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Rien ne freinera la mégalomanie débridée même pas la déroute

Au moment où vous lisez cette chronique, les résultats des élections parlementaires de mi-mandat aux États-Unis seront très majoritairement connus. Dans le fond, leur importance est très relative puisque le Schtrumpf versatile n’en sera pas affecté, ou alors très partiellement et provisoirement. Il a perdu la majorité dans les deux chambres et le désaveu de ses soubresauts dictatoriaux est ainsi avéré. La claque est rude mais ce gras là est un culbuto qui finira par se remettre debout.

Ce renouvellement par tiers des sénateurs et des « représentants » prend alors toute sa valeur. Imaginons un instant que le même système soit en vigueur en France et qu’au bout de 30 mois, le Président ait à assumer sa politique face à la population. Le résultat aurait été pire que celui de la dissolution, mais au moins tout le monde aurait eu le temps de se préparer. Le quinquennat (sauf décision débridée comme ce fut le cas avec Chirac et Macron) ne permet pas aux électrices et aux électeurs de témoigner de leur rejet ou de leur adhésion à la conduite des affaires publiques.

Le vrai problème des Américains, c’est que l’égocentrisme du Schtrumpf lui fera ignorer le résultat et qu’il continuera à bafouer le système parlementaire, déjà très malmené. Exploitée par les Chinois et les Poutinistes, sa mégalomanie déstructurée aura des conséquences toujours aussi angoissantes sur la marche du monde. Il n’acceptera jamais une défaite électorale. Il risque bel et bien de se déchaîner et de se lancer dans des opérations aux conséquences imprévisibles.

Il a donné des pistes depuis quelques jours. La première, c’est une énième fois sa volonté de détruire l’Iran. Il a déjà décidé de retirer quelques milliards à Israël pour préparer une forme de sanction contre le basculement potentiel de la majorité. Le départ de son ex-copain Nétanyahou le conduira à priver Tel-Aviv du soutien US (3,8 milliards) et donc à renforcer la fragilité de la situation au Moyen-Orient. Dans ce contexte, le chef de l’armée US décidera d’affaiblir seul l’Iran, générant une crise économique encore plus grave que celle qui semblait s’atténuer.

La seconde ira vers un abandon total de l’Ukraine et un rapprochement avec Moscou, dont il espère toujours récupérer, pour la fortune des siens, les principales richesses. L’accord sur le gazole, le retour des « affairistes » à Moscou et les invitations remettant Poutine dans le jeu international visent à éviter que la Chine ne s’empare indirectement du potentiel russe et ne vassalise, de fait, son voisin. L’enjeu reste les ressources minières dont regorge la Sibérie : une course au siphonnage de ce qui peut constituer des atouts pour la seconde moitié du XXIe siècle. L’Ukraine ne compte pas dans cette prospective purement mercantile.

Ces deux « folies » correspondent à quelques indices d’une constance dans les décisions « schtrumpistes » : trouver un ennemi qui puisse séduire sa base qui se serait étiolée, occuper les militaires, et ensuite accélérer la prise d’intérêts privés pour garantir un enrichissement sécurisé de la « tribu » affairiste qui l’entoure. Il dispose, pour la mise en œuvre de ces deux axes « politiques », d’un pas de temps précis. Dès aujourd’hui, c’est une course contre la montre qui débute : le Sénat et la Chambre des représentants seront installés dans leur nouvelle composition seulement le 3 janvier 2027 à midi. Il a donc devant lui une fenêtre de tir (au sens propre) deux mois pour agir sans aucun contrôle. Deux mois c’est long

Les Iraniens ont analysé la situation. Ils savent que le Schtrumpf instable se retrouve dans une situation « favorable » à la démence guerrière malgré le vote d’hier. Ils ont aussitôt proposé une solution en se déclarant prêts à régler le problème d’Ormuz en trois jours pour contraindre les « États désunis » à se placer comme responsables du « bordel » mondial. Ils savent aussi que la nomination d’un gouvernement en Israël prendra plusieurs semaines et que, par conséquent, tout est paralysé. Ils sont les maîtres du jeu.

Les vrais vainqueurs des « Midterms » seront les Chinois. Sans bruit, avec seulement de la patience, ils s’imposent comme les maîtres putatifs du monde. Ils attendent et placent leurs pions. Même anecdotique, l’affaire de Mbappé ayant plaisanté sur le Grand Timonier illustre leur stratégie. Elle leur a permis de constater, en gonflant outrancièrement leur indignation, que personne de par le monde ne réagissait. En France, c’est silence et bouche cousue chez les extrêmes, et pour les quelques très rares voix qui se sont exprimées, ce fut fait de manière très discrète. Pékin impose désormais sa loi.

Quel que soit le résultat de ces élections US, les mégalos de tous poils et de toutes couleurs mettront le monde en capilotade. Ils ont un boulevard devant eux. Joyeux Noël à tout un chacun et préparez vos formules de « meilleurs vœux » pour 2027.

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