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Les Girondins empruntent à nouveau le tobbogan

L’agonie du club de football des Girondins de Bordeaux se poursuit. Depuis plusieurs semaines les déboires financiers sont mis sous le gazon du stade tout juste remis de sa belle soirée de UBB-Stade Toulousain. Rien n’est pourtant réglé et surtout il n’y a aucune perspective de redressement d’une situation pour le moins désastreuse mais qu’il ne faut pas évoquer. Où en sont les engagements pris par un Président pour le moins énigmatique ? Comment envisager un retour à meilleure fortune alors que les résultats sportifs laborieux jusque-là tournent à la catastrophe ? Avec le changement de majorité à la Métropole doit-on s’attendre à une modification des décisions prises à propos des sommes dues par le club ? Quelle est la situation financière réelle du club ? 

Hier on apprenait le limogeage de l’entraîneur après une défaite humiliante face à Chauray. La mesure aura probablement des conséquences financières selon les termes du contrat signé par Bruno Irlés. Bien entendu s’il a recours aux tribunal des Prudhommes le dédommagement sera repoussé aux calendes grecques. Tout est ainsi au sein du club. Des artifices décalent les dettes, les impasses budgétaires masquent des déficits inévitables et des délais de règlement inimaginables faussent de lourdes échéances.

Dans le football il y a un principe qui pourrit toutes les situations : tabler sur des résultats sportifs pour asseoir des certitudes financières. En l’occurrence la montée à l’échelon supérieur a été présentée comme une nécessité absolue à court terme. Elle aura du mal à exister face à des clubs bien moins bien dotés en joueurs et surtout sur le plan financier. C’est avant tout une question de mentalité. Et là les Chaurésiens ont donné un leçon dans ce domaine. La remontée vers des niveaux permettant d’espérer un peu plus d’oxygène en matière de rentrées financières est fortement compromise. Le tobbogan vers le pire est réouvert. 

N’ayant absolument aucun actif monnayable les Girondins appartiennent aux structures survivant artificiellement. Encore une fois il serait très intéressant de savoir où en est le paiement des loyers à l’égard de la Mairie de Bordeaux (centre d’entraînement de Le Haillan notamment) ou ceux de la location du stade Atlantique vis à vis de la Métropole. La Cour des Comptes a un moment ou un autre mettra son nez dans des dispositifs ayant été mis en place pour sauver ce qui pouvait l’être encore. Toujours dans les mains du Tribunal de Commerce et bientôt de la DNCG les prévisions budgétaires reposeront sur une imagination créative exceptionnelle.

Le plan de continuation ressemblant au cheminement d’un funambule au-dessus des chutes du Niagara prévoyait la montée directe en Nationale 1. La Roche sur Yon a six points d’avance et un match en moins ce qui potentiellement place cette équipe neuf longueurs à quelques encablures de l’arrivée. Reprendre ce retard relèverait du miracle et on sait que dans les divisions où évoluent les Girondins ils n’existent pas ! Le tribunal de commerce de Bordeaux au mois de juin 2024 avait enregistré une « montée » sur deux années par division et le remboursement de 26M€ sur dix ans. C’est très mal parti pour le premier point et donc encore plus pour le second !

Est-ce un hasard si quelques jours avant le second tour des municipales l’UBB a annoncé que la saison prochaine il passerait à 3 matches sur le « grand stade « ?  Un effort consenti pour « rentabiliser » une installation qui accumulera encore un joli déficit d’exploitation sur 2026. Il sera justifié en expliquant que si le partenariat public-privé avait continué la participation publique aurait été porté à près de 10 millions (il s’agit de la demande de l’exploitant d’alors) et que donc en ne dépensant seulement que 6,7 millions la Métropole économise « théoriquement » plus de 3 millions. Une vision théorique. 

La vraie question demeure : a-t-on besoin de payer et entretenir une enceinte de 42 000 places pour une équipe qui atteint 10 000 spectateurs et se remplit avec le rugby actuellement deux fois par an ? D’autant que le site vieillit plus vite que prévu et que des travaux de stabilisation du parvis qui s’affaisse ont été déjà menés. Désormais ils seront à la charge des finances publiques. Un club enlisé et sans aucune garantie de pérennité, un équipement sous exploité et coûteux : la saison 2026-2027 s’annonce très incertaine.

