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UNIFIL peacekeepers at the ceremony to commemorate International Day of Peacekeepers at Naquora UNIFIL Headquarters, in South Lebanon. May 29th, 2015. Photo by Pasqual Gorriz (UN)

L’Organisation des Nations Unies est moribonde

La coalition des volontaires s’est réunie à l’Élysée afin d’évoquer les suites d »un accord de pais éventuel entre Russes et Ukrainiens. Personne ne souligne que jusqu’à présent la protection d’accords signés entre des belligérants incombait à l’Organisation de Nations Unies. L’ONU et ses fameux casques bleus. Actuellement Pas moins de 11 opérations de maintien de la Paix sont en cours. Cinq d’entre elles se trouvent en Afrique. Les forces armées de l’ONU sont déployées au Sahara occidental, en République démocratique du Congo, en République centrafricaine, au Sud-Soudan et au Soudan.  L’Europe est aussi un terrain d’intervention, des missions sont actuellement basées au Kosovo/Serbie et à Chypre.  Le Proche-Orient est la zone la plus ancienne où les Casques bleus sont intervenus. Ils sont aujourd’hui présents notamment au Liban et en Israël/Syrie. La mission entre l’Inde/Pakistan est l’unique en Asie.

Au cours des 76 dernières années, 2 millions de femmes et d’hommes, originaires de 125 pays, ont participé au sein de 71 opérations de maintien de la paix.  Les plus importants pays contributeurs de troupes sont le Bangladesh, l’Inde, le Pakistan et le Rwanda avec environ chacun 6000 soldats. Actuellement, environ 72 000 personnes servent sous drapeau onusien soit l’équivalent de l’armée britannique. Leur efficacité n’est pas toujours évidente mais cette force internationale parvient tant bien que mal à maintenir l’essentiel des textes d’un cessez-le-feu ou d’une situation transitoire. En Ukraine cette hypothèse n’existe pas !

Ce déclin indéniable de toutes les instances internationales de dialogue et de régulation (ONU ; OMS ;UNESCO ; OMC ; Tribunal Pénal International…) constitue une amorce de dérèglement général de la vie planétaire. Les États les plus puissants (USA, Russie, Chine) s’affranchissent sous divers prétexte d’une modération imposée par ceux qu’ils considèrent comme sans aucune importance. Il faut rajouter que par le jeu des alliances intéressées plus aucune décision devient régulatrice de quoi que ce soit. Une résolution du Conseil de Sécurité quand elle ne se voit pas opposer un veto de l’un de ses membres importants n’a plus aucun effet.

L’Israël par exemple n’a cure des prises de position de tous les organismes internationaux. Il en est de même de bien d’autres États. L’ONU n’a jamais pu empêcher le moindre conflit au cours des quarante dernières années. L’attaque de l’Irak par une coalition d’intérêt en est le plus bel exemple. Le 12 septembre 2002, les preuves mensongères et les montages truqués énoncés par le général Colin Powell le conseil de sécurité restent dans les mémoires. Les Américains et les Britanniques partiront seuls et leurs allégations motivant une guerre ne seront jamais sanctionnées ou même jugées.

L’ONU impuissante a abandonné toute implication dans la résolution des différends armés. On n’entend plus la voix du Secrétaire général ou s’il lui arrive de s’exprimer personne n’y prête le moindre intérêt. Il a ainsi déclaré après la réunion du Conseil de sécurité ayant examiné l’opération spéciale vénézuélienne qu’il était  « profondément préoccupé par le fait que les règles du droit international n’ont pas été respectées en ce qui concerne l’action militaire du 3 janvier ». Le Schtrumpf mégalo a tremblé… et Russes et Chinois se sont régalés avec des interventions d’une hypocrisie diplomatique et certains ce sont fâchés du bout des lèvres. Un ridicule absolu jetant le discrédit sur le « machin » dont parlait de Gaulle.

Alors il faut que des pays se réunissent pour sans mandat de l’ONU tenter de jouer les arbitres. Dangereux. Très dangereux. On a vu avant 1914 et avant 1939 ce qu’ont donné les alliances du genre « retenez-nous où on fait un malheur ! ». Le Président de ce qu’il subsiste de notre République annonce tout de go sur l’après (toujours hypothétique) conflit : « nous participerons à la régénération de l’armée ukrainienne ». Il a ensuite évoqué le potentiel envoi de « plusieurs milliers d’hommes (…) dans le cadre de nos opérations extérieures », le jour « d’après la paix » la guerre. « Ce ne sont pas des forces qu’on engage au combat », a-t-il enfin souligné. Il engagerait donc le pays sans débat au parlement ? Sans accord éventuel des représentants des Françaises et des Français ? Il déciderait d’un avenir coûteux et délicat alors qu’il ne sera plus Président dans quelques mois ?

Cette dérive vers la constitution d’entités à géométrie variable, aux engagements ,parfois inégaux ou inexistants, soumis aux fluctuations électorales nationales fragilise encore plus les équilibres géopolitiques. Ni les USA, ni la Russie et encore moins la Chine se soucient de cette agitation de mouches du coche. Ils se lancent dans une colonisation de ce qu’ils jugent être leurs sphères d’influence pour les optimistes leur nouvel empire colonial pour ceux qui sont lucides et laissent les organismes internationaux mourir de leur belle mort.

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Cette publication a un commentaire

  1. Michel Caron

    Faudrait il conclure du constat de la faillite politique actuelle de l’ONU que tous les engagements internationaux construits et signés depuis la déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 ,soient devenus caducs ?
    Force est de constater que de multiples luttes existent de par le monde pour défendre ou conquérir des droits civils et politiques,et dans d’autres endroits des droits économiques et sociaux. Cette lutte pour la liberté,pour le respect de la dignité de l’être humain,pour la solidarité et pour la fraternité subit certes,de cruelles régressions dans nombre de pays,que viennent aggraver les seigneurs de la tech ,ces nouveaux usurpateurs mobilisés dans l’affrontement des puissances autoritaires.
    Pour autant,il nous revient de penser de nouvelles formes de régulation des relations internationales , de la même manière qu’il est également urgent de concevoir les nouvelles régulations sociales au plan national,lorsque s’affaiblissent les multiples formes de la protection sociale et les liens traditionnels de la solidarité. Ni ressentiment alimentant la politique du pire,ni renoncement mettant en danger la cohèsion sociale déjà bien affaiblie ,ni désespérance devant les déséquilibres internationaux,il nous faut modestement reprendre le chemin de la conception d’une vision du monde et d’un projet de société à la hauteur d’exigences morales et de volonté politique qui tiennent compte des réalités de notre temps. Et prendre soin,au quotidien,des personnes les plus vulnèrables,peut constituer une voie parmi tant d’autres possibles…

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