You are currently viewing Le Président fait un tabac dans un bar

Le Président fait un tabac dans un bar

Événement exceptionnel : le Président est entré dans un bar-tabac-presse d’un village lambda (ou presque) sur le chemin du retour d’une visite chez des agriculteurs. Lui-aussi tente de se rapprocher du peuple de la manière la plus naturelle possible. Il était accompagné d’aucune caméra et il avait tenu le déplacement secret. Une nouvelle méthode consistant à nouer un dialogue directe (sans filtre) avec la France d’en bas. Cette initiative tente de dissimuler le fait que l’Élysée est probablement le lieu où l’on est le plus éloigné des préoccupations des gens ordinaires. N’ayant jamais occupé un mandat électif de proximité il ne connaît pas, comme de plus en plus d’édiles, les réalités du comptoir qui sont esssentielles pour comprendre la vie réelle. 

Ce constat n’a rien de fallacieux mais il est assez étonnant qu’il lui faille écouter les personnes présentes dans un bistrot pour appréhender les difficultés qu’il a lui-même créées par une politique libérale débridée. Si vraiment avec ses gardes du corps il a besoin de tester sa popularité il a vraiment une piètre informations sur la situation dans laquelle se débattent les catégories sociales fréquentant un tel lieu. D’abord le commerçant qui l’a accueilli a certainement expliqué quels étaient les points sur lesquels il butait depuis de longs mois. Et ce n’est guère original. 

Comme les producteurs du monde agricole il sait fort bien que le pouvoir d’achat en baisse conduit une bonne part de sa clientèle à restreindre ses achats. La hausse constante du tabac liée à des considérations sanitaires absolument nécessaires a généré un commerce parallèle florissant. Tous les constats le prouvent : la contrebande n’a peut-être jamais été aussi prospère. Dans une enquête de Sud-Ouest les policiers contactés sur l’existence de lieux « institutionnels » de revente illégale ont lâché « le trafic de tabac n’est pas pour nous une priorité ! ».

Tous les services ou produits de remplacement pour les buralistes ne suffisent pas à compenser une baisse du chiffre d’affaires. Pour la presse écrite, la tendance est la même. Les journaux quotidiens, moins pour les magazines, traversent des crises financières en rapport avec la diffusion « papier ». Seuls les « tentations » des jeux à gratter ou les multiples lotos tiennent b on dans la tempête illustrant cet espoir permanent d’un gain permettant d’en finir avec les déboires financiers du quotidien. Le chiffre d’affaires issu de l’activité de jeux d’argent en ligne du Groupe FDJ progresse fortement, de +18,8 % (+13,9 % à périmètre comparable), et représente près de 13 % du chiffre d’affaires en 2023 comparé à 11 % en 2022. L’action se redresse lentement mais sûrement. Pas certain que ce soit un signe de bonne santé du pays !

A-t-il pris conscience que la hausse des prix (café, boissons industrielles, apéros…) devient problématique pour la clientèle. Le café, même très, très loin des tarifs parisiens ou urbains amorce une hausse problématique. Et là pas question de prétendre acheter français. Le Robusta a atteint il y a quelques semaines son niveau le plus élevé à plus de 2.633 euros la tonne. Il ne rebaissera plus. La loi ne changera rien à cette progression. Comment l’enrayer ? Toutes les autres sont du même acabit avec des compensations recherchées sur les quantités servies ou des ajustements tarifaires.

Avez-vous comparé les tarifs des cartes de vins dans les restaurant où le pris le plus bas d’une bouteille de vin français d’appellation d’origine égale celui du menu et le verre un tiers de ce même menu du jour. Il aurait pu vérifier que là encore la production hexagonale n’a pas le plus beau rôle avec des chutes de vente liées à la mode, aux contraintes légales diverses et rien ne changera car la modification des comportements est durable. Les chiffres d’affaires diminuent car nous sommes dans le secteur du superflu…

Si l’on commente avec virulence les comportements des centrales d’achat et les grands distributeurs, le Président a peut-être entendu l’angoisse de ce que l’on appelle le « petit » commerce. Bouchers, charcutiers, boulangers, pâtissiers, marchants de légumes, cavistes, et plus encore les boutiques d’habillement traversent des moments difficiles. Pour certains les soldes ont été un échec notoire. La tendance serait de moins 30 % selon les spécialités.

Ce vaste réseau de proximité qui répond souvent aux besoins des gens ne pouvant ni se déplacer de manière lointaine, ni utiliser le numérique s’étiole à petit feu. Les faillites se profilent et les vitrines aveugles menacent. Ce monde du commerce de proximité n’a aucun moyen de se faire entendre…. Allez, Monsieur le Président, vous prendrez bien un petit « expresso » supplémentaire pour vous réveiller ! Et surtout bouchez vous les oreilles car jalais les poncifs, les à peu-près, les fausses infos, les brèves ‘malheureusement souvent pas très marrantes) ont autant occupé le comptoir. La faute à qui….

