La planète est traversée par un vent de folie soufflant d’on ne sait où. Le sentiment de plus en pls répandu que l’on peut tout faire sans absolument aucune responsabilité vis à vis des autres n’est pas que l’apanage des « dictateurs » de plus en plus nombreux. Dans le quotidien il est aisé de vérifier qu’il n’y a pas de limite réelle aux comportements violents, délictuels ou criminels. Toutes les instances chargées à veiller au respect de règles locales, nationales et surtout internationales n’ont plus aucun pouvoir réel. Elles sont ignorées, humiliées et dénigrées sous l’œil passif coupable des nations pourtant grandiloquentes dans leur souci de défendre les droits de l’Homme ou de la démocratie. Une épouvantable mansuétude règne à l’égard des sociétés oppressives ou délibérément répressives.
Sur la scène nationale après l’extraordinaire tribune offerte par des heures de télévision ou de radio, des pages entières de journaux consacrées à une affaire judiciaire nous assistons à une adaptation plus soft destinée à ne pas écorner provisoirement la dédiabolisation. Dans le collimateur durant quarante-huit heures les juges ont semble-t-il disparu (provisoirement?) des récriminations portées sur les plateaux des télé ou devant les micros de radios. On attendra la manifestation de soutien à des condamnés de droit commun pour vérifier si les consignes de bonne tenue médiatique sont respectées. La « jurisprudence » que constitue cette contestation des fonctionnaires de justice a démontré la fragilité actuelle de l’État de droit.
Au plan international, l’ONU est maintenant au même niveau d’efficacité que la Société des Nations avant la seconde guerre mondiale. La SDN fut en effet un échec. La Société, comme aujourd’hui les Nations unies, ne possédait pas de force armée en propre et dépendait des grandes puissance pour faire appliquer ses résolutions, ce qu’elles n’ont jamais été très disposées à faire. C’est de plus en plus la cas avec en plus un droit de veto dont elles usent de manière à préserver leurs intérêts géopolitiques.
Les sanctions économiques, qui étaient la mesure la plus grave que la SDN pouvait décider – juste avant l’option militaire – étaient difficiles à imposer et eurent peu d’impact sur les pays visés car ceux-ci pouvaient continuer à commercer avec des pays n’appartenant pas à la SDN. C’était au siècle dernier et c’est plus que jamais d’actualité. L’ONU est impuissante et devient un « machin » que de Gaulle avait réveillé en 1960 dans un discours célèbre prononcé à Nantes. Elle ne garantit même plus le respect de ses propres textes sur les crimes de guerre, les atteintes aux frontières, les conflits armés, les crises alimentaires ou climatiques. Un échec total. Ou presque.
La Cour Pénale internationale s’étiole et pour contourner ses enquêtes, les pays se retirent les uns après les autres. Le dernier a été la Hongrie. Pour pouvoir accueillir Benyamin Netanyahu en visite officielle de trois jours au cœur de l’Union Européenne qui est empêtrée dans les taxes et se débat pour ne pas mourir étouffée par. Rappelons que le Premier ministre israélien est visé par un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale, soupçonné de crimes de guerre et crimes contre l’humanité à Gaza. Pour éviter d’appliquer ce mandat Orban a claqué la porte de la CPI au moment où son hôte posait le pied sur le sol hongrois. Un petit détail son avion a eu les autorisations nécessaires pour survoler les espaces aériens de pays étant adhérent de la CPI…
S’adressant à son homologue hongrois, Netanyahu a déclaré : « Vous soutenez Israël avec fierté et vous êtes à nos côtés dans les institutions internationales. Vous avez pris une position morale claire concernant la CPI, et j’invite d’autres pays à suivre votre exemple et à quitter la CPI », Orban a déclaré dans la foulée avoir décidé de se retirer de la CPI « parce qu’elle est devenue politisée, et les décisions prises concernant Israël l’ont clairement prouvé et (elle) est devenue un instrument politique bon marché, et nous ne voulons pas y participer. » Le plan est toujours le même : accuser ceux qui vous dérangent pour favoriser ceux qui vous arrangent en le parant les premiers d’un idéologie coupable. En l’occurrence celle de préserver l’Humanité d’actes génocidaires.
L’organisation mondiale de la santé, celle du commerce sont bafouées et réduites à la portion congrue sur la scène internationale. Plus aucun rôle de régulation et plus de mesures destinées à préserver les plus faibles ou les plus exposés. Nous sommes entrés pour longtemps dans le seule loi, celle de la force et du fait accompli. Celles et ceux qui connaissent l’Histoire savent à quel destin mène une telle pratique du pouvoir.
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« Le sentiment de plus en plus répandu que l’on peut tout faire sans absolument aucune responsabilité vis à vis des autres n’est pas que l’apanage des « dictateurs » . »
Peut on citer d’ailleurs un pays qui ne soit dirigé par un régime plus ou moins dictatorial ?
Quand j’entends proclamer haut et fort que tel personnage ou tel pays est « pro démocratie »(terme qui m’incommode particulièrement), je classe immédiatement le « proclamateur » soit dans la catégorie des bénisouioui, ou dans celle des propagandistes éhontés d’un occident « élargi » déliquescent.
« Un mensonge répété mille fois devient une vérité. »(Joseph Goebbels)
En fait Orban (dont je n’approuve absolument pas le comportement) ne fait que concrétiser ce qui s’observe au niveau international, en se montrant seulement un peu moins hypocrite que les dirigeants d’autres pays.