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Marcher, rouler les deux échappatoires à un été compliqué

L’été piétine, fait du surplace mais sue à grosses gouttes. Plus grand monde croît cette année en ses bienfaits. Les vacances ne conduisent plus à ce bonheur parfait de rompre avec la réalité. La société baigne dans un climat tellement anxiogène qu’il devient impossible d’envisager que n’importe quel lendemain se révélera susceptible de chanter. Entre les incendies, les conflits armés qui se poursuivent, les craintes autour du quotidien, les conséquences de la sécheresse, un pouvoir d’achat qui s’étiole et un climat totalement déglingué il faut trouver un créneau pour voir la vie en rose pâle. Cette semaine en plus la vie sociale se met au ralenti. De manifestation en manifestation, de soirée en soirée, de rencontre en rencontre le constat est le même : le repli sur son pré carré progresse.

Dans tous les propos il est aisé de percevoir que 2026 restera l’exemple de l’été raté. La fréquentation touristique en France a pris une claque (-7 % en juillet) et en Gironde elle a bien du mal à se stabiliser à un niveau susceptible de sauver les meubles. En plus ceux qui ont choisi l’Hexagone réduisent leurs dépenses et ne participent pas trop aux événements collectifs. Les annulations se multiplient parfois en raison de la stratégie du « parasol » administratif mais aussi par volonté non-dite d’éviter les fiascos financiers. Bien évidemment cette vision sera qualifiée de « pessimiste » puisque nous survivons dans une société en trompe l’œil où il ne faut surtout pas accentuer le catastrophisme ambiant.

Que reste-t-il des étés d ’antan ? Pas grand-chose. Les fameux apéros partagés pour sceller de nouvelles amitiés ou consolider celles des années précédentes se raréfient car règne la peur des conséquences d’une consommation légèrement immodérée au-dessus de la norme imposée par la loi. Griller une entrecôte constitue un acte dangereux (incendies) car les sarments disparaissent et ceux qui restent sont bourrés de produits pour le moins suspects. Manger de la viande relève de l’acte scandaleux. Le fameux food-trucks remplacent les stands de cuisine à l’ancienne ou les « restaus découverte » . L’été 2026 est un palier supplémentaire vers la normalisation, l’aseptisation, la régulation sous la pression d’une médiatisation de tout ce qui détonne, de tout ce qui affole, de tout ce qui apeure.

Le fameux « tourisme de masse » que certains lieux redoutaient prend du plomb dans l’aile. La recherche d’une reconnaissance collective par le choix effectué pour se dépayser ou se changer les esprits s’effrite. Désormais on entre dans une nouvelle donne : celle du dépassement de soi, de « l’exploit » sportif, de l’aventure. Ce n’est pas pour rien que la randonnée pédestre ou cyclotouristique ont le vent en poupe.Il n’y a probablement jamais eu autant de monde sur les chemins de randonnée longue distance ou sur les véloroutes ou voies vertes. Certaines d’entre elles sont même devenues des « autoroutes » pour dévoreurs de kilomètres. Le besoin de se déconnecter du monde tel qu’il apparaît quotidiennement constitue une raison essentielle de se fixer des objectifs personnels valorisants.

Marcher, rouler : deux actes sans rapport avec la sophistication technologique actuelle. Ils traduisent une envie profonde d’échapper à un système oppressant, à un retour vers la simplicité. L’évolution notable de cet été se niche dans la pratique en groupe ou en famille de la randonnée. Ce qui était présenté comme une quête sur soi-même devient un défi à plusieurs. Le « promeneur solitaire » existe encore mais il est en voie d’extinction surtout en ces mois de surfréquentation. Bon nombre d’entre eux refusent en effet une affluence qui les perturbent d’autant que souvent l’attitude de consommation l’emporte sur celle des la contemplation.

Il y a 42 ans en juillet Jean Eimer partait sur les sentiers des Pyrénées avec un âne. Une idée de post ixante-huitard soucieux de vérifier qu’un autre été restaitv possible. Journaliste à Sud-Ouest il raconta son périple au jour le jour dans le quotidien que je lisais avec une envie profonde de pouvoir tenter pareille « expédition » relevant d’une idée « sotte et grenue ». En définitive le héros de la série ne fut jamais Jean mais son compagnon de route, l’âne dont il dut se changer en cours de trajet pour incomaptibilté d’humeur. L’enfer c’est souvent l’autre surtout quand c’est un âne ! L’idée a été reprise sur le chemin de Stevenson dans les Cévennes… où passeront cette année 15 000 randonneurs. Il y a maintenant 30 millions de personnes en France qui pratiquent la randonnée occasionnellement ou régulièrement. On est loin de l’épisode humble et modeste d’un Indiana Jones du chemineau. ? 

