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Un bon plan serait de supprimer les…Plans bidons

La création du haut-commissariat au plan était censée ressusciter le Commissariat général, transformé en centre d’analyse stratégique en 2006 devenu France stratégie en 2013. Ce dernier, rattaché à Matignon, est considéré aujourd’hui comme un organe d’évaluation, quand le haut-commissariat – avec ses 350.000 euros de budget annuels auxquels s’ajoutent 150.000 euros au titre du Conseil national de la refondation -, fait de la prospective. Mais sa vocation planificatrice laisse dubitatif. Le sénat a encore une fois joué son rôle en tentant de contrôler et d’évaluer son action. 

Pas une seule intervention pour louer les mérites d’un organisme confié au… maire de Pau. A part fournir des pantoufles confortables à un « ami » du Président, la structure n’a rien ajouté au fonctionnement de l’État. Comment en serait-il autrement d’ailleurs dans un système ultra-libéral qui laisse au marché régler toutes les évolutions indispensables de la société. Rien sur la disparition de légalité d’accès pour tous les citoyens aux services publics puisque le principe essentiel reste la privatisation et la confiance dans le privé pour gérer les besoins.

Or tout a sauté à la gueule du pouvoir en place. L’alimentation, les hôpitaux et plus largement tout le système de santé, l’industrie, la sécurité au sens large, l’éducation, l’énergie…. Car depuis des décennies la seule vision a été de satisfaire les marchés financiers réels possesseurs des nations qu’il manipulent directement ou indirectement à leur guise. La seule prospective effectuée se résume à la mise en œuvre « action réaction » à très court terme. On annonce des plans avec des sommes promises par un Etat qui n’en a plus un kopeck… On s’écharpe sur un texte de loi puis on oublie jusqu’au prochain spasme sociale ou sociétal.

Bayrou n’a aucune vision de l’avenir sauf à défendre son pré carré à chaque échéance électorale. Il n’émet que des critiques sans risques pour sa situation précaire que lorsqu’il fait monter les enchères pour être reconnu comme un personnage influent. Alors en France chaque ministre, chaque sous-ministre, chaque administration y va de son plan. Souvent contradictoire avec celui de l’un de ses collègues, souvent autocentré sur sa personne pour qu’il laisse un nom dans le milieu spécialisé où il évolue. La gouvernance en silos verticaux sans aucune transversalité conduit à des échecs retentissants. 

La France devrait donc être inscrite dans le Guiness des records pour ses « plans » annoncés dans une année. Pas un jour sans qu’il en sorte un sur trois ou quatre ans avec au minimum un petit milliard virtuel que l’administration s’évertuera à ne pas dépenser car elle ne l’a pas. On a vu combien de « plan pour les banlieues » avec les résultats que l’on connaît ? Désormais nous sommes dans le plan destinée à relancer « une économie de guerre » ? Elle existera trop tard. 

La loi du marché reste la plus forte… surtout quand les subsides publics sont dépensés massivement pour le plus grand bonheur de ceux qui le reçoivent sans en avoir besoin. Rien, absolument rien si ce n’est la perspective de profits obligent les industriels d’un pays libéral à investir sur la base d’une décision publique. Et tout le monde le sait….

« Le problème du haut-commissariat au plan et à la prospective, ce n’est pas la qualité de ses travaux, c’est que personne ne les applique », a laché une autre sénatrice.. Ces rapports « ne servent qu’à garnir des bibliothèques ». Seule la Cour des Comptes produit des documents d’évaluation pouvant servir de références. Elle pourrait se pencher sur le « truc » de Bayrou en cette période où il faut faire des économies. Sauf que ce n’est pas dans les plans de Bercy.

Cet article a 3 commentaires

  1. A. Blondinet

    Bonsoir Jean-Marie. Les seuls bons plans qui vaillent s’écrivent avec un T. Ce sont les plants de vigne, du Taillan-Médoc jusqu’à l’Entre-deux-Mers.