La seule chance des Girondins de Bordeaux c’est que leur « disparition » rendrait la situation encore plus dramatique. Alors on fait comme si… Le nouveau Maire et Président putatif de la Métropole « spécialiste » des équilibres budgétaires, saura se tirer de ce « merdier ». Tous les clubs de Ligue 1 ne sont pas très fringants ou dans le coma financier et donc on fera comme si à Bordeaux on ne voyait rien venir. C’est essentiel en ce moment. 

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Cet article a 4 commentaires

  1. François

    Bonjour Jean-Marie !

    Samedi dernier, sur TV7, à 18 h 04, le ciel s’est effondré sur l’Atlantique ! 11 gaillards amorphes avaient oublié que l’arbitre avait sifflé le coup d’envoi … du premier (des sept!) match de la dernière « chance » ! J’ai essayé de résister jusqu’au troisième but. Là, en voyant trembler les filets avec l’envol de nos rêves de …Ligue 1 ( !!), je suis reparti à mes occupations habituelles de retraité … plus lucratives ! ! !
    Certes, le fusible habituel (entraîneur) a sauté mais il occulte le véritable mal dont souffre cette équipe …et ce club dit de professionnels. Je perçois dans ton feuillet que tu t’écartes du véritable virus ! !
    Aussi, si tu le veux bien, réfléchissons un peu !
    Ces pseudo-pros ont, malgré tout, de la suite dans leurs idées salariales ! Même si leur solde n’est pas celle de M’Bappé, ils savent que, vu leur niveau et … la politique de ces clubs, en cas de montée, on change l’effectif . Rappelle-toi la «vacherie » qu’ont subi Ph. Lalanne et R. Castant quand le club est remonté en L1 ….grâce à leur super saison ! Même pas merci, la sortie, c’est par là ! !
    Or, ces tristes footballeurs de samedi, qui étaient de petites merveilles en début de saison, ont pris conscience que leur avenir pro était foutu en cas de montée en N1 et tentent de rester proche de la tirelire en assurant la prochaine saison …en N2 ! Pas c…s les mecs !
    Heureusement, les Bleus …en blanc ou en vert nous donnent un autre spectacle … pour l’instant ! !!!!!!!☺☺
    Amicalement.

  2. J.J.

    Voilà un genre de situation qui n’avait pas lieu d’être quand le football était un sport, et que les joueurs étaient à mille lieux d’imaginer que l’on puisse envisager de jouer sur un terrain aussi sophistiqué que celui que l’on met à la disposition de nos nouveaux gladiateurs.

    1. François

      Bonjour @J.J. !
      Certes, le pré des vaches, parfois ébousé (1944), était moins couteux que ce genre d’arène sauf que le monument est là !
      Faut-il le démolir pour continuer la pépinière de « cages à lapins genre Doizon » ?
      Faut-il y élever des moutons étant entendu qu’ils sont déjà sur les gradins (le peuple souhaité par les politicards de tous poils) ?
      Disons qu’il vaut mieux l’utiliser d’une façon plus populaire ! …À définir ! ! !
      Cordialement

  3. Alain .e

    Ah , les girondins , j’ en ai côtoyé un qui était célèbre , sans le savoir sur le moment .
    Je savais qu’il avait joué aux girondins, c’ était le seul luxembourgeois à avoir joué au club en fait .
    Camille Libar , un homme très gentil qui tenait un magasin de sport dans une petite commune du sud de la Charente Maritime.
    Nous achetions chaussures , shorts , maillots et survêtements chez lui , il nous essayait les chaussures pour être sur de la bonne pointure .
    https://www.sudouest.fr/sport/girondins-camille-libar-histoire-du-seul-luxembourgeois-a-avoir-joue-a-bordeaux-3516354.php
    Une autre époque assurément.
    Cordialement

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