Vous connaissez sûrement la méthode du Docteur Émile Coué de la Châtaigneraie. Elle n’a jais été autant d’actualité dans cette période où chaque jour arrive une information qui obscurcit l’horion au sens propre ou au figuré. Ainsi les Iraniens étant interdit d’exporter leur pétrole et ayant garni jusqu’à la gueule les lieux de stockage, ont allumé les torchères au-dessus des puits. Ils ne peuvent pas se permettre de laisser les oléoducs exploser et une fermeture des tuyaux arrivant des entrailles de la terre coûterait bien trop cher. Résultat : l’atmosphère se gave de fumées noires et de chaleur dégagée par ces combustions massives. Lentement le monde étouffe. Et personne ne parle du décalage temporel des effets de la situation actuelle car il ne faut surtout pas affoler l’opinion dominante.
Pourtant la lisibilité des conséquences est évidente. Encore quelques semaines de blocage et la catastrophe sera inévitable avec des pénuries en cascade et surtout une crise profonde touchant l’agriculture intensive en Afrique et sur d’autre continents. Les usines de fabrication des produits dérivés du pétrole sont dans l’impossibilité d’exporter. Le secteur le plus touché devient au fil des jours celui des engrais. Deux phénomènes se conjuguent : la rareté de certaines productions sur les marchés et donc une augmentation exponentielle des prix que les agriculteurs et notamment les céréaliers ne peuvent pas assumer.
Le Moyen-Orient et notamment les pays du Golfe participent en cette période à l’approvisionnement de l’Asie et de l’Afrique. Or plus de 2 millions de tonnes de production d’urée, denrée essentielle pour les récoltes (3 % du commerce maritime annuel) n’ont pas été vendues depuis le début du conflit en raison de la fermeture d’usines au Moyen-Orient, en Inde, au Bangladesh et en Russie. Près d’un million de tonnes ont déjà été chargées sur des navires, mais restent bloquées dans le Golfe.
Or l’urée, doit être répandue chaque année. Elle a, avec d’autres engrais azotées, une influence directe sur les rendements annuels ainsi que sur la teneur en protéines du blé. Comme dans le même temps les marchés du phosphate subissent une situation compliquée générée par la Chine qui a imposé des restrictions à l’exportation et la guerre qui détourne l’approvisionnement en soufre et en ammoniac les agriculteurs voient les prix s’envoler. Les rendements s’en ressentiront et donc les céréales risquent bel et bien de manquer lors de récoltes à venir. Une situation similaire aux conséquences de conflit russo-ukrainien parait inévitable.
Par ailleurs la méthode Coué consistant rappelons le à répéter plusieurs fois par jour, et au minimum 20 fois à la suite la phrase suivante : » tous les jours et à tout point de vue, je vais de mieux en mieux. » tient lieu de bréviaire politique au Président de la République. Il a déclaré : « la situation ne nous fait envisager aucune pénurie », mais que « la pire des choses, dans ces moments-là où il y a des tensions, de l’incertitude géopolitique, c’est que ces tensions soient accrues par des comportements de panique (..) Bien souvent, la pénurie, on la crée par ces comportements de panique eux-mêmes » Dont acte il n’y aura pas de pénurie de carburant lors du départ en vacances. Il en est certain. Dorme sur vos deux oreilles.
Ce n’est pas semble-t-il la position du PDG de Total. Avec une franchise que lui reproche d’ailleurs le gouvernement il a lâché que si rien ne changeait d’ici à «deux ou trois mois, nous entrerons dans une ère de pénurie énergétique, comme celle que subissent déjà certains pays asiatiques». Selon lui, «on ne peut pas se permettre de laisser 20 % des réserves mondiales de pétrole et de gaz inaccessibles sans conséquences majeures». Il ne s’agit pas d’une prédiction mais d’un analyse lucide de la situation dans laquelle le monde s’enlise quotidiennement. Dépêchez-vous à acheter car mes bénéfices actuellement sont au plus aut. Un total de profits en milliards qui s’accumule dans los caisses.
L’inflation arrive aussi à petits pas. Elle touchera les consommateurs et évidemment les plus précaires d’entre eux dont le nombre ne cesse d’augmenter en France. Notre pays comptait en effet 9,8 millions de personnes en situation de pauvreté en 2023 soit 1,2 million de personnes supplémentaires par rapport à 2017, avec un taux record qui atteint 15,4 % de la population, selon les données de l’Insee. Elles seront les premières victimes d’une augmentation des prix sur les produits de première nécessité. Ajoutées à la flambée des prix à la pompe ces prix prohibitifs devraient peser sur le climat social de la rentrée. Mais en répétant chaque matin : « tous les jours et à tout point de vue, je vais de mieux en mieux. » ça devrait aller mieux.
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Oui, oui, tout va très bien Madame la Marquise, tout va très bien….pour les profiteurs de la guerre et de la crise, comme d’habitude. Mais ça sent le roussi, non?
Allez, bonne journée quand même!