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Le feu, l’air et maintenant l’eau : l’été des éléments malmenés

Cet été a été marqué par les ravages du feu dans l’Hexagone et la pollution de l’air au moins en Gironde. Deux éléments fondamentaux qui ont occupé une place prépondérante dans l’actualité. Ils ont singulièrement perturbé les habitudes estivales et surtout profondément dévasté des habitations n’ayant majoritairement aucun lien avec les vacances. Des drames matériels et surtout humains qui détonnent avec ce que devrait être l’été. Les mois se suivent en France et le constat est impitoyable : jamais depuis la fin de la seconde Guerre mondiale, l asituation dans le pays n’a été aussi précaire et préoccupante. Comme s’il fallait encore aggraver ce contexte, a surgi le problème de l’eau. Qu’y a-t-il de plus précieux en été que l’eau ? C’est la clé de la vie collective.

En 2026, les historiens retiendront que les prémices d’une crise aiguë ont émergé. Les demandes d’utilisation du bien le plus précieux que nous avons pris la fâcheuse habitude de gaspiller, fusent de tous les cotés. Une guerre asymétrique est engagée. Elle n’est pas prête à se terminer. Entre les usages domestiques, les usages professionnels, les exploitations économiques, celles de loisirs ou de plaisir les conflits vont se multiplier. Chacun ne pense qu’à préserver ce qui est devenu un privilège d’utilisation. Un conflit de multi-usages débute.

La canicule et la sécheresse qui l’accompagne rendent toutes les prévisions caduques. Les cours d’eau sont à sec. Les nappes phréatiques se tarissent. Les pompages quels qu’ils soient deviennent difficiles. Il n’y a pourtant pas de prise de conscience collective mais la constance d’un égoïsme propre au statut de consommateur. Impossible pour le plus grand nombre qu’un jour nous manquions d’eau ce qui semblait réservé aux contrées africaines. Il faudra probablement des années avant que la prise en compte de sa rareté entre dans les esprits.

Le niveau des mers et des océans s’élève mais on le voit guère en vacances sauf à se pencher sur les dégâts causés aux rivages et sur les menaces pesant sur des cités balnéaires imprudemment installées au plus près des vagues. Des noms de sites apparaissent avec une double problématique : l’eau et le feu. Le Cap-Ferret et Lacanau figurent parmi la liste de ces villes qui devront vite déterminer des politiques drastiques de résistance ou de transfert n’altérant pas les milieux naturels. Ces cas se multiplieront et les étés risquent bel et bien de ne pas être aussi insouciants dans des lieux célèbres.

La France, grand pays de projets, se lance dans la construction de 6 nouveaux réacteurs de type EPR de seconde génération répartis sur 3 sites existants : Penly (Seine-Maritime), Gravelines (Nord) et le Bugey (Ain), pour une première mise en service visée en 2038. Actuellement une douzaine de réacteurs sont arrêtés faute de suffisamment d’eau pour assurer leur refroidissement. Le 3 août ceux de Chooz, dans les Ardennes, et un réacteur de Cattenom, en Moselle, étaient à l’arrêt en raison d’une baisse de débit de la Meuse et de la Moselle. Au Bugey (Ain), au Tricastin (Drôme) et à Saint-Alban (Isère),ils tournent avec une puissance réduite. En plus certains réchauffent trop les eaux qu’ils rejettent détruisant la biodiversité des fleuves comme la Garonne. Début août l’Office français de la biodiversité recensait 1 373 petits cours d’eau en rupture d’écoulement ou à sec, soit 43 % des stations de son réseau de surveillance. Et ce n’est pas fini !  

L’eau potable deviendra très vite « LE » sujet prédominant. La double problématique concerne à la fois la quantité disponible et plus encore dans l’avenir la qualité de la production. Cet été une centaine de villages et communes subissent des coupures au robinet ou « bénéficient » d’un ravitaillement par citernes en raison des fortes sécheresses estivales, touchant plus de 40 000 personnes. À cela s’ajoutent des interdictions ponctuelles de consommation liées à des pollutions (comme aux PFAS ou aux nitrates ) dans une dizaine d’autres localités rurales. Le syndrome de Manon des Sources ressurgit de manière amplifiée. Fin septembre il risque bien d’y avoir beaucoup plus de collectivités en situation de pénurie.

