politique. Les euros dépensés aujourd’hui, on devra les retrouver demain. Soit on donne à tout le monde, soit on cible les personnes qui en ont vraiment besoin ». Impossible de ne pas lui donner raison. Il l’a probablement expliqué à celui qui a déversé des milliards qu’il n’avait pas au pif pour enruchir les actuonnaires!
Durant la période du Covid si les aides distribuées ont sauvé des situations difficiles elles ont aussi profité à d’autres dont l’utilité n’était pas avérée. C’est ce que le Ministre de l’Économie reconnaît explicitement. Il avoue aussi qu’il n’y a plus aucune marge de manœuvre dans les finances publiques. Toute décision de dépense entraîne en effet une aggravation du déficit et de la dette. Là encore il ne s’agit vraiment pas d’une révélation mais d’un constat dissimulé depuis des années. Nous survivons à crédit et pourtant il ne se passe pas un jour sans que d’une manière ou d’une autre les demandes d’ouverture de lignes budgétaires soient lancées sur l’espace médiatique par qui vous savez.
Alors il reste la proposition de baisse des taxes qui, comme je l’ai maintes fois écrit sur Roue Libre est le système le plus injuste de récupération de recettes pour l’État car il frappe indifféremment les personnes pauvres que celles qui ont le moyen de les acquitter sans obérer leur quotidien. Là encore aveu d’un libéral convaincu : « quand on les baisse, certains intermédiaires peuvent en profiter pour augmenter leur marge. Mais quand on les remonte, les intermédiaires ne baissent pas leur marge » Un vrai comportement du monde du profit qu’il découvre probablement. Les distributeurs pratiquent pourtant ce yoyo avantageux depuis des décennies. Ils sont à l’affût de l’aubaine.
Si l’on bloque les prix la parade est la même. Même si le baril baisse (il varie au jour le jour) les revendeurs ou les producteurs restent au plus haut sous prétexte qu’ils en ont antérieurement perdu. En plus un tarif unique sur le territoire n’aurait aucun sens puisqu’il faut tenir compte du… transport, des volumes vendus et des marges liées à l’exploitation de la distribution. A ce propos une confidence d’un ami gérant d’une très grande surface permet de bien comprendre le système. « La station service ne nous rapporte pas directement des sommes importantes m’a-t-il expliqué. Elle nous apporte un flux de clientèle potentielle dont nous captons une partie. Lors des opérations dites à prix coûtant que nous lançons sur un week-end nous gagnons plus que lorsque le carburant est au tarif normal. La très grande majorité des automobilistes payent par caret bancaire que nous dirigeons vers un compte de dépôt rémunéré et qui y reste tout le week-end et même plus. Les montants des pleins sont supérieurs à ceux effectués habituellement et donc le volume financier placé est conséquent. Nous récupérons de la clientèle et un produit financier intéressant. » C’est donc le cas actuellement quand la peur envoie des assoiffés du réservoir en masse vers les pompes !
Alors le Ministre temporise. Il annoncera des « mesures ciblées » (transporteurs, marins pêcheurs, agriculteurs, métiers exigeant des déplacements) et il regardera son compte spécial Schtrumpf pour savoir ce que la journée lui réserve. Il sait fort bien que le pire est devant nous avec… le prix du gaz qui lui explosera dans deux ou trois mois.
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« Là encore il ne s’agit vraiment pas d’une révélation mais d’un constat dissimulé depuis des années. »
On s’en doutait quand même un tout petit peu..
Bonjour,
on commence en douceur comme le supplice du pal ;-(( avec « Le Ministre de l’Économie vient de le découvrir. En annonçant un peu légèrement que la France connaissait un « choc pétrolier » il a secoué non pas les utilisateurs de stations services mais les spécialistes du monde du profit. » défense de rire!
En réalité le gouvernement ment et les ministres mentent effrontément. Les prix à la pompe ne mentent pas eux, ainsi ce matin sur le site officiel on trouve le choc des réalités au supermarché GO 2.189€ et SP 95 1.969€. Mais heu! pourquoi ça puisque il n’y a pas de choc pétrolier ? Une partie de ce que l’on met dans son réservoir n’est pas raffinée en France. Selon les données, en 2024, les produits pétroliers déjà raffinés importés par la France venaient principalement de l’Europe (44%), des États-Unis (12%), de l’Arabie saoudite (11%) et de l’Algérie (4,5%). Pour le gazole routier, la dépendance au Moyen-Orient est plus marquée : cette zone fournit à elle seule un tiers (33%) du gazole importé par la France, contre 12% pour les États-Unis et 9% pour l’Inde. À l’échelle européenne, « 40% de la consommation européenne de gazole proviennent du Moyen-Orient ». Donc le maillon faible c’est bien le diesel que par pur souci de profit on ne raffine presque plus ici! Le gouvernement agit en coulisse pour remettre en marche les raffineries capables de fournir du diesel. Dans les faits, les leviers d’action restent toutefois contraints. Certaines raffineries fonctionnent déjà à des niveaux élevés, le raffinage de diesel étant actuellement particulièrement rentable. Dès lors, les hausses de production ne devraient pas être massives.
« C’est l’exploitant qui indique lui-même de combien il estime possible d’augmenter sa capacité », précise-t-on.
Aujourd’hui même on apprend que le gouvernement a décidé jeudi 26 mars d’autoriser temporairement les distributeurs de carburant à vendre du diesel moins résistant au froid, et habituellement non autorisé à la commercialisation. Mouhahaha!! les grands mamamouchis se contredisent eux-mêmes dans les faits, ils déstockent le diesel d’été pour temporiser la grogne. Des transporteurs routiers appellent à se mobiliser ce samedi 28 mars 2026 à travers la France pour dénoncer l’augmentation brutale des prix des carburants, en lien avec la guerre en Iran. Une action est déjà prévue sur l’A7, près de Lyon. Le gouvernement se fige comme la paraffine dans le GO par grand froid à la perspective d’un retour des GJ sur les routes avec le concours des transporteurs, des agriculteurs et des pêcheurs…
Houlala! ça va chauffer dans les campagnes et sur les routes… Manquerait plus que Tromp passe à l’assaut sur le sol Iranien.
Bonne journée et on chante en cœur » on est à pied, on est à pied ils ne peuvent pas nous faire souffler dans le ballon … » . En espérant que l’approvisionnement en cubi va se poursuivre pour noyer nos soucis dans le pinard Espagnol puisque les Iranien les autorisent à franchir le détroit hihihi!!
Tel qui rit vendredi, dimanche pleurera.