Après la célèbre révolte des artisans, des ouvriers et des boutiquiers du faubourg Saint-Antoine et des quartiers voisins qui déboucha sur la Prise de la fameuse Bastille, le roi Louis XVI aurait eu deux réactions. La première se résume dans cet échange avec le duc de La Rochefoucauld-Liancourt, venu l’informer à Versailles, généralement situé au matin du 15 juillet 1789 :
« « C’est une révolte ? » aurait demandé le monarque
« « Non, Sire, c’est une révolution », aurait répondu le duc sans obtenir le moindre affolement du détenteur du Droit divin.
Cette appréciation n’affola guère le roi qui avait noté dans son journal de la veille : « Rien » comme une appréciation sur sa journée de chasse. Ces faits donnent la perception qu’avait Louis XVI de la situation de Paris et de la France au moment elle a basculé vers des événements imprévus. On connaît en effet la suite. L’Histoire a magnifié le courage des « assaillants » qui rappelons le ont conduit vers l’Hôtel de Ville le gouverneur qui a été tué par des membres de la foule, puis décapité. Sa tête a été placée au bout d’une pique et promenée dans les rues.
Bien entendu les incendies, les casses systématiques, les pillages, les attaques contre les forces de l’ordre, les scènes de guerre qui ont émaillé la journée et surtout la soirée de ce samedi 17 octobre n’ont absolument rien d’excusable. Pas une seconde elles peuvent être justifiées ou excusées. Elles posent néanmoins plusieurs questions que personne ne devrait éluder car les réponses illustrent la situation d’un pays en déliquescence profonde après des années d’ultra-libéralisme dévastateur. Mais comme le veut la vision moderne de la politique, on transformera cet épisode désastreux en « guerre hybride » de communication dans le genre : « ce n’est pas ma faute mais celle de l’autre ! »
Dans sa déclaration solennelle sur la forme mais sans grand intérêt sur le fond, le Président de ce qu’il reste encore de République a glissé quelques signes que des fautes avaient été commises. A-t-il pris vraiment conscience du chaos dans lequel il terminera son mandat ? Pas certain tant il est habitué à nier les évidences qui lui sont défavorables. J’ai cru comprendre que l’un des lampistes serait le directeur des « renseignements intérieurs » autrefois connus sous le nom de « Renseignements généraux ». Ses jours sont comptés! Les fusibles sont faits pour préserver les « lumières ».
Ces observateurs de la vie sociale aurait sous-estimé la présence de casseurs lors de la manifestation du 17 octobre. Le dispositif aurait été centré sur les participants au cortèges « revendicatifs » mais pas sur les groupes organisés décidés à commettre des actes de pillages ou de guérilla urbaine.
Il est incontestable sauf à être sourd et aveuglé par des réglements de comptes politiciens que ces bandes de pillards ou de casseurs ont une stratégie et une doctrine commune. Face à eux les consignes policières doivent être éclaircies. Avait-on imaginé des mesures préventives ? Si oui lesquelles ? Peut-on assurer qu’il n’existe aucune coordination ? Quand plus de 15 000 policiers ont été mobilisés à Paris pour la « sécurisation » du voyage papal avec des moyens techniques considérables qui a dimensionné un dispositif de sécurisation de Paris conforme aux risques de dérapages violents ? Combien d’effectifs étaient disponible après cette semaine de mobilisation intense ? Les Maires des villes concernées (Paris, Lyon, Marseille….) demanderont des réponses.
Ces pilleurs barbares dans leur comportement puisque ce sont des actes que les envahisseurs appliquaient dans les périodes de guerre ont visiblement deux objectifs. L’un se traduit par une forme de haine de la société de consommation à laquelle ils veulent accéder par tous les moyens. Les magasins en constituent les représentations les plus évidentes. La société du fric et des apparences génère automatiquement des réflexes détestables de ceux qui ne peuvent y accéder. Dans une société française où l’on détourne des millions et où on peut être une personne vénérée des Françaises et des Français, voler un boite de chaussures passent pour une bagatelle. Ce n’est pas une atténuation de tels actes mais un essai d’explication. Combien de librairies ont été pillées ?
L’autre volet c’est de s’en prendre aux symboles du pouvoir et pas nécessairement de la République. A force de mettre tous les élus dans le même sac, de ne pas se rendre compte que le rejet de toutes les formes de pouvoir s’accroît on en arrive à ce que par ignorance, par acculturation citoyenne on accomplisse des actes débiles et démesurés. La colère se généralise et les meneurs en profitent pour la cristalliser autour d’eux. Il en toujours été ainsi à travers toute l’Histoire.
La déclaration présidentielle de hier soir a répondu à une violence non-spontanée par les poncifs habituels : réunions répétitives, manœuvres politiciennes, louanges au maintien d’un ordre que l’on estime juste, promesses forcément sans lendemains, renvois vers les étages inférieurs des problèmes et compassion avec les victimes circonstancielles. Ce fut une distribution massive de Doliprane sur une fièvre contagieuse et dangereuse…
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