La présentation de plus de 300 budgets votés ou assumés par mes soins dans la vie publique institutionnelle ou associative me permettent de connaître la valeur de ce mot qui a été parmi le plus cité au cours de l’année qui s’achève. Et ce n’est pas fini ! Tous étaient annoncés en équilibre. Tous ont dégagé un excédent de gestion et tous ont été jugés sincères et véritables par les autorités de tutelle et confirmés par les résultats constatés. Il faut bien avouer que pour l’État depuis plus d’un demi-siècle il en est tout autrement au moment des bilans. Tous les tripatouillages de recettes et des dépenses, tous les changements politiques, toutes les incantations ou incitations n’ont rien changé à cette réalité : budget est un mot sans aucun sens réel!
En fait les débats interminables sur ce document en 2025 doivent être relativisés par le fait que sa confection ne repose au moment où il est bâti que sur des prévisions. Pour les dépenses il est assez aisé de trouver une certaine fiabilité globale alors que pour les recettes c’est vraiment une affaire politique au sens noble du terme. De l’aveu même de « Le Maire de Bercy » parti méditer sur son sort en Suisse, le fiasco constatée viendrait de la non-prise en compte parses pairs des indications communiquées par les ordinateurs de son ministère. Il est en effet assez aisé de succomber à la tentation de doper les « rentrées » pour se sortir du mauvais pas des annonces effectuées par d’autres. Je le crois.
En 2024 elles se sont multipliées dans le contexte de la crise de confiance consécutive à la dissolution. On a assisté à une distribution de rustines en tous genres surtout effectuée par le pédaleur dans la semoule élyséenne. Le système de fonctionnement des finances publiques populiste et même démagogique en raison de la répétition permanente de l’absurdité voulant que l’on puisse bénéficier de tous les outils de la solidarité nationale sans y contribuer à proportion de ses moyens est à bout de souffle. Le piège des taxes à la consommation qui masquent la baisse de la participation équitable au financement public (école, santé, sûreté, justice, soutien aux plus fragiles…) s’est refermé sur la France et a eu des effets désastreux l’an passé et en aura à nouveau en 2026 !
Le budget 2025 a été en effet vidé de son sens puisque la pagaille politique, les aléas de la géopolitique, les ukases « Schtrumpfiens » et le mépris des élites sûres de leurs choix pourtant destructeurs? ont transformé les prévisions en passoire à recettes. Avec le recul en 2024, c’est effarant : les cotisations sociales : ~33,9 % ; les rentrées de TVA : ~16,8 %; celles de la CSG ~14,3 %; l’Impôt sur le revenu : ~7,3 % et enfin l’impôt sur les sociétés : ~4,6 %…ont été catastrophiques. Tout a été mis sous le tapis et les premiers des sinistres ont valsé sans pouvoir rien faire. Le ramoneur savoyard a capitulé. Bayrou a été pris en grippe avant de retourner chercher fortune à Pau. Les présidentielles exigent que l’on évite d’endosser la moindre responsabilité.
Les débats sur les budgets 2025 et 2026 auront été bordéliques et donc pas conclusives et ont été des parodies de gestion réelle des finances publiques. Le déficit de l’exercice 2025 est annoncé à –168,6 milliards d’euros ce qui n’a pas ralenti l’ardeur du « Voyageur Représentant en Promesses » qui a continué sa litanie de propositions non financées et non finançables si ce n’est par l’emprunt. Il ne s’agit plus de bâtir un budget sincère et véritable mais d’arriver à une différence recettes inadaptables dans leur structuration actuelle, et les dépenses seulement modifiables à la marge dans l’état d’esprit citoyen actuel. Les maux reviennent donc comme les boomerangs sur les crânes d’œuf qui les ont créés. La pression médiatique rabâche les mêmes constats et le temps passe. Eux ils restent en poste et poursuivent leurs erreurs structurelles.