  2. facon jf

    Bonjour,
    plan plan et rataplan plan plan! La France et sa planification seront jugées dans quarante ans par les historiens pour ce quelles sont l’émanation d’une république bananière macroniste. Mais à quoi sert donc Bayrou aujourd’hui ?
    Le 12 octobre 2021, sous les ors du palais de l’Elysée, Emmanuel Macron présente en grande pompe France 2030, le vaste plan d’investissement censé projeter le pays dans la décennie à venir, et refaire de la France « une grande nation d’innovation ». Depuis septembre 2020, le patron du MoDem, maire de Pau et président de sa communauté d’agglomération dirige le Haut-Commissariat général au plan (HCP). En grattant un petit peu on apprend aussi que Delphine Sémavoine, cheffe de cabinet de François Bayrou au MoDem, l’est aussi au Haut-Commissariat au Plan.Son emploi du temps se partage en un contrat à 70 % avec le HCP et un contrat à 30 % avec le MoDem. A noter au passage que la maman de Delphine se prénomme Monique et qu’elle était l’ex-chef de cabinet au MoDem de Bayrou, on a le sens de la famille au Modem.
    Oublions un peu Bayrou et ses démêlés avec la justice, interrogeons nous sur la planification et ce quelle produit.
    Les réformateurs néolibéraux qualifient souvent le modèle social français de fardeau insoutenable pour l’entreprenariat privé. Pourtant, au cours des dernières décennies, les aides publiques aux entreprises ont presque triplé en pourcentage du PIB, ce qui montre que les interventions de l’État soutiennent de plus en plus les profits privé. si l’on examine les comptes publics depuis 40 ans on constate que les aides publiques aux ménages sont restées stables tout au long de cette période, représentant environ 5 % du PIB [produit intérieur brut]. Une grande partie de ces aides bénéficie aux plus aisés. Par exemple, l’une des dépenses les plus importantes est le crédit d’impôt pour le travail domestique, qui peut s’appliquer aux ménages qui emploient des nounous ou des femmes de ménage. En d’autres termes, ce ne sont pas les pauvres qui en bénéficient. Sur la même période les aides publiques aux entreprises sont passées de 3 % du PIB à 8 % . Pour faire simple, nous finançons nos protections sociales par des prélèvements obligatoires, c’est le contrat social français. Nous cotisons à des fonds qui financent les protections sociales. Le problème, c’est que cela tend à augmenter le coût du travail. C’est pourquoi, depuis 1995, nous avons autorisé des exonérations afin de réduire les cotisations. Nous avons tenté de réduire le coût du travail pour le rendre plus compétitif, mais en même temps, cela nous a laissé moins de ressources pour financer nos protections sociales. La ruine du secteur public découle totalement de cette politique et tout cela est masqué par des plans à répétition qui ne sont jamais suivis d’effets.
    Historiquement, l’État français était interventionniste, a adopté la planification et a mis en place d’importantes protections sociales. Aujourd’hui, nous avons complètement adopté le modèle néolibéral – en grande partie par l’intermédiaire de l’Union européenne – et nous nous sommes dit : « Si nous aidons les entreprises, les entreprises nous aideront. » Ce faisant, nous avons réduit les ressources qui entrent dans les caisses de l’État.
    L’océan de dettes et le déficit chronique de la balance des paiements illustre ce choix dont l’excuse principale est le ruissellement qui en fait n’arrose que les actionnaires.
    Le cirque merdiatique et son fameux clown Bayrou peut bien passer en boucle sur les étranges lucarnes, tout cela ne peut cacher les copains et les coquins qui pullulent dans la Macronie. Rappelons nous, 2017 Mac-Ronds en nommant Bayrou numéro trois du gouvernement, chargé de la Justice… et de la mise en œuvre de la promesse présidentielle de moralisation de la vie politique… On peut mesurer le chemin parcouru merci à eux.
    Bon dimanche

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