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Le trop-plein de candidatures reflète le déclin démocratique

A combien de candidates et de candidats à la fonction présidentielle arrivera-t-on avant la fin de l’année en cours ? Pas un jour sans qu’à gauche une personnalité se pensant investie d’une mission politique exceptionnelle se déclare. Le ridicule absolu. Il s’agit même d’un mépris absolu de l’électorat. Ces prétendants à la charge suprême républicaine ont une conception de la démocratie qui pose problème puisqu’il impose leur personnalité avec la certitude qu’elle correspond aux vœux du plus grand nombre. C’est vrai qu’il n’y a aucune raison pour que chaque citoyenne ou chaque citoyen ne puisse pas revendiquer le droit de se présenter. Le principe est à défendre mais sa mise en œuvre reste utopique.

Le Président (ou la Présidente) représente dès son élection l’ensemble de la Nation. Il ne devrait jamais l’oublier. Au moins deux d’entre eux sous la V¨République ont accepté des millions de voix d’électrices et d’électeurs refusant l’arrivée potentielle du pouvoir de leur adversaire mais ont vite méprisé ce soutien. Chirac et Macron ont réalisé des scores au second tour qui leur donnaient une responsabilité morale vis à vis de celles et ceux qui y avaient contribué. Leur conduite des affaires du pays n’a jamais tenu compte de cette réalité. La déception se paiera cher ! 

Tous les « déclarés » affirment qu’ils tiendront compte de cette diversité des valeurs tout en sachant que jamais ils ne mettront en œuvre un rassemblement illustrant ce concept. Tout élu en France l’est avant tout, jusqu’à présent « contre » le pouvoir en place et il porte davantage de frustrations et de déceptions que d’espoirs et de confiance. Le prochain c’est certain sera celui qui saura le mieux exploiter la peur collective qui a envahi le pays. Il sera celui de la déraison puisque personne ne croît dans une approche réfléchie de la vie collective.

Les candidatures spontanées actuelles illustrent la parcellisation de la France. Elles se veulent porteuses de « groupes » plus ou moins constitués souhaitant participer au « débat ». Entre les lobbies, les strates sociales diverses, les intérêts corporatistes, l’exploitation de faiblesses collectives, les ressorts de l’opinion dominante et des visions restreintes de la vie sociale on retrouve cette propension à exploiter l’implosion de la Nation pour exister et se placer dans la course présidentielle pour quelques mois. Comme la Gauche n’a plus de corps commun de valeurs elle dérive vers l’individualisme quand elle a défendu le collectivisme.

Mélenchon a parfaitement analysé ce « trop plein d’ambitions factices » qui surgit de manière débridée sur le principe du « pourquoi pas moi ? ». Un parti, un candidat, un slogan, un objectif, un électorat : il est le seul à avoir bâti cette stratégie. Même le RN est à la peine quoi que l’on veuille faire croire car l’incertitude pèse sur le nom de celle ou celui qui portera ses couleurs. Il y aura forcément lorsque le sort de la Marine nationaliste sera réglé, un moment de flottement dans l’électorat. Au moins chez LFI il n’y a pas d’ambiguïté et on commence parmi les analystes à envisager un face à face des extrêmes au second tour.

Les sénatoriales prochaines échéances électorales certes indirectes mais découlant du vote exprimé dans la moitié de la France pour les conseils municipaux, accentueront cette implosion des repères habituels. Il y aura dans des départements comme la Gironde une dizaine de listes qui amèneront un bouleversement des équilibres. Et il en sera ainsi dans de nombreux autres territoires. Il en sortira des résultats inattendus. Les personnes prendront le pas sur les démarches collectives comme pour les présidentielles. Cette tendance rend la montée des extrêmes inévitable.

Il est impossible de trier dans cette eau grise politique où celles et ceux qui se prennent pour des pépites tentent de mobiliser l’attention. Plus personne ne sait vraiment qui est qui, qui restera en lice, qui résistera au courant de l’indifférence, qui échappera à la pression extérieure. Il est probable que la recherche des signatures de soutien éliminera les « survivants » dont le score pourrait être tellement mineur qu’il ne leur permettra pas de retrouver leurs frais de campagne. Comment ne pas tout simplement imaginer que parmi la trentaine de « déclarés », de « pressentis » de « putatifs » il n’y a pas seulement un acte de communication.

Je propose donc que soit limité à 48 le nombre de candidats. Ils seraient ensuite réparti par tirage au sort en 12 poules de 4 avec des qualifiés à l’issue de matches à élimination sur BFM ou LCI  après sondages sur leur prestation qui les donneraient perdants, gagnants ou à égalité. Ensuite élimination directe dans un tableau final… qui déterminerait le quatuor admis à concourir devant le peuple. Le cirque actuel aurait alors sa Coupe présidentielle avec pubs et rentabilité.  Dans ces conditions je réfléchis à me déclarer candidat au nom de Roue Libre… Au point où nous en sommes !

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Cette publication a un commentaire

  1. François

    Bonjour !
    Ah ! Je me doutais bien qu’il allait lui aussi lancer sa campagne ! ! Sauf qu’au milieu du troupeau, malgré sa stature, il risque l’invisibilité ! ! !
    En plus, deux handicaps dans la course à l’échalotte:
    – pour les signatures, ses copains anciens maires ont presque tous rangé leurs écharpes.
    – j’aperçois Madame, arc-boutée sur les guides : « Reste dans ton fauteuil avec tes charentaises et ton plaid » ! !
    Allez, les ami(e)s du blog, les fans et groupies, tous derrière … en Roue Libre !
    Cordialement

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