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Les nuages s’accumulent sur le ciel républicain

Les nuages toxiques du racisme envahissent le ciel quotidien de l’Europe et de la France. Ils ressemblent de plus en plus à ceux qui s’échappent des éruptions volcaniques et s’étalent au-dessus des pays voisins. Impossible de les arrêter. Les « cendres » recouvrent tout et noircissent la totalité des zones où elles retombent. Nous assistons à une suite d’événements révélateurs de la situation réelle des opinions publiques sous influence : jamais les manifestations d’un racisme décomplexé n’ont été aussi nombreuses.

Le faux débat sur le voile dit islamique, le résultat des élections régionales en Allemagne, la vidéo des policiers municipaux de Carcassonne ou l’épisode de la visite hindoue à la Tour Eiffel sont des signes du basculement vers l’irrationnel des sociétés dites civilisées.

Il ne s’agit plus de débattre de l’immigration mais de formes avérées de rejet des valeurs républicaines essentielles. Le voile sur la tête de femmes s’inscrit dans la logique des exploiteurs de la peur érigée en argument électoral. Comment distinguer une femme utilisant cet apport vestimentaire pour marquer son appartenance religieuse ou pour simplement en faire un élément de référence d’une tradition d’habillement ? En agitant ce type de « menace » le RN cherche essentiellement à contraindre ses rivaux putatifs à droite à se positionner dans son sillage ou à se démarquer et donc à renforcer le parti lepeniste. C’est une guerre hybride qui s’engage. Elle est dangereuse et historiquement similaire à celle qui a conduit à la chasse aux juifs dans les années 1930.

En stigmatisant une faible part de l’immigration les instigateurs ancrent l’existence d’un problème dans les esprits. L’un des principes pédagogiques n’est autre que la répétition… et elle constitue la stratégie essentielle pour fidéliser par un racisme « soft » un électorat qui a besoin de se rassurer en espérant des mesures qui ne le touchent pas mais qui seraient salavatrices alors qu’elles ne sont que des panacées sans effet . En plus la mesure a de fortes chances de ne pas être jugée constitutionnelle. Et le résultat d’un référendum « exutoire » dépendrait de la période durant laquelle il sera proposé aux Françaises et aux Français.

En Allemagne le parti AFD a réalisé un score impressionnant dans le land de Saxe-Anhalt qui se situe dans les frontières de l’ex-RDA. En fait il est encore possible que ce parti réellement xénophobe et raciste n’ait pas les moyens de gouverner le territoire même s’ il a atteint que 40 % des voix exprimées. Ses « penseurs » vont pourtant très loin en prônant la « remigration » c’est à dire le retour forcé dans leur pays d’origine des étrangers qui sont d’ailleurs très peu nombreux dans ce land et évoquent le retrait de la nationalité allemenande (tiens ça me rapelle quelque chose) à ceux qui sont pourtant intégrés. Sont visés par cette mesure les Ukrainiens.

Bien évidemment ils exigent la préférence nationale et ils condamnent fermement la transition énergétique. Il y aura probablement d’autres basculements sur ces bases là en Allemagne où le Chancelier en place a parlé de théorie du « nettoyage ethnique » ce qui a un poids particulier dans ce pays ! Là encore le racisme a été au cœur du vote en faveur de l’AFD. Il le sera ailleurs aussi. L’Allemagne s’enfonce dans une crise profonde comme à l’arrivée des nazis.

En France ce n’est pas mieux. La virée nocturne des policiers municipaux carcassonnais n’appartient pas aux événements isolés. Leurs propos sont ceux que l’on entend dans son environnement si l’on sait tendre l’oreille. Les qualificatifs sont différents mais l’esprit demeure. Cette bordée d’injures racistes n’est que l’émergence accidentelle de ce qu’il se passe dans le quotidien. Le principe même des polices municipales recrutées, nommées, dirigées par des élus locaux posent un vrai problème que l’on ose pas évoquer.

Un policier ou un gendarme doit être indépendant du pouvoir politicien. On voit bien partout que ce n’est pas le cas. C’est déjà compliqué dans les corps en uniforme de l’État mais c’est devenu très problématique au niveau local. On mesure à travers cette affaire que l’abandon par la République de ses fonctions régaliennes comporte de risques : inégalité territoriale liée à l’inégalité des moyens des collectivités, l’absence de contrôle réel de l’activité de ces policiers de plus en plus souvent armés, le mélange entre engagement politique et rôle statutaire. D’ailleurs la justice a immédiatement réagi en suspendant les intéressés. Elle pourrait en suspendre partout…

L’épisode honteux de l’éloignement des femmes travaillant à la Tour Eiffel pour satisfaire le gourou d’une secte hindoue proche du Premier Ministre traduit encore une fois l’affaiblissement des valeurs républicaines. C’est une autre forme de racisme liée à la religion, celui qui détruit la laïcité. Elle s’ajoute à bien d’autres entorses de ce genre. La montée des guerres de religion larvées ou avérées ravagent le monde. Et ce n’est qu’un début. La citation de Leopold Sédar Senghor n’a jamais été aussi vraie : « les racistes sont des gens qui se trompent de colère ». Mais comment les en convaincre !

