Et un de plus… Un journaliste italien aurait recensé plus d’une centaine de candidates et de candidats potentiels déclarés ou pouvant le faire au poste de Président de la République française. C’est vrai que nous connaissons les têtes de gondole (une vingtaine) mais il y a aussi une foultitude de prétendants dont on ignore encore les véritables intentions. Certains se sont en effet autoproclamés sans que les médias s’y intéressent forcément. Dès les élections municipales passées ils mesureront leurs chances de recueillir les 500 signatures qui chaque fois pose un vrai problème aux gens ne disposant pas d’un panel suffisant d’élus locaux susceptibles de leur accorder leur parrainage.
Selon les termes de la Constitution n’importe quelle personne peut être candidat à la magistrature suprême. Une vision théorique reposant sur des conditions simples. Bien évidemment il est indispensable d’être de nationalité française et être âgé de plus de… 18 ans au moment de l’élection. Une citoyenne ou une citoyen sous tutelle ou curatelle n’a pas la possibilité de candidater. Vous avez donc votre chance…
Tout devient un peu plus compliqué dans le contexte actuel puisqu’il est exigé de ne pas être privé de ses droits d’éligibilité par une décision de justice et ne pas être privé de ses droits civiques. Aucune exigence en revanche sur le casier judiciaire ! On est privé, rappelons-le de ses droits civiques en France uniquement par décision de justice, principalement à la suite d’une condamnation pénale assortie d’une peine complémentaire précisant cette sanction qui n’est pas toujours prononcée.
Le champ des possibles est donc largement ouvert. Et d’ailleurs c’est l’embouteillage depuis quelques semaines. C’est en effet une décision personnelle qui ne nécessite pas d’agrément collectif préalable. Le seul frein véritable est celui du nombre de parrainages provenant d’élus de au moins 30 départements ou collectivités d’outre-mer différents. Aucun département ou territoire ne peut fournir plus de 50 des signatures. Quand cette collecte est effectuée, la route vers la notoriété est ouverte. A vous les plateaux des télés… Enfin presque !
Il vous faudra encore remettre au Conseil constitutionnel une déclaration de patrimoine et (souvent) une déclaration d’intérêts. On sait fort bien que bien des aspirants au logement à l’Élysée adapte cette formalité aux circonstances. Un compte bancaire spécifique à la campagne doit être ouvert pour gérer les fonds et respecter les règles de financement. On a vu combien cette obligation était respectée… et malmenée.
Le vrai problème c’est de trouver les fonds indispensables pour faire campagne. Quel que soit votre score réalisé en dessous de 5 % le candidat recevra au maximum 4,75 % du plafond de ses dépenses (70 300 000 €) sur la base de ses frais officiels. S’il dépasse cette barre des 5 % le remboursement ira au maximum 47,5 % de ses dépenses approuvées par la commission des comptes de campagne.
Déclarer sa candidature c’est l’assurance durant toute la période pré-électorale d’accéder aux médias nationaux, de se construire une image et de se constituer un « patrimoine » de personnes susceptibles de constituer un groupe d’accompagnement pour la suite de votre carrière. La très grande majorité des « déclarés » actuels savent qu’ils n’iront pas jusqu’au bout. Ils se placent pour à un moment ou un autre, obtenir une place de choix sur l’échiquier politique. Leur motivation s’arrêtera avec un ralliement marchandé juste avant le dépôt des candidatures. On a même vu le remboursement des « frais engagés hors campagne », exigé par un prétendant pour se rallier avec un renoncement à poursuivre un chemin pourtant voué à l’échec. Benoit Hamon pourrait en témoigner.
Derrière les municipales en cours se cachent donc deux autres scrutins. D’abord le renouvellement de la moitié du Sénat à l’automne (les conseils municipaux désignent les grands électeurs en leur sein) et ensuite les parrainages de l’élection présidentielle : un maire un parrain ! Bien évidemment l’électeur lambda n’a pas conscience de ces calculs. Jusqu’à présent il a fallu pas mal d’efforts au clan Le Pen pour arracher les signatures. Avec son nombre actuel de députés, une augmentation modérée probable de celui de ses sénateurs, ses conseillers régionaux et départementaux actuels et des maires « apolitiques » il devrait parvenir plus facilement à dresser la liste des 500.
Attention cependant puisque quelle que soit la taille de la commune elle ne peut donner qu’une signature. C’est pareil pour LFI et toutes les conquêtes de mairies seront donc les bienvenues pour les deux scrutins. La candidature récente du Chouan qui anticipe et tue dans l’œuf celle des ses « amis » qui ne lui veulent que du mal au sein des LR, s’inscrit dans cette logique. Pour exister désormais il lui est indispensable de candidater… et de pratiquer la surenchère car son espace libre est très réduit. Il se place et vendra cher ses voix au second tour. Les minorités sont parfois les plus puissantes.
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Il faut avoir du temps à perdre et de l’énergie à dépenser pour envisager de pratiquer ce genre de sport pour lequel, il faut bien le dire, la plupart des candidats n’ont pas une parcelle de chance de succès, sinon dans le ridicule, et souvent même pas celle de faire parler d’eux(à part quelques « ténors opportunistes qui vont spéculer, moyennant finances ou avantages, sur leur désistement en faveur d’un finaliste…).
« Vanitas vanitatum… »
Bonjour,
quitte à être ridicule je soutiens Jérôme Guedj ;-)))
https://youtu.be/lFUsSfpnaLc
Ok, ok je fais le Hareng, je sors
bonne journée