Hier soir j’ai suivi le second épisode de la série « Maison Blanche » dans lequel un certain Trump joue le rôle principal. Le premier s’était déroulé en Alaska dans une base militaire où avait été étalée toute la puissance américaine afin que la « brève rencontre » avec le grand méchant loup russe soit aussi réussie que possible. En fait ce qui devait être plié en quelques heures a duré toute une nuit contrairement au scénario initialement prévu. Les discussions ont porté sur le sort que l’on devait réserver à une guerre qui doit s’achever le plus tôt possible et à n’importe quel prix pour que les affaires reprennent au sein du couple qui ne rêve que de profits personnels florissants. Cette entrevue secrète a laissé derrière elle la sensation d’une débandade US face aux ukases poutiniens.
Les valeurs universelles qui jusque-là contribuaient un tant soit peu à donner du sens à l’humanité n’ont plus aucun intérêt pour de duo caricatural. Ils ressemblent aux chasseurs qui après l’hallali se répartissent les meilleurs morceaux du gibier avant même que ce dernier soit mort. Ils dépècent, tronçonnent, répartissent, échangent au gré de leurs envies ou surtout de leurs intérêts. En déclin économique croissant en raison de la baisse de sa natalité dramatique, des milliers de jeunes morts au combat ou estropiés à vie, « l’ours qui n’est plus soviétique » souhaite récupérer quelques réserves utiles pour diminuer la retraite « hivernale » qui se prépare.
Les Américains se sont déjà servis en gelant dans une société mixte, les réserves de terres rares et de minerais. Pas de raison que Poutine laisse filer le Donbass qui regorge de réserves importantes et une grande variété de métaux et minéraux déjà en exploitation. Dans la première partie de la série « Maison Blanche » a totalement méprisé les peuples, les femmes, les enfants, les hommes pour ne parler que de business et de zones d’influence. Un marché de dupes dont les Ukrainiens, traités comme des monnaies d’échange, méprisés comme des migrants aux USA ou des Moujiks au temps des tsars, ont été les victimes. Jamais le propos de Paul Valéry ont eu une force aussi grande : « la guerre, un massacre de gens qui ne se connaissent pas, au profit de gens qui se connaissent mais ne se massacrent pas. » impossible de ne pas y penser.
La fin en eau de boudin de phoque d’Alaska n’avait pas provoqué l’audimat attendu. Il fallait absolument redonner du lustre à « Maison Blanche » en élargissant et en internationalisant le générique. D’abord le metteur en scène consentit à intégrer un acteur comique passé au tragique comme président de l’Ukraine. On lui imposa un costume soigné car il n’était pas question qu’il vienne discuter de « paix » vêtu en tenue de combat. Il était convié à se rendre dans le parc d’attractions de « Mégalotrump » pour être livré en pâture aux fauves sous le regard des caméras diffusant évidemment les images sur toute la planète. Même Poutine a pu en profiter et se marrer (ça ne lui arrive pas souvent) en voyant Zelenski se débattre comme une mouche collée au ruban des décisions des autres.
Le « Trumpmégalo » profita d’une présence médiatique record pour montrer combien le sujet du jour concernant des centaine des milliers de combattants et des millions de civils l’intéressait peu. Il a vomi sur son prédécesseur, il a asséné ses fausses vérités, il a excité ses partisans et il a sans vergogne annoncé des mesures visant à préparer son maintien au pouvoir. L’Ukraine dans le fond n’était semble-t-il qu’un prétexte pour vendre ses prétextes à un contrôle accru des États de moins en moins unis d’Amérique. Et pendant ce temps les seconds rôles attendaient dans l’antichambre que la propagande cesse. Vraiment une grande similitude avec la fameuse réunion de Munich des septembre 1938 !
En fait il y a une étrange ressemblance entre la photo faite lors de l’accord pour le dépeçage de la Tchécoslovaquie et celle qui restera pour L’Histoire pour la promotion de « Maison Blanche ». La pause est la même et les visages traduisent une forme d’inquiétude face au caractère imprévisible du producteur de cette superproduction. Depuis dix ans les Ukrainiens se battent et meurent pour défendre les frontières internationales de leur pays. On débat sur leur dos de partage de leur territoire en méprisant les populations ! Une carte terrible est apparue. Un sermon horrible du Trumpoutinea été deviné. La nuit américaine au cinéma c’est voiler les caméras pour tourner en plein jour des scènes nocturnes. Une manière artificielle de « tuer » la lumière et d’obscurcir l’avenir. La technique a été reprise !