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Cet article a 4 commentaires

  1. Philippe Labansat

    Effectivement, Jean-Marie, avec les Polices Municipales, tu soulignes un grave problème que l’on voit monter inexorablement.
    L:État a, là aussi, abandonné une partie de son pouvoir régalien de police.
    L’histoire de la rèpartition des rôles entre police nationale et municipale ne trompe personne.
    Les polices municipales sont devenues des milices désormais surarmées et suréquipées (lobbying de leur corporation) et en grande partie avec la bride sur le cou ; leur recrutement et leur formation est plus que sommaire pour des cow-boys désormais équipés de tonfas, Tasers et, de plus en plus, d’armes létales.
    Malheureusement, beaucoup d’édiles surfent sur la prétendue .« demande sécuritaire », qu’ils voient comme une martingale électorale, largement entretenue par des associations comme « Les voisins vigilants », les médias (« Faites entrer l’accusé » (RMC),
    « Crimes » (Chérie 25),
    « Les femmes tueuses » (Chérie 25),
    « Chroniques criminelles » (NT1),
    « 100 jours avec les gendarmes » (C8),
    « Au cœur de l’Enquête » (C8),
    « Enquête d’Action : Fugues, Drogue, Agressions » (M6), « Sur la scène du crime » (RTL9),
    « Mission protection » (RMC Story),
    « Douanes SOS haute surveillance » (C-Star),
    « Flic Story » (RMC Story),
    « Mission protection » (RMC Story)…
    …le tout entrecoupé par les publicités :
    Sector Alarm ou Verisure).
    Est-ce que ces maires sont bien certains d’avoir une totale maîtrise sur ces troupes de « bras cassés » dont le racisme est souvent avéré (je parle en connaissance de cause).
    Si l’on ajoute à cela une vidéosurveillance débridée avec PC de supervision, des rondes en véhicules de police type USA, des interphones urbains directs polices, j’en arrive à ce que disait Coluche « Plus il y a de flic autour de moi, plus j’ai peur », et je me rends compte que je fais tout désormais pour éviter de mettre les pieds en ville…

    1. faconjf

      @ Philippe Labansat Vous posez aussi la question de l’encadrement du recrutement et de la formation des policiers municipaux, si j’ai bien compris. Voici ce que disent les textes et les moyens utilisés pour gréer les effectifs en contournant habilement le système.
      Pour accéder à un poste de policier municipal, le recrutement se fait généralement par voie de concours. Toutefois, dans certains cas, il est possible d’être recruté sans concours, sous conditions très précises.

      Voici les points clés concernant l’accès au poste de policier municipal sans concours :

      Recrutement sans concours possible :

      – La loi autorise les communes à recruter des agents de police municipale sans concours à titre temporaire pour une durée limitée (contrats d’un an maximum, renouvelables dans la limite de six ans).
      – Ce recrutement concerne souvent des contrats à durée déterminée (CDD), notamment pour faire face à des besoins particuliers, saisonniers, ou des urgences.

      Conditions possibles :

      – Être âgé d’au moins 18 ans et de moins de 60 ans.
      – Justifier de certaines expériences ou qualifications, selon les exigences locales.

      Alternatives sans concours dans la police municipale :

      – Devenir agent de surveillance de la voie publique (ASVP) ou agent de médiation : ces postes ne nécessitent pas de concours et permettent d’exercer des missions de prévention, de surveillance et d’information auprès du public.
      – Ces postes peuvent être une porte d’entrée vers la police municipale.

      Limitations et précautions :

      – Les postes de policier municipal sans concours sont généralement temporaires et ne permettent pas d’accéder directement à un poste titulaire.
      – Le concours reste la voie principale pour un recrutement permanent et une carrière dans la police municipale.
      – Des formations spécifiques (par exemple, la formation PAFP – Préparation à l’Activité de Fonctionnaire de Police municipale) peuvent être exigées.
      Les agents de la police municipale peuvent être équipés d’armes létales (catégorie B, comme les revolvers ou pistolets semi-automatiques) sous réserve d’une décision du maire, d’une convention de coordination, d’une autorisation préfectorale nominative, et d’une formation obligatoire.
      Le cadre législatif des effectifs de police municipale reste très souple. On dénombre environ 29 000 agents actifs répartis dans les collectivités et il y aurait 7 000 emplois vacants. Le métier de policier municipal figure parmi les emplois territoriaux les plus tendus.
      Tout cela n’est pas très rassurant.
      Amicalement

