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Le miroir aux alouettes des primaires à gauche

Le concept des « primaires » a été importé des « États de plus en plus désunis » mais elles ne correspondent absolument pas à la mentalité française. Surtout en cette période où l’indifférence et la défiance à l’égard de la politique, des femmes et des hommes qui la représentent ne cessent de grandir. Comment peut-on espérer un élan citoyen pour se rendre aux urnes afin de désigner un candidat n’ayant selon les sondages aucune chance de l’emporter.

Ce processus ressemble au chamboule-tout des kermesses paroissiales où tous les participants viennent pour s’offrir la tronche des gens trop sûrs de leur place sur l’étagère. En fait c’est à peu près politiquement du même niveau mais qui osera dire que jusqu’à présent les primaires ont été sans aucun intérêt puisque elles ont débouché sur le plus grand gâchis de la vie publique française pour le plus grand bonheur du RN.

D’abord il y a toutes celles et tous ceux qui tenants de la gauche sont venus voter à droite en signant un engagement sans aucun scrupule pour se payer le plaisir de chasser l’un ou l’autre et surtout sans se rendre compte qu’ils favorisaient en fait la victoire du représentant de la France la plus réactionnaire. On évalue à 800 000 ces ambidextres du bulletin de vote ! A gauche il y a fort à parier que le jeu de massacre aura la même teinte. Devant la quantité de candidats dans l’impossibilité de réellement aller au bout de leur candidature l’implosion est inévitable. Pour être crédible il faut en effet être capable de mobiliser largement plus que le noyau militant d’un club d’une chapelle ou pire d’une cabine téléphonique.

Ensuite il est malheureusement indispensable d’avoir un réseau suffisant de financeurs pour bâtir…une campagne des primaires. Dans le contexte actuel les mécènes se raréfient et il est certain que bon nombre de prétendants ne tenteront pas l’aventure. Selon le parti que l’on espère représenter la collecte des signatures constitue un obstacle majeur. Les élus locaux risquent d’être de moins en moins nombreux à soutenir des prétendants à l’Élysée. N’oublions pas que seuls les maires ont le droit de parrainer une candidature avec les conseillers régionaux, départementaux, députés et sénateurs.

Enfin les leçons des organisations antérieures démontrent qu’il s’agit d’une opération division et pas d’un processus favorable à l’union. Benoît Hamon en reste le meilleur exemple. Il était certain que ses concurrents ne respecteraient pas le verdict de ce vote. Dans l’état actuel des fractures internes au PS, ce les Verts, au PC et la faible implantation dans l’électorat de Place publique une « primaire » virerait à l’hécatombe. Tout engagement à respecter une victoire de l’une des composantes ou des sous-composantes n’aurait aucun sens . Les prétentions à occuper le fauteuil présidentiel ne visent qu’à apporter des créneaux d’expression médiatique et constituent des investissements d’avenir.

Il est à peu près certain que cette proposition d’organisation d’un foutoir pseudo-démocratique deviendra une affaire urbaine. L’essentiel des militants potentiellement organisateur se trouve dans les métropoles ou sur des territoires périurbains. Encore une fois la ruralité ne jouera absolument aucun rôle dans ce choix. Il n’est même pas certain que les thèmes liés à la vie dans les campagnes figurent dans les propositions des candidats. Aucune figure politique n’incarne vraiment la France des villages qui est abandonnée au RN.

Une élection primaire à gauche conduirait à parcelliser, désintégrer le brin d’unité qui survivrait dans le camp des organisateurs. Les primaires sont des bombes à fragmentation politique que j’ai toujours condamnées et que je condamne plus que jamais ! Le principe est mortifère quand on navigue entre les « revenants », les « bluffeurs », les «  ambitieux », les « obstinés », les « sous–marins », les « prévoyants » et les « contestataires ». Pour le moment chacun y va de son couplet ou de son silence sibyllin.

Les deux extrêmes avancent. Mélenchon compte sur l’incapacité des autres à s’organiser et à se mettre en ordre de marche pour apparaître comme le seul recours. Au RN on ne berce pas d’illusions sur le verdict de l’appel de la « Marine nationaliste » et elle est inexorablement abandonnée au profit du « gendre idéal ». Le maire de Le Havre peine à avancer mais ne doute pas qu’il arrivera à bon port au premier tour. Dans le fond pour les autres il s’agit déjà de penser au troisième tour des législatives… et de se préparer à structurer des filières pour sauver les meubles. C’est probablement primaire comme réflexion !

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