You are currently viewing Les fabricants sonnent de plus en plus le rappel

Les fabricants sonnent de plus en plus le rappel

Lait pour bébés, pizzas, fromages divers et avariés, conserves, lessives et tant d’autres produits sont rappelés quotidiennement car non conformes aux réglementations ou dangereux pour la santé des consommateurs. Chaque année en France, des milliers de produits sont retirés de la vente pour des raisons variées (microbiologiques, défaut d’étiquetage, contaminants, etc.). Une source évoque une estimation moyenne autour de 3 000 produits rappelés chaque année. Effrayant quand on connaît le délai entre la décision de les retirer des rayons et la mise en place antérieure. Entre 2021 et 2023 c’est la bagatelle de 10 600 produits au total qui ont été signalés sur la plateforme officielle Rappel conso. Durant les douze mois de 2024 on a dépassé les 2 101 rappels !

Cette augmentation constante est à la fois rassurante car elle démontre qu’une attention particulière serait appliquée au contenu des propositions faites aux consommateurs mais c’est aussi affolant car il est certain que de très nombreuses offres passent à travers les mailles du filet de la surveillance sanitaire. Rien n’échappe en effet aux infractions dangereuses. Dans le domaine alimentaire viandes, produits laitiers, charcuteries et poissons figurent au palmarès. Sur deux ans (2021-2023) ce sont plus de 6 000 marques qui ont été concernées. La première cause dans ce secteurs reste la contamination microbiologique. C’est aussi la plus dangereuse.

La Listeria monocytogènes (très souvent associée à des rappels de viandes, fromages, produits laitiers) très dangereuse pour les personnes vulnérables et les femmes enceintes, la salmonella (cause classique d’intoxications alimentaires) et cette coriace bactérie E. Coli et autres facteurs pathogènes sont les plus répandus. Ils traînent dans les laboratoires de fabrication de produits transformés avant de finir dans les boites, les sachets ou les emballages. Quant on connaît les règlements drastiques dans la restauration collective il est étonnant que des grandes unités quasiment toujours automatisées aient des défaillances de ce type.

L’exemple le plus significatif des manquements du monde du profit est celui d’une source d’eau gazeuse célèbre. En 2024 et 2025 , l’eau des puits alimentant la source a présenté des contaminations bactériennes répétées, souvent d’origine fécale (Escherichia coli, coliformes, Pseudomonas aeruginosa) — des bactéries qui ne devraient pas être présentes dans une source d’eau minérale naturelle. Par mesure de précaution, les autorités ont ordonné la fermeture d’au moins un forage et la destruction de millions de bouteilles.

En avril 2024, environ 2 à 3 millions de bouteilles ont été détruites après la détection de bactéries de type fécal dans un puits. En décembre 2025, des millions de bouteilles supplémentaires ont été bloquées suite à des anomalies bactériologiques répétées et à la détection de Pseudomonas. Les autorités et les organismes de surveillance continuent de débattre de la question de savoir si l’eau en cause répond à la définition stricte « d’eau minérale naturelle », en raison à la fois de la vulnérabilité de la source et des pratiques de traitement !

On détecte aussi de temps en temps la présence de substances interdites ou dangereuses (ex. oxyde d’éthylène détecté dans divers produits) ou de toxines naturelles ou microbiennes, par exemple récemment la céréulide (produit par Bacillus cereus) dans des laits infantiles. Inutile d’ajouter que les pesticides, les résidus chimiques ou additifs non conformes sont aussi concernés. La justice est souvent saisie par les victimes. Le scandale dure quelques jours puis on oublie. Les affichettes disparaissent des rayons. Et il est à peu près certains que celles et ceux qui ont acheté des lots « mal en point » les consomment sans savoir ce qu’ils risquent.

Cette « mode » du rappel touche actuellement les véhicules automobiles. En 2025, Ford a été de loin la marque la plus impactée par des campagnes de rappel, avec près de 12,9 millions de véhicules rappelés dans le monde pour divers défauts (caméras, pompes à carburant, freins, etc.). sur la seconde marche du podium Toyota a sollicité 3,2 millions de propriétaires pour des défauts électroniques ou de composants de sécurité. Et malheureusement Stellantis qui regroupe notamment Peugeot, Citroën, Opel, Fiat, Jeep, Alfa Romeo, DS, Dodge, Ram, Chrysler a rappelé près de 2,7 millions de véhicules. Ces défauts de fabrication ne sont parfois pas dangereux mais ils constituent des malfaçons provoquant des pannes.

