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Une période caniculaire révélatrice de la société actuelle

Il fait chaud… Il fait même trop chaud puisque selon les autorités il est impossible de mettre un chien dehors. La canicule record pour un mois de mai sera prise en compte par le gouvernement jeudi à 48 heures de sa fin selon les prévisions météo. Le réchauffement climatique une préoccupe les responsables politiques que lorsque le climat devient excessif. Ces derniers jours ils accumulent les alertes, les conseils et les circulaires afin d’éviter que ce qu’ils n’ont pas pu éviter depuis des décennies pour réguler l’évolution des températures terrestres afin qu’elle soit le moins catastrophique possible.

Jeudi le Premier des Sinistres et ses collègues effectueront une conférence de presse pour proposer que l’on se mette à l’ombre, que l’on boive frais et que l’on évite de faire du sport dans la chaleur. Remarquez ils n’ont pas tout à fait tort puisque des courses pédestres ou des trails ont mal tourné le week-end dernier.

On a en mémoire (enfin quelques-uns ont en mémoire) la tragique période de 2003 quand la canicule avait été à l’origine de 70 000 décès supplémentaires en Europe dont plus de 20 000 avant … le mois d’août, mois pourtant le plus chaud de cette vague de chaleur. La surmortalité avait atteint des niveaux exceptionnels en France et avec l’Italie elle avait totalisé le même nombre de décès supplémentaires au cours de l’été 2003, soit respectivement 19 490 et 20 089. Les autorités de l’époque avait tenté par tous les moyens de minimiser ces statistiques afin d’éviter d’engager la responsabilité d’un gouvernement Chirac ayant mis un certain temps à prendre la mesure du problème.

Les 11 et 12 août furent les jours les plus meurtriers. Cette triste réalité était due à un effet d’accumulation des jours chauds précédents, à des températures nocturnes très élevées ou à l’absence de vent, le manque de ventilation engendrant des pics de taux de dioxyde d’azote qui s’ajoutent à la pollution par l’ozone. Cependant, la relation entre le couple climat-pollution et la mortalité étant encore mal connue, aucune explication définitive n’a pour l’instant été donnée. Les premières alarmes avaient été lancées par les responsables des services d’urgence (dont Patrick Pelloux qui deviendra célèbre en cette occasion) dans les hôpitaux qui furent vite débordés .

Le Président  de la République, Jacques Chirac, dont le silence sera critiqué par l’opposition de gauche, s’exprimera… deux semaines après la fin de la crise, à son retour des vacances qu’il a prises en bord de mer au frais. Il nie la responsabilité de l’exécutif dans la tragédie et souligne le manque de solidarité entre citoyens, déplorant la dégradation du lien social, notamment envers les personnes âgées. On sait où on en est rendu depuis !

La canicule de 2003 avait brutalement mis en évidence une société égoïste, dépassée, fracturée qui favorisait l’isolement des personnes âgées… oubliées par les familles et souvent les voisins. Il fallaitt donc en appeler à des mesures officielles pour pallier ces carences ! Doublement dramatique. On avait amèrement constaté par exemple qu’à la date du 24 août, en région parisienne, il y avait encore 300 corps non réclamés par les familles qui attendaient une inhumation dans un hangar réfrigéré de… Rungis et dans des camions frigorifiques. Ignorés des familles. Ignorés des proches. Ignorés des vacanciers, ignorés des organismes officiels… Ignorés des vivants !

La réalité de ce constat a-telle réellement changé ? Non car il appartient toujours à la puissance publique de proximité (communes et Centre communaux d’action sociale, départements) de mettre en œuvre avec plus ou moins de moyens humains, une solidarité destinée à atténuer la faiblesse de plus en plus criante du lien social surtout en zones urbaines ou en zones rurales très peu denses. Il faut « organiser », «  planifier », « codifier », « décréter », « financer » cette solidarité qui a une fâcheuse tendance à disparaître. Partout les querelles de voisinage, les conflits familiaux, l’éloignement des descendants augmentent et donnent un visage nouveau à une société qui souhaite des prises en charge publique de ses défaillances humaines. La canicule comme tous les événements climatiques repousse les frontières du vivre ensemble et pas que forcément dans le secteur intergénérationnel.

On se replie par exemple sur « SA » piscine bleu translucide (on a passé le cap des 3,6 millions de piscines bâties déclarées en France ) soit une pour 20 habitants derrière les murs protecteurs de ce que l’on pense être le vrai bonheur standardisé !  Le coût d’entretien d’une piscine standard de taille moyenne (environ 8×4 mètres) se situe généralement entre 650 et 950 euros par an. Ce budget comprend l’eau, l’électricité, les produits d’entretien, l’assurance et les taxes. C’est devenu un signe extérieur de qualité de vie. L’usage en est en fait limité en terme de nombre d’heures. La canicule devient alors une période bénie durant laquelle on rentabilise son investissement… pour lequel souvent on paie plus d’impôts locaux que sa taxe d’habitation selon le secteur où l’on vit sans pour autant manifester.

