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Une nouvelle forme d’insécurité émerge rapidement

Devant les images répétées à l’envi de poubelles ou de déchets en feu sur les chaînes de désinformation avérée les tenants de l’opinion dominante s’inquiètent pour leur propre sécurité. Il faut avouer que tout est fait pour que ce « spectacle » soit susceptible de provoquer la peur et donc la révolte. La France vue à travers ces incidents devient un pays des émeutes, des combats de rues, du fracas permanent et la puissance de l’exploitation de faits critiquables ajoutent à un sentiment d’insécurité constituant le terreau de l’extrémisme de droite. Et pourtant le problème est ailleurs et infiniment plus angoissant.

La société numérique craque de toutes parts. Elle génère des événements de plus en plus angoissants et déshumanise inexorablement les situations du quotidien. Quel est le danger réel d’un container poubelle en flammes par rapport à la prise de contrôle du secteur de l’alimentation la plus dangereuse (produits congelés ou frais) par des individus anonymes, retranchés derrière un ordinateur ? Dans un cas un bon extincteur viendra à bout de ce que les caméras filment en gros plan pour donner l’illusion d’un brasier dévastateur quand dans l’autre cas il faut désormais convenir que la gestion centralisée de la chaîne du froid met en péril la santé de centaines de milliers de personnes.

Plus rien, absolument plus rien n’est en sécurité dans l’utilisation quotidienne souvent imposée du numérique. La pression sur nos vies devient insupportable. Il n’est plus question d’échapper aux contraintes des pourvoyeurs de services dont ils ne peuvent pas garantir une utilisation sans risques. Même l’État est incapable de protéger les données qu’il demande aux citoyens de lui confier. Les piratages se multiplient et l’exploitation de ce que les administrations nous obligent à lui fournir conduisent à des escroqueries de toutes sortes.

L’insécurité numérique grimpe chaque jour un peu plus. Elle est violente pour les personnes qui en sont les victimes. En plus du traumatisme que constitue la perte de biens temporels les victimes se trouvent face à l’incapacité des services à identifier les coupables. Les « crimes » sont anonymes, d’origine lointaine et donc impunis. La perte de confiance est totale. Le traumatisme demeure. La peur devient permanente. Il est pourtant impossible d’échapper au système.

La guerre s’accentue. Elle sort du champ de bataille. Des armées secrètes confinées dans des locaux spécialisés recherchent des moyens de déstabiliser le camp adverse. Ces troupes invisibles pèsent sur les opinions publiques. Nous sommes toutes et tous sous influence car même très méfiants nous restons à la merci de manipulations dont nous ne percevons même pas la dangerosité. Les démocraties ne se protègent pas face aux ingérences que permettent la destruction de leurs valeurs. S ajoutent aux intrusions extérieures à celles intérieures qui existent aussi et prolifèrent.

Un pourcentage infime des populations connaît ces menaces réelles mais une majorité les perçoit inconsciemment. Prendre le contrôle à distance des centaines d’installation réfrigérées constitue une alerte sérieuse. Elle met en évidence qu’à tout moment en une période où l’insuffisance alimentaire se profile il existe des moyens d’affaiblir n’importe quelle nation. Qui peut garantir que les services de distribution d’eau potable sont à l’abri de pareils déboires ? Sommes-nous certains que les laboratoires de recherche sur les virus sont vraiment protégés d’un prise de contrôle extérieure ? Les circuits financiers mondiaux ne sont-ils pas sous la menace de mouvements mettant en péril leur fiabilité ? Quel est la véritable indépendance des États dans cette mondialisation numérique ?

La notion de secret n’existe plus. Tout acte est désormais fiché, recensé et éventuellement scruté. De votre liste des achats au supermarché à votre navigation via internet ; de votre montée dans un support de déplacement à votre passage devant une caméra de surveillance ; de votre verdict médical à vos conversations avec vos proches… vous êtes susceptible d’intéresser à tout moment une personne qui ne vous veut pas nécessairement du bien. Penser un seul instant que vous le savez et que vous avez donc la capacité à l’éviter c’est un doux rêve. Forcément vous êtes dans un programme extérieure de surveillance mais vous ne le savez pas ! Il faut payer pour en être faiblement protégé.

L’insécurité a plusieurs visages : sociale, environnementale, matérielle et maintenant massivement numérique. Cette dernière renforce une fracture à tous les niveaux de la société entre ceux qui ont les moyens de se protéger et ceux qui subissent ces effets d’une multiplication des pièges, attaques, vols, pillages et même parfois une forme subtile de terrorisme plus ou ou moins institutionnel. Qui en parle ? Ceux qui en profitent sont tellement nombreux que plus rien ne les arrête.

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