Depuis trois décennies je n’ai eu de cesse d’alerter et de chercher des solutions locales. Un combat sans fin. Je ne suis pas certain que les initiatives prises n’aient pas été englouties par l’indifférence et l’insouciance. Maillage des réseaux de telle manière que sur la ressource une solidarité soit possible ; réfection du forage avant sa fermeture (1) pour quelques microgrammes de fluor dépassant les normes ; rénovation du château d’eau ; vaste opération de recherche des fuites ; modernisation dans tous les bâtiments publics des systèmes de distribution ; tarification incitative pénalisant les « gros » consommateurs ; réserve d’eau de ruissellement pour l’arrosage des espaces verts ; réalisation d’un forage et d’un bassin de récupération pour la pelouse du stade : tout ça il y a vingt ans ! Comme la consommation a fortement augmenté ça n’a pas changé grand chose au final. 

J’ai été marqué dans mon enfance par le fait que l’eau potable de la Mairie où nous logions n’était pas potable et que nous devions nous rendre chez les voisins avec un cruchon en plastique jaune pour nous ravitailler quel que soit le temps. Désormais il suffit de tourner le robinet et de hurler sur les réseaux sociaux si la pression est insuffisante ou si elle ne vient pas. Allez donc expliquer que la nappe de l’éocène merveilleuse ressource qui commence à se vider et à absorber l’eau saumâtre venant de l’Océan ne tiendra pas encore longtemps. Vous serez regardé comme un zombie. L’été 2026 sera donc celui du manque d’eau. Tant qu’il en reste pour le Ricard direz-vous et pour les piscines !

(1) L’ARS a autorisé une pompage à 25 m » heure depuis quelques semaines et personne n’a signalé le moindre problème sanitaire.

Bandeau créé avec l’IA 

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Cet article a 2 commentaires

  1. J.J.

    « Cet été a été marqué par les ravages du feu et la pollution au moins en Gironde de l’air…. » et les voisins n’y ont pas échappé.
    Pendant plusieurs jours une fumée âcre a obscurci notre ciel, probablement noirci nos poumons, et les incendies dans les départements voisins ont ravagé bien des espaces et même provoqué de tragiques évènements, comme dans les Deux Sèvres.
    Nous partageons les mêmes cataclysmes et nuisances.
    Quant à l’eau, je suis plus économe que jamais, une enfance à traîner des seaux d’eau(non, je ne suis quand même pas Cosette) m’a toujours poussé vers une attitude qui pouvait sembler maniaque pour certains mais qui devra devenir la règle.

  2. Michel Caron

    LE FEU,L’AIR ET L’EAU,voilà qui nous ramène immanquablement à une méditation sur la possibilité d’un destin commun de l’humanité,pour peu que l’on s’éloigne de l’inégalité des conditions de vie des hommes à bord de la planète Terre. Le feu qui réduit en cendres et qui nous réchauffe aussi dans le froid de l’hiver,l’air que nous avons le bonheur de respirer encore comme signe que la vie continue,mais qui se charge et se pollue pour nous empoisonner,et puis l’eau qui s’écoule comme la source de vie ,mais qui peut aussi nous engloutir…Ainsi se dessine la destinée d’une planète et de ses habitants.
    L’éclipse de soleil est venue comme un signe d’APPARTENANCE à cet univers dont les savants n’ont de cesse de repousser les limites;que l’on soit puissant ou victime de la misère,il fallait des lunettes spéciales pour contempler l’événement,tandis que le feu continuait de prospérer du fait du criminel,de l’insouciant ou de l’entètement des hommes à ne pas regarder plus loin que le bout de leurs pieds;certains même,regardent le bout du doigt qui montre le danger plutôt que le danger lui même!
    Assurément,tout se passe comme si l’humanité ne parvenait pas à venir à bout de ses trois mauvais compagnons qui se nourrissent de son énergie et assombrissent sa destinée : il en est ainsi de l’ignorance ,du fanatisme et de l’hypocrisie qui sont la marque de comportements profondément humains . Et pourtant l’humanité est venue dans la course des planètes et la poussière d’étoiles,capable d’inventer la raison,l’histoire et la réflexion sur la possibilité du bonheur.
    Au delà des drames réels et possibles,le feu,l’air et l’eau sont désormais entrés dans le mouvement global qui emporte le monde que l’homme habite;car la question est devenue:de quelle HABITABILITÉ du monde sommes capables de nous réclamer…et de construire?

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