Cet été triste malgré (ou à cause) le soleil éclatant accentue la différenciation des choix de vacances. Encore une fois la mutation vers la nature ne sera pas anticipée mais économiquement subie. Supposant que tout roule ou tout marche bien les « penseurs » oublient de s’adapter. On le verra au moment du bilan d’un été proche de devenir cauchemardesque. En attendant à ça roule et ça marche ! 

Photo de la une de Sud-Ouest le 16 juillet 1984 : Jean Eimer part avec son premier âne. Pas d’IA

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Cet article a 2 commentaires

  1. Gilles Jeanneau

    Que tout cela est juste Jean-Marie!
    Le plus consternant c’est que pour exister , de nombreux énergumènes ( excuses-moi mais il n’y a pas d’autres mots ou alors très grossiers) défient l’autorité, la loi et les règlements…provoquant dans le meilleur des cas l’interpellation mais souvent des catastrophes petites ou grandes voire énormes…
    Comme je pense et affirme que l’homme n’est pas un animal raisonnable, il y a du souci à se faire pour l’avenir; pas le nôtre parce qu’il est derrière nous, mais pour nos enfants et petit-enfants!
    Allez, bonne journée quand même…

  2. faconjf

    Bonjour,
    et voila au bout de la ligne droite c’est le 15 août là où l’été négocie son virage. Un drôle d’été, en fait pas drôle du tout, l’horizon s’obscurcit et pas seulement à cause des fumées. Après avoir atteint 8,1% au début de l’année, le taux de chômage passe à 8,3 % en ce deuxième trimestre de 2026. Ce sont donc 62 000 personnes qui rejoignent le cortège des 2,7 millions de chômeurs enregistrés. Rien d’étonnant pour les experts : « Avec un rythme de croissance qui a nettement ralenti, on s’y attendait », explique Stéphane Carcillo, économiste spécialiste du marché de l’emploi au sein de l’OCDE. Ah! merci Stéphane … On en oublierait presque le marouflage permanent des chiffres du travail. 9 années d’efforts pour subventionner à plus de 200 milliards/an des multinationales (payées avec nos dettes et nos impôts, dettes qui génèrent des intérets payés par nos nouvelles dettes et nos nouveaux impôts… Et ça continue encore et encore. C’est que le début d’accord, d’accord… ). Multinationales apatrides qui transfèrent les subventions rhabillées en dividendes vers des destinations aussi secrètes que lointaines. Bah! pourquoi se cacher, c’est inutile puisque le bateau France coule et l’orchestre du monde politique entonne en chœur  » tout va très bien, tout va très bien ». Vous voulez des solutions? Les spin-docteurs ont la potion magique taxer les vieux et les inutiles, tous des assistés surtout si ils sont bronzés avant même de partir en vacances.
    Il est parfaitement incongru de souligner que:« Dans un environnement de prix élevé en lien avec le conflit au Moyen-Orient, TotalEnergies tire parti de son modèle intégré et de sa diversification pour afficher au deuxième trimestre un résultat net ajusté (indicateur suivi par les analystes) de 6 milliards de dollars », s’est félicité le PDG du groupe, Patrick Pouyanné, dans un communiqué (23/07/2026).
    Sur l’ensemble du premier semestre, le bénéfice net s’affiche à 11,2 milliards de dollars, en hausse de 73 % sur un an.
    Heureusement pour Monsieur Pouyanné les bénéfices records sont enregistrés à l’étranger et qu’ils y resteront. En 2025, le groupe a réalisé près de 11 milliards d’euros de bénéfices dans le monde, mais 300 millions de pertes en France, ce qui fait que Totalenergies n’a pas payé la surtaxe sur les multinationales en 2025. Nos z’hommes politiques Français ( les meilleurs du monde de France) ne peuvent rivaliser avec les cabinets d’audit U$! Murmurer dans le cercle intime que peut être les cloisons étanches de la probité entre nos z’hommes politiques ( les meilleurs du monde de France) et la phynance pourraient s’avérer un tantinet poreuses relève de la manipulation Célérusses. Bientôt notre bonne UE(rss) aura les moyens de surveillance pour empêcher tous les vilains complotistes de penser, dire ou écrire pareilles ignominies, pas de goulag pour les vilains juste la mort sociale … Sous les applaudissements de la classe politique et des merdias vendus aux oligarques milliardaires.
    Notre futur s’écrit en ce moment et il est véritablement précaire sachant que la France perd 200 entreprises par jour et que l’Allemagne fabrique 400 chômeurs par jour… La locomotive Allemande manque de gaz? Mais qui a osé pétarder le pipeline Russe? Ben! c’est évident Célérusses.
    Mais je suis sûr sûr qu’on nous prend pour des cons
    mais j’en suis cer-tain
    quel-que chose ne tourne pas rond
    car je suis sûr sûr qu’on nous prend pour des cons
    mais j’en suis cer-tain
    Il est temps que la mu-sique joue et que la basse ré-sonne
    nous sommes dans la zone rouge…
    Tonton David 1994
    Bonne journée

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