Il est assez révélateur qu’en France les autorités se soient brutalement réveillées sur les importations chinoises. Une épidémie de contrôles a déferlé sur les services officiels mais elle aura été ponctuelle. Il est en effet impossible de vérifier tous les sites de vente et des millions de produits sont déjà en circulation. Le monde du profit à n’importe quel prix a toujours de l’avance sur l’administration : cadmium, plomb, aluminium… Les Français exposés à des niveaux « préoccupants » par l’alimentation, alertent les autorités de santé. Plus de 700 échantillons représentant 90 % du régime alimentaire des Français : l’agence nationale de sécurité sanitaire publie sa troisième « étude totale », qui évalue l’exposition aux substances toxiques à travers la nourriture. Et alors ? 

Ce champ est nécessaire.

En savoir plus sur Roue Libre - Le blog de Jean-Marie Darmian

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Cet article a 3 commentaires

  1. J.J.

    À la suite de la lecture de cet article, et après avoir visionné une émission récente de Hugo Clément « Sur le Front », force est de constater, et je vous demande pardon d’avance pour ma grossièreté, qu’on a l’impression de nager dans la merde et de marcher sur la tête. Mais ça on le sait depuis longtemps.

  2. faconjf

    Bonjour,
    Le constructeur automobile allemand BMW a annoncé mercredi le rappel de centaines de milliers de véhicules à travers le monde en raison d’un risque potentiel d’incendie lié au démarreur du moteur.Deutsche Qualität…
    Un contrôle officiel a détecté des PFAS dans deux forages de la source Perle, en Ardèche. Ils ne pourront plus être utilisés pour produire l’eau minérale naturelle vendue par Auchan et Carrefour. Un coup dur pour cette appellation, même si l’enjeu sanitaire reste moindre.
    En lieu et place de panneaux « Villes fleuries », des pancartes « Villes et villages pesticides, le label des zones de captage polluées ». Celles-ci ont fait leur apparition l’an dernier à l’entrée des 38 communes autour de la zone de captage d’eau potable du Plessis-Pas-Brunet, une trentaine de kilomètres au nord de Nantes. Une action parodique, signée par le collectif d’habitants Pour de l’eau potable.
    C’est un bon signe pour Perrier, peut-être un peu moins pour les consommateurs douchés par le scandale sanitaire qui touche Nestlé Waters, le géant des eaux minérales naturelles qui détient cette marque.
    L’Autorité régionale de la santé (ARS) Occitanie a fourni des arguments en faveur d’un maintien de l’exploitation des deux puits de Perrier, situés à Vergèze, dans le Gard.
    Venons en maintenant au lait infantile et ses conséquences et on apprend le 3 février dernier : « Laits infantiles contaminés : la toxine en cause n’était pas réglementée ». Jusqu’à présent, aucun seuil officiel n’était fixé pour la toxine céréulide, trouvée dans des laits infantiles. L’agence européenne Efsa a publié sa recommandation le 2 février, ce qui occasionne de nouveaux rappels en série.
    Mais comment cétit possible ma bonne dame ? Les rappels en cascade portent sur des poudres pouvant renfermer la toxine céréulide, susceptible de provoquer de graves épisodes de diarrhées chez les nourrissons — deux cas de décès font l’objet d’enquêtes judiciaires. La toxine est produite par certaines bactéries de type bacillus cereus, connues des spécialistes pour être responsables de nombreuses toxi-infections alimentaires.
    Or, les analyses des industriels portaient sur la bactérie mais pas sur la toxine en elle-même. Il faut dire que la réglementation fixe un seuil pour la première, mais pas pour la seconde. Cette surveillance indirecte s’est révélée insuffisante. La toxine céréulide est plus résistante à un traitement thermique que la bactérie en elle-même. « L’absence de bactéries viables dans le produit fini ne garantit pas l’absence de toxines », explique désormais le laboratoire spécialisé Mérieux NutriSciences. Le labo nous dit:
    Focus scientifique : Bacillus cereus et la toxine céréulide

    Les spores de Bacillus cereus sont résistantes aux traitements thermiques classiques.
    La toxine est elle-même thermorésistante : un traitement à 121°C pendant 2 heures à pH neutre ne suffirait pas à inactiver la céréulide.
    Les Bacillus cereus sous forme végétative sont en mesure de produire la toxine à partir d’un développement de l’ordre de 105 à 106 UFC/g
    Déphasage analytique : L’absence de bactéries viables dans le produit fini ne garantit pas l’absence de toxines. Le risque peut être non détectable sur un dénombrement classique de poudres, mais s’avérer critique après reconstitution du produit.
    La céréulide déclenche des symptômes émétiques, i.e des nausées.

