Plus que jamais le libéralisme tape sur toutes les formes de service public, directement ou indirectement. Les fonctionnaires rétribués par l’État sont supposés inutiles ou incompétents. Il faut aussi penser que parfois ils agacent le milieu politique car ils cassent leurs affirmations qui ne reposent que sur le souci de plaire à l’électorat. La situation des finances publiques est par exemple souvent examinée par la Cour des Comptes mais ses rapports restent lettre morte. Elle est jugée comme un repère de dangereux analystes empêchant de rêver à des solutions qui n’en sont pas. Si l’on reprenait tous les rapports publiés sur les budgets de la Nation depuis vingt-cinq ans on y trouverait des constats ignorés qui auraient évité la faillite qui menace.
Alors pour que ce soit plus rassurant Bercy a contourné les juges de la Cour des Comptes en appelant à la rescousse quatre «économistes » qui devront lui confirmer que si 2026 est déjà catastrophique ce n’est rien par rapport à ce qui attend le pays en 2027. Nul ne sait combien coûtera cette mission que les fonctionnaires parisiens de la rue Cambon aurait pu accomplir et qu’ils accompliront de toutes les manières comme chaque année. Une décision qui peut-être aussi témoigne d’une défiance à l’égard de l’organisme officiel désormais présidée par l’ex-Ministre des…Comptes publics qu’elle a laissés dans la situation que l’on connaît.
Alors pour éclairer (sic) les trajectoires de redressement des finances publiques, une mission indépendante a été confiée à ces quatre experts reconnus. Son objectif est double : établir une analyse de l’évolution des finances publiques entre 2027 et 2030 et proposer des scénarios de redressement des comptes publics dès 2027. Ce travail de prospective a été confié à Xavier Jaravel, président délégué du Conseil d’analyse économique et professeur d’économie à la London School of Economics, Xavier Ragot, président de l’Observatoire français des conjonctures économiques et directeur de recherche au CNRS,, Jean-Luc Tavernier, inspecteur général des finances et ancien directeur de l’Insee, Natacha Valla, doyenne de l’école du management et de l’innovation à Sciences Po Paris.
Ce quatuor libéral viendra au secours des politiques actuels en oubliant que ce sont eux qui ont conduit la nation à la situation présente. Il établira une projection de l’évolution des recettes et des tendanciels de dépenses entre 2027 et 2030. Les travaux identifieront les principaux facteurs ayant un impact sur les finances publiques, par exemple : les dépenses de protection sociale (évidemment), de retraites (on s’en doutait), la dépense militaire, la charge de la dette (que peuvent-il y faire) ou les dépenses de soutien à la production d’énergie. Des analyses spécifiques pourront être consacrées à certaines politiques publiques afin de mieux comprendre les dynamiques de dépenses attendues dans les années à venir.
Cette annonce est publiée le jour où la Cour des Comptes remet un rapport sur le volet de la Sécurité sociale. La publication trace un tableau d’une institution de solidarité sous forte pression financière structurelle, dont le redressement exigera des réformes durables, portant à la fois sur la maîtrise des dépenses et sur l’augmentation des recettes . Est-ce vraiment une révélation ? La «mission » trouvera-t-elle des solutions différentes ? Quels ajustements proposera-t-elle autres que ceux des fonctionnaires ?
La progression du déficit de la Sécurité sociale est forte (il a doublé en deux ans) et le niveau atteint est le plus élevé depuis 2012, hors années exceptionnelles de la pandémie de Covid-19″. Alors que le dernier budget de la Sécurité sociale visait à ramener le déficit en dessous des 20 milliards d’euros en 2026 par le biais d’une augmentation des recettes et des transferts de l’État et non par « des économies en dépenses« , les conséquences de la guerre au Moyen-Orient – qui vient de rentrer dans son troisième mois – risquent d’avoir un fort impact sur la croissance et l’inflation. « La sécurité sociale ne dispose plus de marges de manœuvres pour absorber des chocs économiques », ont prévenu les Sages dans leur pensum.
Ils prêchent pour un retour sur la table du dossier explosif des franchises médicales et des participations forfaitaires, ces sommes déduites des remboursements des médicaments ou des consultations chez plusieurs professionnels de santé. Ainsi, les Sages préconisent d’élargir le dispositif auquel l’Assurance maladie peut retirer 1 à 2 euros du remboursement pour les patients. Un dispositif décrié sur lequel le gouvernement de Sébastien Lecornu avait déjà échoué à élargir l’assiette des franchises médicales dans le cadre de la dernière loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026. Alors en 2027 : c’est impossible !
Ce qui manque au monde politique actuel c’est du courage et de la capacité à dépasser son horizon électoral à court terme. Tous les rapports « privé » ou « publics » ne modifieront pas cette faiblesse qui s’accentue dans tous les secteurs. Pas davantage celui-ci que ceux qui suivront.
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« Ainsi, les Sages préconisent d’élargir le dispositif auquel l’Assurance maladie peut retirer 1 à 2 euros du remboursement pour les patients. »
Ce qui est très avantageux pour le cochon de cotisant : c’est ainsi qu’en accumulant ces 1 ou 2 € par ci, par là, ma dernière visite chez le médecin m’ a été remboursée 7€ par la mutuelle et 0 € par la Sécu.
Si ces mirliflores (et mirlifloresses) géraient leur « benasse » comme on dit chez nous comme celle de l’État, il faudrait qu’ils envisagent de se nourrir aux Restos du Cœur.