  2. J.J.

    Ces constats sont atterrants. Dans mon enfance, le racisme n’existait pas, ou du moins ne se montrait pas. Il était peut être plus ou moins implicite vis à vis « de celui qui n’était pas pareil » par son langage, sa couleur, son attitude générale.
    Au contraire, les étrangers étaient souvent reçus à bras ouverts (comme plus tôt les réfugiés espagnols de la Retirata). Je me souviens de l’arrivée d’Ernest (surnommé amicalement Biki), le premier élève noir du lycée. Tout le monde était copain avec Ernest, et s’il y avait des racistes parmi nous, aucun n’osa se manifester. Bien sûr cela relevait d’une certaine curiosité pour la nouveauté, mais personne ne se demanda je suppose, à l’instar du personnage de Montesquieu : « Comment peut on être africain ? »
    Ernest atteignit le sommet de sa gloire, lorsqu’on lui confia la petite cohorte d’internes, requis pour aller servir le goûter de noël à l’école primaire proche. L’accueil des enfants fut triomphal.
    Dans les années suivantes les arrivées d’Afrique se firent plus nombreuses, mais l’accueil resta toujours aussi cordial.
    Tout cela a bien changé, le premier témoignage de racisme, c’est un petit cousin de retour d’Algérie (juste avant l’Insurrection) qui me le donna. Parlant de ses petits camarades de classe indigènes, il employait, sans prendre conscience de leur indécence, des terme dignes de certains policiers de Carcassonne. Cela me choqua énormément et me permit, après avoir réfléchi au problème, d’adopter une idée assez radicale à propos de l’occupation de l’Algérie par les étrangers indésirables que nous sommes. L’évolution fut lente mais radicale.

  3. faconjf

    bonjour,
    QUOI? qu »est-ce que j’apprends ? Il y aurait des policiers municipaux racistes dans nos communes ? Dites moi pas que c’est pas vrai! Et en plus le brigadier chef en poste à Carcassonne serait un ancien militaire, mais quelle surprise… C’est bizarre quand même que la publication sur les RS des propos des policiers municipaux intervienne ( les faits remontent à novembre dernier… Que voulez-vous c’est la lenteur de la justice) au début du procès Aramburu.
    Heureusement le guet veille.
    Membre du service de sécurité du Rassemblement national (RN), le policier mis en cause a été exclu « du parti et de toutes ses fonctions bénévoles, notamment au sein du service d’ordre », a annoncé le parti à France Télévisions. « On ne peut pas tolérer ça », a réagi auprès de l’AFP Louis Aliot, maire RN de Perpignan (Pyrénées-Orientales) et vice-président du parti. « Ces gens-là sont des irresponsables dangereux. Ils jettent la suspicion sur l’ensemble du corps de la police municipale. C’est évidemment un cas isolé », a-t-il assuré, bien que le brigadier-chef ne soit pas le seul à tenir des propos racistes dans la vidéo.
    Me voila rassuré si c’est l’ex-compagnon de Marine qui me dit que c’est un cas isolé je suis bien obligé de le croire. D’autant plus que la personne incriminée poussait son dévouement jusqu’à assurer le service d’ordre bénévolement … pendant un arrêt maladie, peut-on trouver personne plus honnête?
    LE RACISME TUE! Le procès de l’assassinat de Federico Martín Aramburú, rugbyman argentin venu voir un France–Angleterre et qui n’est jamais rentré chez lui ; c’est celui d’une certaine idée de l’extrême droite française, celle qui ne se contente pas de tracter, de tweeter ou de voter, mais qui s’arme, se forme, se structure, et qui, parfois, tue.
    En fouillant un peu plus le procès Aramburu qui vient de s’ouvrir éclaire de manière crue les relations entre le Air Haine, la police et l’armée. Loïk Le Priol, ancien commando marine radié, et Romain Bouvier, étudiant en sciences criminelles, n’arrivent pas vierges devant la cour : ils ont déjà été jugés dans l’« affaire Klein », où des « gudards » avaient torturé leur propre chef. Romain Bouvier a même été condamné en juin 2022, alors qu’il était sous contrôle judiciaire, interdit de port d’armes, ce qui ne l’a pas empêché de conserver chez lui une armurerie de vingt pièces et plus de mille munitions. Les perquisitions ont révélé cartouchières, gilets pare‑balles, cagoules, faux badges de la DGSE, brassards « police » exhibés pour impressionner un vigile. Loïk Le Priol, qui participait comme exposant au Salon Milipol, semble avoir brouillé volontairement les frontières entre État et milices, entre légitimité et usurpation.
    Comment les deux gudards ont ils réussi à passer sous le radar de la police bien que fichés S? pourquoi aucune perquisition avant le drame n’a jamais eu lieu alors que les deux assassins possédaient leur armurerie personnelle pourtant interdite par une condamnation précédente? Comment se sont-ils procurés les brassards et autres accessoires propriété de la police retrouvés lors des perquisitions post-assassinat?
    Je ne peux pas croire que la police et en arrière-plan l’armée seraient noyautées par des pensées racistes. C’est quand même un peu bizarre de constater que le service d’ordre du parti, dont M. Alliot est vice-président, recrute principalement des anciens des troupes aéroportées… Le hasard sans aucun doute!
    bonne journée

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