    D’accord, d’accord c’était juste un petit trou dans la raquette en somme. Du côté des autorités, on reconnaît que de façon générale, les risques liés aux bactéries bacillus cereus sont connus. « Ce qui n’était pas identifié, c’était que le danger soit apporté par une matière première, l’huile riche en acide arachidonique (ARA) », précise-t-on au ministère de l’Agriculture. Cet ingrédient ajouté au lait infantile, fourni à de multiples fabricants par la société chinoise Cabio biotech, est à l’origine de la contamination. Ouf! on est soulagé l’Honneur est sauf c’est pas chez nous c’est « césalodechine » qui empoisonnent nos bébés.
    On est juste à moitié rassurés car à cette faille s’en est ajoutée une autre, qui a retardé le rappel de certains lots. L’acide arachidonique peut être utilisé sous une forme « encapsulée », qui complique la recherche de la toxine. Concrètement, les analyses réalisées sur la poudre de lait ne permettent pas de la détecter… alors qu’elle sera bel et bien présente une fois l’eau ajoutée pour faire le biberon. Les autorités disent avoir été informées de ce problème par Lactalis, le 20 janvier. « À ce stade, il semble être le seul fabricant concerné par l’utilisation de l’ARA sous cette forme », indique le ministère de l’Agriculture.
    Dieu me tripote aurait dit Desproges, mais pourquoi diantre met-on de l’ ’acide arachidonique dans le biberon des enfants? écépatou!! On ajoute aussi de l’acide docosahexaénoïque (DHA). et voici la réponse:
    Les normes réglementaires publiées par la Commission européenne (CE) établissent les critères de composition nutritionnelle des préparations pour nourrissons et des préparations de suite vendues dans l’Union européenne. Ces normes désignent le DHA comme un ajout obligatoire à ces formules à des niveaux compris entre 20 et 50 mg/100 kcal (0,5-1,0 % des acides gras), tout en précisant que l’ARA est un ingrédient facultatif.1
    Permettre l’ajout de DHA tout en omettant l’ARA est en contradiction avec la composition du lait maternel, la référence en matière de nutrition infantile. Le DHA et l’ARA jouent tous deux un rôle crucial dans le développement de l’enfant.
    C’est scientifique, ma bonne dame, si vous n’allaitez pas votre bébé le lait de substitution doit répondre à des normes Européennes pour assurer une bonne croissance surtout dans les 1000 premiers jours.
    Sauf que ce qui était pas prévu c’est que le fournisseur de la poudre de perlimpinpin ajouté dans le lait ne serait pas assez rigoureux.
    Un moment faut être sérieux les Chinois sont de redoutables commerçants mais ce sont aussi des fabricants capable de prouesses techniques inégalées par les occidentaux. Par conséquent les Chinois fabriquent TOUT en respectant le cahier des charges du donneur d’ordre pour éviter les sanctions financières. Mais c’est le cahier des charges tout le cahier des charges et RIEN QUE le cahier des charges.
    Les vrais responsables sont les donneurs d’ordres dont la motivation est « foksacoutepascher » pour que l’on s’en mette un max dans les fouilles. Résultat, qualité au rabais = cahier des charges peu exigent = Merde in China dans toute les chaînes de fabrication = catastrophes industrielles et économiques.
    L’avarice perd tout en voulant tout gagner selon la fable de la poule aux œufs d’or.
    bonne journée
    Source https://www.dsm-firmenich.com/fr-fr/businesses/health-nutrition-care/news/talking-nutrition/should-ara-be-added-to-infant-formulas-when-dha-is-added.html
    pas de panique c’est en Français sous le titre  » Faut-il ajouter de l’acide arachidonique (ARA) aux préparations pour nourrissons lorsque de l’acide docosahexaénoïque (DHA) y est ajouté ? Des experts apportent la réponse » en date du janvier 25, 2021

  3. faconjf

    Un petit coup de projecteur sur le sénateur Duplomb qui mériterai bien un « retour produit » sans remboursement.
    Laurent Duplomb, né le 24 octobre 1971 à Rive-de-Gier (Loire), est un homme politique français, un syndicaliste agricole et un exploitant agricole laitier. Membre des Républicains, il est sénateur de la Haute-Loire depuis 2017.
    Comme représentant de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), il a été président de la chambre d’agriculture de Haute-Loire. Il a également été l’un des présidents régionaux du groupe laitier Sodiaal et membre du conseil de surveillance de la marque Candia.
    Élu sénateur de la Haute-Loire, il est à ce titre à l’origine de la controversée loi Duplomb, visant notamment à autoriser de nouveau un pesticide de la famille des néonicotinoïdes mis en cause pour sa toxicité sur l’humain et les insectes pollinisateurs.
    Conflit d’intérêts ?
    https://bonpote.com/exclusif-comment-le-senateur-duplomb-a-touche-plus-dun-million-deuros-de-subventions/

Laisser un commentaire