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Le Cid Seixas s’aligne sur le Tour pour un décathlon rentable

Le sport français entre dans sa période des phénomènes. L’éclosion de jeunes prodiges aux résultats exceptionnels donne une vigueur nouvelle à certaines disciplines. La natation grâce à Léon Marchand a trouvé un porte-drapeau de très haut niveau devenu l’emblème de la réussite dans les bassins olympiques. Avec Bieille-Barey le rugby s’est offert une image positive de vitesse, de finesse et de détermination contrastant avec l’éloge de la puissance. Nombreux sont les noms qui émergent dans le monde du ballon rond parmi lesquels Désiré Doué trouve une place de choix chez les espoirs prometteurs. La revue ne serait pas complète si dans le groupe de la Formule 1 un certain Isak Hadjar ne pilotait pas son bolide vers la tête du championnat du monde. Il y en aurait d’autres mais dès aujourd’hui Paul Seixas monopolisera l’attention des fans du Tour de Franc et de tous les médias.

A 19 mois 9 mois et quelques jours il s’aligne en effet au départ de l’une des plus grandes (si ce n’est la plus grande) épreuves du cyclisme. Trois semaines de course sur 3 320 km et un dénivelé cumulé de 53 950 m. Déjà terminer une telle couse avec deux journées de repos relève de la prouesse pour n’importe quel homme dans la force de l’âge alors pour un garçon aussi précoce soit-il peut-être considéré comme un véritable défi. Le garçon issu d’une famille de Karatékas est licencié officiellement depuis 2021 au Vélo Club Villefranche Beaujolais à Villefranche-sur-Saône. Il y arrive avec une solide réputation. « Durant cette première saison lors des entraînements collectifs il devance les briscards du VCVB avec une aisance déconcertante » explique un adhérent de ce club de mes amis.

Il gravit d’ailleurs très vite les échelons puisqu’il devient champion de France sur route cadets et vice-champion de France de cyclo-cross. Deux ans après, il rejoint les rangs de AG2R Citroën U19 avant de terminer, entre autres, 3ème de l’Eroica Juniores. 2024, il passe pro., En parallèle, il poursuit ses études à l’EM Business School de Lyon. Le meilleur matériel lui est alloué. Rapidement le « petit » Paul surclasse tout le monde et le premier contrat pro arrive. Il ne tradera pas à justifier la confiance que l’on met en lui.

Fin 2025, Paul Seixas avait frappé un grand coup en terminant septième de son premier monument, le Tour de Lombardie. Attendu au virage, il a enchaîné en début de saison en prenant la deuxième place de Liège-Bastogne-Liège derrière Pogacar. Et obtenu ses premiers succès d’envergure en remportant le Tour du Pays basque et la Flèche Wallonne. Son équipe Décathlon CMA-CGM se retrouve propulsée sur le devant de la scène grâce aux exploits de son jeune coureur. Il a signé un contrat confortable jusqu’en 2027 mais très éloigné de ceux des stars du vélo.

Les rumeurs de départ de Seixas enflent depuis la fin du printemps, un pont d’or que ni Décathlon ni CMA CGM peuvent assumer se profile. On parle à Ville franche de plus d’un million par mois. Selon mon observateur qualifiée si le prodige avait envie de faire le Tour, ses sponsors l’ont bien encouragé. « Ils veulent profiter de la communication qui va être sur la grande boucle au maximum. Ils savent que peut-être selon le résultat ils n’auront pas les moyens de retenir le leader. Leur arrière-pensée n’est absolument pas sportive mais uniquement de rentabiliser un investissement très heureux » me confie le licencié du Vélo Club Villefranche Beaujolais. Il n’est même pas impossible que ses employeurs n’aient pas sorti une belle prime pour qu’il s’aligne face à Pogacar.

Quel que soit le résultat qu’obtiendra le prodige, des centaines d’heures de télévision, de longues minutes de radio et toute la presse mondiale évoquera sa course qu’elle soit réussie ou manquée. C’est tout bénéfice pour Décathlon. Longtemps assimilée comme le champion du sport accessible, la marque de sport veut montrer qu’il est aussi capable d’équiper les plus grands athlètes de la planète. Et Seixas en est une ! A l’occasion du Tour de France, l’enseigne compte profiter de la forte exposition de l’équipe Decathlon CMA CGM, emmenée par son étoile filante sur les routes des épreuves World Tour. La formation au budget de 40 millions s’est imposée comme l’une des plus puissantes du peloton et durant 3 semaines elle peut éclipser UAE ou Visma.

La marque nordiste mise à la fois sur la folie médiatique qui dès aujourd’hui se déchaîne pour son étoile montante de 19 ans qui s’ajoutera à celle habituelle du Tour de France (troisième compétition sportive la plus regardée au monde). Décathlon y gagnera en fiabilité et en notoriété et renforcera sa crédibilité dans le sport de haut niveau. Ce sont des calculs bien éloigné du vélo.

Paul qui pédale plus vite que son ombre s’est fixé des objectifs : «  selon les dirigeants du VCVB il vise d’être dans les cinq premières places, de gagner une étape et au mieux de ramener le maillot blanc de meilleur jeune » me confie mon ami. Le reste serait du boni ! Souhaitons que Seixas illustre le fameux vers du Cid : « Je suis jeune, il est vrai; mais aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années ».

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