Des millions de litres d’eau potable de plus en plus rare partent par ailleurs en France dans ces équipements directement branchés sur le réseau sans que l’on s’en inquiète outre mesure. D’ici 4 ou 5 ans en Gironde par exemple la canicule débouchera sur des restrictions inévitables durables faute d’anticipation sur les modalités de consommation du bien le plus précieux… mais on se tournera comme pour les personnes âgées vers la puissance publique : « alors vu les impôts que je paye (ou que je ne paierai plus) que faites-vous pour moi ! ».

En attendant les présentateurs de la météo sur les chaînes de télé sont insultés, vilipendés, menacés sous prétexte que leur carte sont trop rouges. Les négationnistes du réchauffement climatique les accusent de désinformation. Un signe des temps. Dramatique d’en arriver à nier l’évidence. On en est rendu au point que le thermomètre du complotisme et de la connerie dépasse toutes les normes antérieures.

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Cet article a 4 commentaires

  1. J.J.

    La canicule de 2003 avait brutalement mis en évidence une société égoïste, dépassée, fracturée qui favorisait l’isolement des personnes âgées
    Ce qui parfois n’est pas seulement le fait des personnes ayant la possibilité de porter leur aides à des individus ayant potentiellement besoin d’aide.
    Je me souviens d’avoir, en 2003 entendu le récit d’une amie habitant à Paris qui, avec des voisins avait rendu visite à une très vielle personne vivant seule, pour lui proposer leur aide éventuelle. Ils s’étaient vus éconduire vigoureusement et prié de s’occuper de leurs affaires et de ne pas se mêler de celles des autres.
    Cas isolé certes, mais de nature à décourager les bonne volontés.
    Et quand à plaisanter sur le sujet, rappeler cette vieille histoire.
    Trois jeunes scouts viennent rendre compte à leur chef de leur B. A. de la journée.
    — « Nous avons fait traverser la rue à un vieux monsieur. »
    — C’est bien, mais vous n’aviez pas besoin d’être trois pour faire ça !
    — Mais si, parce que le vieux monsieur, lui, ne voulait pas traverser !

    1. François

      Bonjour @ J.J. !
      Ce cas très parisien semble vous offusquer alors qu’il ne s’agit que d’un rappel par cette «très vieille personne » que ces interventions très occasionnelles peuvent paraître gênantes ou pire non garanties sans intérêt ! ! Certainement, «  vivant seule », ce caractère bien trempé a voulu aussi leur démontrer que, l’année ayant 365 jours, le plus gros danger dont elle souffre, c’est l’ISOLEMENT (souvent de palier!) que l’on oublie de soigner dès que Celsius redevient fréquentable ! !
      Si ce problème est souvent « de ville » ( combien de fois, une odeur persistante affole l’environnement après plusieurs décades!), il pénètre la campagne où le renouvellement quasi permanent (pour x raisons!) des néo-ruraux devient un problème de … civilisation et de gestion communale !
      Dans nos hameaux ou petites communes, chacun connaissait l’autre, l’entraide cimentant le tout. Quand cela existe encore, c’est que vous côtoyez des enfants de … paysans !
      Des volets qui restent clos, untel pas aperçu dans la journée, etc, c’est l’alerte humaine qui s’éveille ! Alors que j’étais abonné, je me souviens aller lire le Sud-Ouest de la grand-mère voisine pour s’enquérir de sa santé et lui porter les nouvelles locales! Parfois, l’échange me permettait d’acquérir des renseignements sur tel fait ancien que, seuls, les Vieux détiennent ! Mais vous connaissez « cette bibliothèque qui disparaît quand un Ancien nous quitte » (proverbe africain ?) .
      Bizarre n’est-ce pas comme, de la canicule, on en arrive au vieux vivre ensemble et non … côté à côté moderne ! !
      Restez à l’ombre et sortez à la fraîche … sans écouter les énarques, mais en vieil expérimenté, conscient du danger ! ! !
      Respectueusement

      1. J.J.

        Bonjour @ François. Ce dont je m’offusque c’est le manque de savoir vivre et d’empathie de cette personne qui avait renvoyé grossièrement les personnes venues lui offrir une aide.
        Il m’arrive parfois, que mon aspect décrépi incite des quidams à me proposer leur aide, des « jeunes », souvent : passage à la caisse du supermarché, place assise dans le bus, ou toute autre offre d’aide. Sauf si je me trouve vraiment en situation difficile, je refuse ce genre de proposition, mais en remerciant avec courtoisie les auteurs de leur proposition bienveillante.

        1. François

          Bonsoir @ J.J. !
          Certes, la Politesse est l’ossature du savoir vivre … ensemble.
          Dans les situations que vous décrivez, Elle s’associe effectivement à la Courtoisie pour devenir des encouragements pour les servants !
          Peut-être sont-ils arrivés un jour où tout va mal, un jour sans ? Les a t’il (elle) confondus avec ces porteurs de bonne nouvelle divine qui se croient investi par « Le Créateur »? Perso, ce sont des personnages de fin de semaine que j’expédie « avec le minimum syndical »! ! ! Il n’en est pas de même pour les publicités téléphoniques « coupe-appétit »: les formes verbales sont plutôt d’un vert non écologique ! ! !
          Lisez mon commentaire précédent à la virgule près: vous y trouverez son vrai sens.
          Bonne soirée.

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