Les sirènes retentiront encore. Les drones pleuvront sur les civils. Les listes sur les monuments aux morts s’allongeront. Les larmes et le sang couleront. Le monde du profit s’éclatera.
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Bonjour,
une pièce tragi-comique se déroule sous nos yeux ébahis, le casting est au moins aussi éblouissant que les cachets, pardon je voulait dire indemnités démocratiques, perçus par toutes ces vedettes. Au premier rang figure la présidente La hyène dont on peut bien se demander à quel titre elle est invitée. Certainement pas au titre militaire car elle n’a à sa disposition ni canon, ni avion, ni même le moindre militaire. Hors c’est de guerre et de paix qu’il est question. Tout cela n’est qu’une abominable farce où le sang coule pour de vrai et les figurants sont bel et bien mutilés ou morts pour de vrai, pas comme au cinéma.
De trahisons politiques en trahisons politiques, tout ce processus, a été conduit en s’appuyant sur une idéologie imbécile et mensongère et grâce à des promesses de prospérité et de puissance économique dont absolument aucune n’a vu le jour. Y compris la fable ridicule de l’Europe facteur de paix.
Une Europe ridiculisée au plan international, en crise économique insoluble, totalement soumise aux caprices d’un milliardaire illuminé exclusivement mobilisé pour la défense de ses intérêts personnels, vite vite la paix pour que ses propre entreprises puissent reconstruire l’Ukraine croupion qu’il dessine avec Put1. Une EU (rss) dirigée par des imbéciles minoritaires, en pleine dérive néofasciste autoritaire, cette Europe apparaît désunie et au bord de la dislocation. Et l’on sait bien que la seule réponse à la colère des peuples qui commencent à gronder sera celle de ce parlementaire européen répondant à un député russe qui lui posait la question de cette fragilité politique : « Nous avons assez de chiens et de policiers pour maintenir l’Europe sous contrôle ».
La première humiliation est la défaite économique totale. Le numéro masochiste de la Hyène ne laisse aucun doute, son l’aplatissement devant Donald Trump donnait une image carrément obscène. Salué par la déclaration tout aussi obscène de Bernard Arnault, l’oligarque en chef de la République française la qualifiant : « de démonstration d’intelligence ».
L’UE s’est d’abord fait imposer des droits de douane de 15 % sur ses exportations vers les États-Unis. Sans aucune contrepartie ni réciprocité puisqu’elle s’est scrupuleusement engagée à n’établir aucun droit de douane sur les importations américaines dans l’UE. Ensuite elle a promis d’investir 600 milliards de dollars aux États-Unis, toujours sans contrepartie. Et bien sûr sans aucune justification, sauf celle de faire plaisir au « daddy » cher au cœur de l’assez répugnant domestique secrétaire général de l’OTAN et ancien premier ministre Hollandais pendant 14 ans. Enfin l’UE va « acheter par centaines de milliards de dollars des équipements militaires américains » et tout autant pour d’autres centaines de milliards de dollars d’un GNL américain pourri, à raison de 250 milliards de dollars pour chacune des 3 prochaines années.
Et voici comment la Hyène se justifie, à la question « quelles concessions ont fait les USA ? », Elle répond en substance : « Aucune. Il est normal de faire ce deal car l’Europe est en excédent par rapport aux USA, donc il faut rééquilibrer cette inégalité. ». Traduction : « les États-Unis, grâce à leur dollar et l’extraterritorialité de leur droit vivent à crédit sur le monde, de ce fait ils se sont désindustrialisés. Ils n’ont donc plus rien à vendre. C’est trop injuste, et il est normal que nous compensions. » Mesure-t-on le caractère proprement effarant de cette situation. Ce n’est pas un « deal », c’est simplement la perception d’un tribut, c’est-à-dire ce qu’un État verse à un autre en signe de soumission. Avez-vous entendu au sein des élites dirigeantes la moindre réaction digne de ce nom à cette humiliation ?
