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Raffut (5) : des Bleus brouillons terrassent la fan-zone

Ils ont venus… ils sont presque tous là, ceux qui aiment partager une rencontre sportive dans l’air d’une soirée restant estivale. Devant la brasserie « Ô Select » qui a effacé les Copians de l’histoire locale, deux écrans un peu moins petits qu’on les connaît dans les salons populaires, ont été pendus aux balcons, les supporteurs prudents ont pris position. Ils se comptent une heure avant le coup d’envoi sur les doigts des deux mains.

Il règne une étrange sérénité comme si la confrontation face aux Uruguayens ressemblait à une formalité. « C’est un peu tôt encore » me confie un inconditionnel qui a commencé à se faire mousser au Bar créonnais. Une seule supportrice ayant revêtu un maillot historique frappé du Coq agite un drapeau qui ventile la table où on parle de bien d’autres sujets que celui de la rencontre du soir. Ce n’est pas la gala d’ouverture.

Créon ne semble guère se passionner après la victoire contre les « Tout noir ». Dans le fond un seule bataille gagnée et la victoire devient ensuite une formalité. Un spécificité française. Les télés délivrent les premières images venues de Lille où il n’est pas question de perdre le Nord : pas de signe particulier de réveil de la passion. Les discussions se poursuivent ici comme si l’essentiel était ailleurs. La Marseillaise n’éveille rien. Aucun signe extérieur de soutien et même une certaine indifférence. Elle va s’estomper que quand les victimes expiatoires potentielles pètent un premier essai imprévu. L’Uruguay mène sur la terre française. La nuit s’assombrit…mais ce n’est qu’un accident de parcours

Au Bar créonnais le groupe de référence préfère rester sous les étoiles. Il jette un œil distrait vers l’écran où d’habitude on lâche les chevaux pour les que les parieurs puissent passer à la caisse. Le match devient davantage un alibi pour se retrouver entre copains que la raison réelle de ce maigre rassemblement. Les Bleus se démènent pour tenter de se sortir des griffes d’adversaires pugnaces. Les Teros ne s’envolent pas, mais ils résistent face aux ogres supposés les dévorer. La rencontre s’enlise lentement et les regards plongent au fond du bock comme pour y chercher l’espoir d’une copie française moins brouillonne.

Le silence règne sur la place. Il s’impose sur les terrasses. Les Uruguayens donnent même parfois la leçon. « Putain on n’est pas bon » lâche à la femme qui l’accompagne et qui visiblement manque d’intérêt pour le match. Il lui avait certainement prédit une toute autre prestation des Bleus. Lorsque la passion baisse le niveau de la consommation suit la pente inverse car il faut bien s’enthousiasmer pour autre chose. « Les deux ailiers sont très faibles ! » signale à la cantonade. Aïe ! Le naturel revient au galop et le sélectionneur qui sommeille dans le cœur de chaque Français se réveille. La Fan zone créonnaise manque de tonus et les Bleus sont encore très loin du bonus.

La fraîcheur tombe. Les espoirs de domination des Coqs bleus  s’estompent. L’ambiance s’en ressent. Elle n’a pas vraiment existé et donc il n’y a aucune véritable surprise. Dans le fond on commence à envisager de se contenter d’un mince succès. Surtout quand l’arrière des Teros s’offre une valise pour ce qui n’est pas encore un carton mais qui ressemble un tant soit peu à un voyage vers l’inconnu. Les fameux finisseurs sont appelés en renfort. Le parvis de l’hôtel de ville se vide alors que rien n’est joué. Il ne reste que les inconditionnels ou les blasés. On a perdu la confiance.

Encore une fois l’enthousiasme n’est pas au rendez-vous. Les joueurs français ont mis les bleus de chauffe mais multiplie les pannes et les maladressess. Seul le public lillois déverse des marseillaises tonitruantes ou des encouragements quand probablement partout ailleurs devant les télés ou les espaces collectifs organisés, on baisse la tête et on ne cache probablement plus sa déception. Le partage ne souffre pas la médiocrité. Il a besoin de joie de vivre.

Là on s’ennuie et on est loin des moments attendus du rugby facile et dominateur espéré. L’essai de Louis Bielle-Biarrey suivi par le sprint solitaire de Macalou font enfin lever quelques fesses des chaises. En vain. Encore une fois une subtilité de l’arbitrage étouffe un embryon de fête.. Le sifflet reste le roi de la soirée et il s’en donne à cœur joie en fin de rencontre. Il faudra vraiment autre chose qu’un brouillon de seconde zone. 

Les organisatrices commencent à ranger les tables et les chaises. L’éclairage public devant l’hôtel de ville est éteint. Les plus pressés disparaissent dans la nuit. Les autres débattent. Il n’est pas certain qu’ils reviendront contre les Samoa. Demain les critiques pleuvront. L’essentiel était de gagner rappellent illico tous les analystes de comptoir.en prenant un dernier coup pour la route…

Cet article a 5 commentaires

  1. Philippe CONCHOU

    Niveau 0 face à une équipe de niveau nationale 2 (4ème niveau)

    1. Jean-Marie Darmian

      Tu m’avais dit que tu étais confiant dans une ééquipe de même niveau que celle qui avait joué (pas très bien d’ailleurs) contre les Tout Noir

      1. Philippe CONCHOU

        En effet, je ne pense pas que ce soit un problème de composition d’équipe qui était quand même séduisante sur le papier.
        On a l’impression que seuls ceux qui sont quasi certains d’être dans les 23 pour les grands match (Lucu, Jaminet, Bourgarit) se sont vraiment donnés.
        D’autres qui y sont déjà ont montré leurs limites.
        Tout n’est peut-être pas aussi rose qu’on veut bien nous le dire.
        Attention TF1 ne va pas tarder à faire le tête…

  2. Laure Garralaga Lataste

    0 ! Une note sans concession… mais méritée.

  3. Alain.e

    Je pensais moi aussi , qu’ ils seraient plus performants , et bien ,non , très mauvais match des coiffeurs , la mise en pli n’ a pas prit , la couleur est ratée .
    La honte et la gueule de bois associé à la langue de bois …
    Va falloir faire beaucoup mieux , et du coup l’ équipe type s’ en trouve renforcée .
    En même temps , c’ était le nord , et eux étaient à l’ ouest .
    Cordialement .

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