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A-t-on tiré la leçon du premier épisode caniculaire?

Une seconde vague de fortes chaleurs que l’on appelle canicule se profile sur la France. La première est à peine estompée que l’on voit poindre une autre période de températures excessives. Le dérèglement climatique incontestable s’installe sur la planète sans pour autant parvenir à faire bouger réellement les lignes. Les climato-sceptiques le restent et les dénonciateurs des attitudes ayant généré ce phénomène redoublent de récriminations. Lentement la fracture entre ces deux camps se creuse, laissant dans le fond la situation se dégrader. L’écologie punitive ou culpabilisante produit autant dé dégâts dans l’opinion dominante que les propos des gens refusant de reconnaître l’évidence d’une accélération du réchauffement climatique.

L’illustration de cet affrontement se trouve dans le débat sur la climatisation. Entre les partisans de la généralisation de cet « outil » de lutte contre les épisodes caniculaires et ceux qui en nient l’utilité on assiste à une guerre strictement inutile. Encore une fois les responsables politiques s’attaquent aux effets mais ignorent les causes. Il est vrai que c’est infiniment plus facile. La constante de l’immédiateté des réponses pour pouvoir communiquer sur une prise en compte de la réalité jugée handicapante, occulte les débats de fond sur les responsabilités. C’est valable dans absolument tous les secteurs de la vie sociale.

La politique se résume dans une France à la dérive à des prises de position uniquement destinée à se rallier les millions de personnes croyant depuis des lustres que demain… on rasera gratis. L’État providence a pour seule mission de pallier la somme des carences individuelles. Il en arrive seulement dans la droite ligne du constat antérieur, à accumuler lois, ordonnances, arrêtés, circulaires et règlements. Chaque évènement entraîne des prises de position de « récupération » souvent génératrices d’outrances en tous genres. Le niveau national en est un grand spécialiste. Le gouvernement quelle que soit sa couleur est dans la réaction plus ou moins tardive et plus ou moins efficace.

La canicule qui s’éteint n’était pas prévisible avec certitude dans un délai permettant de s’ organiser alors que celle qui arrive figure depuis quelque temps dans les hypothèses plausibles. Que ce soit au niveau des services centraux que des collectivités locales on a espérer que les météorologistes se tromperaient et l’attitude a été identique : on verrait le moment voulu. Si gouverner c’est prévoir il faut admettre que désormais gouverner c’est réagir. Dans aucun domaine l’anticipation n’existe. On gère… au jour le jour.

Les crises se succèdent à un rythme fou. Toutes différentes. Toutes paroxystiques. Toutes humainement dévastatrices. Toutes mettent à mal la visIon que l’on a des responsables en charge de leur résolution ou de leur atténuation. Mais que peuvent-ils vraiment face à des éléments déchaînés, des comportements déviants, des mouvements collectifs organisés, des conjonctions d’intérêts néfastes ? Le « global » balaie toute volonté de gestion anticipatrice. Les vagues caniculaires dans une situation de faiblesse de l’appareil gouvernemental brisent les digues possibles. Plus que jamais la réponse se trouve donc dans le « local ». Or ce n’est pas dans l’actualité et plus dans les habitudes depuis le début de ce siècle. 

Dans une période où les moyens manquent l’engagement citoyen est pourtant à ressusciter ou à régénérer. Tous les services essentiels sont à la limite de la rupture. Les sapeurs-pompiers sollicités pour tout et n’importe quoi accumulent les sorties. Les hôpitaux sous pression ne parviennent plus à gérer l’accessoire et l’essentiel. Police, Gendarmerie, Justice n’absorbent plus les réalités de comportements de plus en plus violents ou révélateurs d’une société déstructurée. La notion de responsabilité individuelle a disparu. L’autonomie est apparente.  Le rappel de consignes basiques relative à la chaleur démontre amplement à quel niveau nous en sommes rendus.

Il est évidemment plus facile de climatiser que de responsabiliser. La seconde canicule devrait être moins mortelle, moins traumatisante, moins négligée. Du moins c’est ce que l’on espère. Les cellules, les comités, les plateformes, les réunions ne sont plus nécessaires car il est impensable que personne ne sache comment réagir. Et pourtant elles fleurissent. Tout le monde s’est beaucoup moqué de la Ministre de la  Transition écologique, de la Biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature alors qu’elle avait annoncé ce qui probablement ne devait pas l’être. On verra ce qu’elle propose concrètement dans son domaine de compétence car les causes de la situation relève de ses décisions. Elle sera virée sans avoir pu instiller la moindre mesure puisque au Parlement le seul réchauffement qui compte c’est celui des insultes, des quolibets, des outrances diverses. Une manière de témoigner de l’impuissance de la représentation nationale. Le coup de chaud démocratique arrive! 

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Cet article a 2 commentaires

  1. J.J.

    « Il n’est pire sourd que celui qui ne veut entendre. »
    On voit ressortir opportunément(et peut être perfidement) sur le « net » et les resosocios des reportages ou des émissions(Apostrophes par ex.) où l’on voit et entend des Cassandre (René Dumont, Paul Émile Victor, J.Y Coustaud, Haroun Tazieff etc.)nous présentant l’avenir qui nous attendait si nos grands timoniers ne daignaient pas changer pas de cap.
    Et évidemment le grand chic, à l’époque était de prendre ça à la rigolade et de dauber les « babillard(e)s , prophètes de malheur » et autres hallucinés à l’imagination débordante.
    Comme dit un proverbe rural  » C’est à la fin de la foire que l’on compte les bouses. »

  2. JJM

    De « Cop eau en Cop eau » ,comment pouvons-nous raisonnablement croire en une prise de conscience de la gravité de la situation de la part des gouvernements politiques au niveau mondial.Dans leur décision seul compte le profit (pour quelques-uns) et la croissance ,au détriment des générations futures, et cela ils le savent très bien.
    https://reporterre.net/La-canicule-est-une-violence-politique

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