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Une saignée n’a jamais réglé un problème global de santé

C’est parti et si vous lisez cette chronique vous ne pouvez pas dire que je ne vous ai pas prévenus : la chasse au retraité est ouverte. Il faut absolument les mettre à contribution pour tenter de compenser les erreurs accumulées de gestion. Le « quoi qu’il en coûte » débridé,, les exonérations diverses distribuées depuis 15 ans, le transfert sur des taxes à la consommation du financement de l’État contraignent le gouvernement à rechercher le solutions de facilité visant les pensionnés. En fait il s’agira d’un cautère sur une jambe de bois puisque la baisse directe ou indirecte des retraites n’évitera pas un crash démographique dans les vingt prochaines années. On utilise du Doliprane pour soigner une maladie neurodégénérative.

C’est vrai qu’en réduisant la situation des personnes âgées au seul problème du montant des pensions qu’elle reçoivent en retour de leurs années de contribution au financement de celle de ceux qui les ont précédés le pouvoir actuel évite d’évoquer le désastre qui menace. Il tient en une double tendance : baisse des naissances et augmentation du nombre de seniors dépendants. Derrière les projections se profilent des questions très concrètes : qui aidera les personnes fragilisées à se lever, se laver ou préparer leurs repas ? Pourront-elles rester chez elles ? Les établissements disposeront-ils de suffisamment de places et de professionnels ? Les retraites versées permettront-elles aux femmes et aux hommes devant aller en EHPAD de faire face à des prix exorbitants ?

Malgré les aides actuelles (Allocation pour l’autonomie versées par les départements) les gens âgés se retrouvent déjà dans l’incapacité de faire face au reste à financer ! Nul n’évoque des situations dramatiques puisque des personnes en très grande difficulté physique ou psychique vivent dans des conditions indignes car elles n’ont pas les moyens d’acquitter le prix d’un EHPAD. A l’angoisse de quitter son lieu de vie habituel s’ajoute l’incapacité surtout en milieu rural à financer l’entrée dans un établissement sécurisé.

Lorsqu’un retraité ayant un besoin impératif d’être pris en charge par une structure collective n’a pas les moyens de financer sa résidence, les enfants et dans certains départements les petits-enfants, sont mis à contribution selon leurs revenus. Leur père, leur mère, leur grand-père, leur grand-mère amputent alors leur pouvoir d’achat et les situations s’enveniment très vite. Plus la pension est faible (on en conserve 10 % pour les dépenses du résident) plus ce phénomène débouche sur des contributions familiales élevées. Les Départements interviennent de manière très inégalitaire pour accorder une aide sociale plafonnée. Elle est récupérable sur l’héritage éventuel avec retour sur les opérations immobilières effectuées depuis dix ans mais c’est vraiment mal vécu par les familles. Les aîeux deviennent des charges indésirables.

Un premier phénomène intervient : les EHPAD s’arrangent pour admettre le moins possible de résidents à l’aide sociale car ils ne veulent pas connaître des difficultés de recouvrement du montant mensuel du séjour. Ils créent de plus en plus d’inégalités d’accès à la sécurisation de la fin de vie. La faiblesse d’une retraite constitue (on en parle pas mais c’est la réalité) un handicap de plus en plus lourd. La précarité des années « actives » (RSA, chômage, temps partiel, statut de commerçants ou d’agriculteurs) accentuent ce phénomène d’exclusion par les ressources.

Les tarifs des accompagnements à domicile flambent aussi. Pour éviter l’aggravation de la note du reste à charge les bénéficiaires de l’APA réduisent d’eux-mêmes le nombre d’heures qui leur a été accordé. Or en 2050, près de 23 millions de personnes âgées de 60 ans ou plus vivront en France, soit… cinq millions de plus qu’en 2021. Parmi elles, 2,8 millions auraient besoin d’une aide à l’autonomie, soit 738 000 personnes supplémentaires. Comment répondra-t-on a cette réalité ?

Pour les classes moyennes de retraités il n’y plus qu’uns solution rendant le débat sur leur héritage très décalé : vendre leur patrimoine pour payer l’accompagnement de leur dépendance. Elles épargnent aussi afin d’anticiper ces situations où la solidarité familiale intergénérationnelle devient inéluctable. Encore une fois une fracture sociale se créée inexorablement. Elle ne fait que débuter et va s’accentuer dans les dix ans qui viennent. Rien n’a été anticipé. Les EHPAD publics à prix raisonnables croulent paradoxalement sous les demandes et les… déficits récurrents. Les services d’aide à domicile conventionnés traversent des difficultés croissantes car les salaires qu’ils proposent sont faibles et ils ne peuvent plus répondre à la demande. On évalue à 220 000 personnels de santé qu’il faudra pour faire face à la dépendance.

Le quatrième âge dans lequel arrivent les premiers boomers s’annonce mal. On va parler durant des mois du niveau des pensions en oubliant encore une fois le poids des franchises médicales, les déremboursements, les soutiens apportés aux jeunes générations, l’engagement bénévole associatif, l’apport à l’économie de proximité. La facilité c’est de s’occuper de ponctionner sans se soucier des dégâts sociaux. Une triste habitude des Diaforus de la gestion.

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Cette publication a un commentaire

  1. J.J.

    M’enfin, tous ces gens pourquoi ont-ils l’idée folle de vieillir ? Ça n’est pas raisonnable !
    Heureusement qu’ils sont là pourtant, sinon on ne saurait pas sur qui taper.
    On pourrait peut être aussi éviter de dépenser 2 milliards (au moins) pour apprendre à des jeunes gens à aller au casse-pipe (mais au fait, c’est peut-être une solution d’avenir ?).

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