La deuxième humiliation est diplomatique, l’oncle Sam considère l’UE(rss) comme des larbins devant en toute circonstance lécher le c.l de son fondé de pouvoir. Quoique l’on en dise, l’humiliation pour les dirigeants européens laissés à la porte, et ce quel que soit le résultat du processus en cours, sont le signe d’un effondrement diplomatique et le symptôme d’une sortie de l’Histoire des Nations dissoutes dans l’UE(rss).
La troisième humiliation c’est la défaite géostratégique infligée par Put1 à l’OTAN. L’OTAN avec son faux alibi de la sécurité nucléaire propriété de l’oncle Sam. Nous ne pouvons que nous lamenter des décisions politiques ineptes de nos dirigeants belliqueux qui transforment les pays de l’union en colonie rançon-nable sans limite par notre parrain mafieux des U$A (voir plus haut).
Le retour à la réalité va être cruel, les faits sont têtus et illustré ici par Mark Rutte secrétaire général de l’OTAN, qui a rappelé que la production cumulée de tous les pays de l’OTAN en matière d’obus pendant un an correspondait à ce que l’armée russe dépensait en un mois sur le front ukrainien… Alors, bon courage pour aller affronter les moujiks.
Bonne journée
le fait est que les pays européens et l’Union européenne ont été vassalisés par l’actuel président des États Unis;ainsi,on peut développer une analyse très critique et pessimiste sur ce spectacle donné à la Maison Blanche ,organisé en forme de manifestation d’allègeance,comme s’il n’y avait plus qu’une seule personne au monde capable de négocier la paix avec l’agresseur russe. Le fait est aussi que le président des États Unis a déroulé le tapis rouge et applaudi avec force paroles aimables un dictateur accusé de crimes de guerre par le tribunal pénal international et qui a envahi un pays et un peuple souverain.
Pour autant,nous ne savons rien de la réalité de ce qu’en langage trumpien on appelle un deal qui aurait été passé entre le Russe et l’Amèricain,tout en craignant le pire quand on connaît la nature et le niveau des intérêts que défend le président actuel des États Unis:le business et le prix Nobel à tout prix.L’évocation de Munich a tendance à s’imposer,à juste titre.Se souvient on aussi des multiples qualificatifs méprisants et insultants proférés par Trump à l’égard de l’Europe,et du président Français en particulier? Mais comment faire pour rétablir un dialogue avec le fauteur de guerre susceptible d’enclencher un processus de négociation pour arrêter la guerre?
Je pense qu’il y a du positif dans l’effort conduit ces dernières semaines pour regrouper des pays européens « volontaires »,pour accompagner solidairement le président Ukrainien dans son nouveau face à face avec le président américain,et pour poser les termes d’un rapport de force sur l’avenir de la sécurité en Europe et en Ukraine. Et je n’oublie pas que dans le même temps, la Suède et le Finlande ont intégré l’OTAN et que nombre de pays européens tentent de se renforcer face à l’expansionnisme russe. Le grand absent,c’est l’ONU et la référence au droit international. D’ailleurs,les États Unis se désengagent de tous les organes internationaux résultant du sursaut des nations après la défaite du nazisme tandis que leur président étale sa complaisance avec un dictateur russe. Bref,je voudrais pouvoir dire aux Ukrainiens que nos dirigeants politiques européens se mobilisent à leurs côtés pour faire cesser la guerre:le fait d’essayer de concevoir et de mettre en œuvre une stratégie commune est de nature à faire reculer les raisons de désespérer.
Avant de parler d’agression, il faudrait peut être remettre les pendules à l’ heure et ne pas oublier les nombreuses victimes de la répression dans les territoires russophones, après la révolution de couleur, et le coup d’état de Maidan, organisé probablement par qui vous savez. . Il ne faudrait pas oublier non plus le « droit aux peuples à disposer d’eux mêmes », ni la citation aux auteurs controversés, qui prétend que celui qui déclenche une guerre n’est pas toujours celui qui l’a provoquée. (Montesquieu ? Machiavel ? Un illustre inconnu ?).