Cet article a 3 commentaires

  1. J.J.

    « Une nouvelle méthode consistant à nouer un dialogue direct (sans filtre) avec la France d’en bas. »

    Giscard (à l’improbable d’Estaing) s’était déjà livré à ce genre d’exercice, plus sophistiqué, donc peut être moins « sur le vif » que celle de Macrounet Premier, en instituant ses célèbres repas du soir dans une famille « quidam » probablement triée sur le contrevent. Mais le résultat est sans doute sensiblement le même
    Ça n’avait probablement rien à voir avec la visite impromptue de notre actuel président, mais les réactions du public présent n’ont elles pas été inhibées, intimidé qu’il fut, par la surprise, la personnalité même de l’intervenant et de la charge émotionnelle, avec certainement en plus la présence sans doute peu conviviale des officiers de sécurité ?

    J’imagine, parmi les personnes présentes, la « grande gueule » de service pérorant habituellement et s’étant peut être vanté : « S’il était là, moi j’y dirais moi à Macron c’que j’pense », se trouvant soudain muet comme une carpe.
    Exercice plus ou moins démagogique et peu convainquant.
    Imagine Jean Marie, le président débarquant plus ou moins incognito au Café des Copains …

  2. christian grené

    Et le président n’a même pas poussé jusqu’à Lormont pour souhaiter de « felices cumpleaños » à notre Laurita? Quel goujat!

  3. facon jf

    Bonjour,
    la visite surprise de 30 mn du Méprisant à Roulans ( commune de 1122 habitants située entre Besançon et Baume les dames) est monté en épingle par les merdias suspendus au retour officiel de Bayrou. Le Méprisant entouré d’une dizaine de gardes du corps aurait écouté les doléances des autochtones sans interprète. Je salue ici cette performance quasi olympique de Mac-Ronds. Je veux ici rappeler ce qu »est un interprète c’est nous dit-on : une Personne qui explique, éclaircit le sens (d’un texte, d’un rêve, etc.). ou une Personne qui donne oralement l’équivalent en une autre langue (traducteur) de ce qui est dit.
    Les témoins de cette scène surréaliste attestent qu’il aurait parfaitement compris le dialecte de ces contrées profondes et que par miracle il aurait survécu à l’ingurgitation d’un breuvage apprécié par ces peuplades rustiques qui osent appeler cette mixture « café ». Des témoins initiés affirment que les meilleurs spécialistes en immunologie et restauration des augustes fonctions gustatives et viscérales ont été requis pour sauver notre illustre et irremplaçable Méprisant.
    Un miracle n’arrivant jamais seul nous sommes heureux d’apprendre que le  » Commissaire au plan ( rataplan, plan, plan) » vient d’être relaxé par notre belle justice. Le tribunal correctionnel de Paris vient donc de rendre une décision dans l’affaire dite des « emplois fictifs du MoDem au Parlement européen ». Toutes les personnalités politiques renvoyées devant le tribunal sont condamnées, toutes sauf… leur chef François Bayrou. Magnifique caricature de ce que fait la justice française, devenue force politique autonome en violation du principe de la séparation des pouvoirs, et ayant renoncé à son rôle d’arbitre impartial. Protéger Emmanuel Macron après l’avoir fait élire. François Bayrou est une pièce non négligeable dans les dispositifs du président de la Ré( raie) publique et il vient de bénéficier d’une mansuétude dont on peut craindre qu’elle soit à géométrie variable dès lors qu’il sera question des adversaires politiques du chef de l’État. En récompense de son soutien Bayrou se retrouva ainsi ministre de la Justice dans le premier gouvernement Philippe il siégea entre le 15 mai et le 19 juin 2017. Chargé d’une grandiose mission : présenter au Parlement une grande loi de « Moralisation de la vie publique » ! Bien évidemment que François Bayrou est innocent comme l’agneau qui vient de naître et je vous somme d’arrêter votre persiflage nauséabond.
    Comment le maire de Pau pouvait-il savoir ce que Corinne Lepage* avait écrit dans son livre intitulé, ça ne s’invente pas « Les mains propres ». Ainsi, durant cinq ans, la secrétaire particulière de François, Bayrou a été payée par l’enveloppe d’assistance parlementaire de Marielle de Sarnez sur fonds européen. » Évidemment que François Bayrou qui a vu quasiment quotidiennement sa secrétaire pendant cinq ans n’avait strictement aucune idée de ce qu’elle percevait pour s’acheter à manger ni de qui la payait. Et ceux qui disent le contraire sont de bien méchantes langues.

    Suivant que vous serez…

    bonne journée
    * En mars 2007 Corinne Lepage est alors l’un des membres fondateurs du nouveau parti politique de François Bayrou, le Mouvement démocrate (MoDem).L’affaire des assistants parlementaires du MoDem au Parlement européen est une affaire politique et judiciaire portant sur des soupçons d’emplois fictifs concernant les assistants parlementaires des députés européens du parti français Mouvement démocrate (MoDem) siégeant au Parlement européen. Cette affaire a pour origine les révélations de Corinne Lepage dans son livre Mains propres, plaidoyer pour la société civile au pouvoir paru en janvier 2015. Corinne Lepage finira par porter plainte contre François Bayrou en septembre 2020 pour « dénonciation calomnieuse », en marge de l’affaire des assistants d’eurodéputés MoDem.

Laisser un commentaire