En fait ce n’était pas qu’un match de football mais peut-être une illustration de l’évolution géopolitique du monde ou plus largement de la société global. Certes il y eut bien entre la France et le Paraguay quelques échanges sportifs mais l’essentiel de ce huitième de finale du Mondial a mis en évidence la fracture qui existe de plus en plus entre les pays d’Amérique du Sud et l’Europe. Les multiples déclarations, les attitudes collectives, les réactions médiatiques ou le climat global autour de la rencontre démontrent cette part de ce que l’on a appelé le nouveau monde bascule dans des idées qui ont causé le malheur de tant de peuples. Le Trumpisme exacerbé se répand comme une tache d’huile sur le continent américain.
Une ambiance raciste a flotté sur la confrontation ou plutôt l’affrontement. L’ancien gardien paraguyen Chilavert a répondu par exemple à distance à des propos de Dugarry qui estimait que le Paraguay risquait de subir une lourde défaite face aux Bleus. « Christophe, tu as raison, à la Coupe du monde 1998, nous avons affronté les Français et maintenant, le Paraguay affrontera une sélection africaine ». Dans son pays il n’y a pas eu une voix qui se soit élevée contre cette déclaration d’autant plus scandaleuse que le Paraguay est un pays d’immigration dans lequel peu de gens n’ont pas de racines étrangères. L’équipe se présentant comme « guaranie » n’est en réalité qu’une constellation d’enfants de colonisateurs venus chasser les populations originelles de leur territoire.
L’ancien joueur du Racing Club de Strasbourg a multiplié les sorties homophobes, masculinistes et sa candidature à l’élection présidentielle paraguayenne de 2023 reposait sur un programme qu’il avait lui-même qualifié de « protofasciste ». Le Paraguay représente cette Amérique du Sud qui penche désormais vers des régimes autoritaires et adeptes des méthodes Trumpistes. Il a connu deux guerres civiles et deux conflits majeurs, mais aussi de nombreuses périodes de dictature militaire, en particulier celle d’Alfrédo Stroessner qui est la plus longue qu’ait connue l’Amérique du Sud.
L’Argentine, le Salvador, le Chili, et très récemment la Colombie et le Pérou affichent désormais des principes relavant de la droite-extrême voire l’extrême-droite. Le parti Colorado dirige le Paraguay presque sans discontinuer depuis 1947. Sa réputation reste associée aux affaires de corruption de trafic de drogue et d’assassinats. Tous les joueurs de l’équipe alignée au Mondial, comme toutes les élites et les fonctionnaires en sont membres. La stratégie footballistique contre la France traduit leur manière de concevoir les rapports humains.
La presse paraguayenne confirme ce sentiment que la France constituait une cible. Favorisés par un arbitrage qui mériterait une enquête de fond sur sa sincérité et ses motivations les adversaires des Bleus ont profité des consignes données par la Fifa concernant la non-distribution de cartons jaunes et de non-prise en compte des fautes sauf les plus grossières. L’Ouzbek a fait du zèle simplement tout comme les sud-américains.
D’ailleurs à Asuncion on a rien trouvé à redire sur ce sujet, préférant mettre en lumière la performance de leurs favoris qui seront probablement accueillis en héros. « En première période, le plan de Gustavo Alfaro a presque fonctionné à la perfection, peut-on lire sur ABC. Même devant au score, la France n’a pas pour autant largement dominé le Paraguay. [.. Le Paraguay a été à la hauteur, a rivalisé avec dignité (sic) et a chuté à cause d’un infime détail (sic) face à un adversaire de tout premier plan. » Autre média, la Nación a globalement été dans le même registre : « Les hommes de Gustavo Alfaro ont fait parler leur intensité sud-américaine et la célèbre combativité guaranie […] sans pratiquer un football particulièrement brutal. » On ne sait pas cependant ce qu’en a pensé Chilavert ! La Fifa ne bronchera pas !
Le racisme s’installe sur toute la planète. Durant le Mondial de football il essaie de se montrer plus discret même si pendant la compétition la chasse aux immigrés continue aux États-Unis. Les Mexicains n’osent pas sortir pour soutenir leur équipe et bien d’autres supporters d’autres nations résidant aux USA mais en situation compliquée adoptent la même attitude. ICE poursuit ses missions. Il n’ y a pas de trêve. Trump a même obtenu de cette Fifa pourrie jusqu’à la moelle que le carton rouge d’un joueur US soit annulé au nom d’un obscur article d’un règlement que personne ne connaissait.
Nationalisme outrancier, légitimation de la violence, mépris pour l’Europe jugée décadente, racisme assumé, interventionnisme scandaleux et victimisation immédiate : ce match a donné une leçon de géopolitique. Ce n’est pas très facile de proposer cette vision « politique » d’une rencontre qui fera date dans le football mais tout ce Mondial vit sur des apparences, sur une euphorie démesurée et sur un seul enjeu réel : l’exploitation dans tous les sens de ce terme ! Heureusement parfois il y d’autres matchs de football.
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Le racisme s’installe sur toute la planète.
Je ne pense pas, il y a longtemps qu’il y est installé, et vigoureusement. Il serait d’ailleurs semble- t-il consubstantiel à une certaine forme « d’humanité » (à défaut d’autre terme).
Facile d’être la victime du racisme d’un « autre » du moment que pour une raison dérisoire on n’est pas complétement « comme lui ».
Maintenant, avec l’exemple du comportement innommable et criminel de certaines nations (suivez mon regard) qui bénéficient d’une indulgence, voir d’un encouragement international, il s’exprime de manière parfaitement décomplexée.
Un match à vous dégouter du football , des Paraguayens violents , truqueurs , menteurs , simulateurs et une honte internationale qui s’ est abattue sur eux légitimement.
un arbitre à la ramasse noté 1 sur 10 par l’ équipe .
J’avais pas été aussi agacé depuis Séville 82 devant un match de foot.
On avait l’ Argentine rugueuse, chambreuse de manière indécente, l’ Uruguay aussi rugueux , ces façons de faire , virilité à outrance, racisme, homophobie ne sont définitivement pas ma tasse de thé.
Le Brésil est bien plus correct que ses voisins, et sauve l’ honneur de l’ Amérique du sud.
Bravo aux Français d’ avoir su rester Digne et de n’ avoir pas dégoupillé, il y avait de quoi ….
Cordialement.