Budget… budget… budget… Impossible d’y croire ! Déconnecté de choix forts rendus impossibles par la situation réelle du pays qui approche de la mise sous tutelle le document ne sera qu’un alibi pouvant permettre au gouvernement actuel d’arriver à la période de « non-dissolution » de l’Assemblée puisque se profilent les municipales. Le contenu budgétaire constitué de mesures de bric et de broc purement circonstancielles ne changera rien au quotidien de celles et ceux qui n’ont plus aucun intérêt pour la mascarade parlementaire. Ils subiront. Ils râleront. Ils protesteront. Ils voteront pour des illusionnistes.
Il existe une phrase célèbre mais bien triste qui se rapporte à ce que le pays vit avec ce mot abstrait pour bon nombre de ses habitants : « les chiffres sont comme les gens. Si on les torture assez, on peut leur faire dire n’importe quoi. » En l’occurrence la séance de torture risque de déborder de 2025 et le VRP continuera à parcourir le monde pour faire oublier sa part de responsabilité dans le discrédit qui s’installe. Il suffirait peut-être inscrire quelque part en conclusion de l’année 2025 « qu’un budget, c’est l’art de prouver que l’on n’a pas les moyens de ses ambitions.» Oui, je sais il n’y a pas que pour l’État que le constat est valable. Inutile de me le rappeler. J’y suis pour rien !
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Pour résumer cette démonstration fort pertinente de notre catastrophique situation, qui semble t-il ne s’arrangera pas de sitôt (si cela est possible un jour…) on peut résumer la situation en peu de mots : « On est dedans (vous voyez ce que je veux dire) jusqu’au cou. »
Bonjour Jean-Marie !
Belle conclusion, Monsieur l’ex-grand argentier départemental … qui, voyant arriver le précipice, a fui, laissant ainsi les dégâts d’une politique absurde aux copains infortunés. Qui a donné le départ et l’élan de la course vers l’abyme ?
Premier (ou dernier?) principe socialiste : en toutes circonstances, être et rester solidaire ! !
Voyons maintenant le budget de l’État … ou ce qu’il en reste, de cette gouvernance par la peur et non par l’effort productif économiquement récompensé.
Tout d’abord, depuis plus de 40 ans, l’insincérité, oui, mais surtout la reconduction tacite des erreurs avec pertes passées : une nouvelle fois, je rappelle la réflexion de mon vieux forgeron à son apprenti : « T’as droit à une bêtise, mais c’est du non renouvelable ! » Il y a plus de 60 ans … ! ! !
Bien sûr, quand on met deux fois un joueur de casino à la tête du pays, il est cohérent que l’addition s’alourdisse.
« Le Mozart de la Finance » qu’ils disaient : bientôt dix ans et, à part le TGV Notre-Dame, on cherche encore les premiers accords de la Symphonie ! Sincèrement, confierais-tu ton bas de laine à ce beau parleur ? Pourtant, tu cèdes l’Avenir de la Descendance à Troupausol … qui n’a jamais manipulé un MAS 36 ! Il est vrai que le va-t’en-guerre n’est pas tout à fait prêt : « Pas si vite ! Il faut que l’on construise un autre porte-avions pour nos merveilleux Rafales » ! !
Un coup de chapeau (une fois, dirait un belge!) au moine de Matignon (congrégation en devenir !) pour avoir refiler le budget aux Assemblées représentatives … sans 49/3, avec malice : « Voilà la Noël, jouez avec la patate chaude » ! !
Encore deux jours et c’est la fin de l’exercice comme dirait le comptable. Pourvu que ce ne soit pas le début de la mise sous tutelle… avant pire ! !
488 au jus pour le grand ouf : l’Espoir fait vivre !
Amicalement
« Troupausol … qui n’a jamais manipulé un MAS 36 ! «
Complétement démodé le Mas 36, comme le FAMAS, des antiquités. En dotation, on utilise le nouveau fusil HK 416( Heckler & Koch), calibre OTAN. Ainsi, si par hasard on se trouve en conflit avec les teutons (peu probable, mais c’est déjà arrivé 3 fois en un peu plus de 150 ans), il faudra acheter notre armement à l’ennemi.
Quels merveilleux stratèges veillent sur notre sécurité.
Amicalement.
Bonsoir J.J. !
Le MAS 36 était l’arme d’entrainement au cours de ma campagne sarrebourgeoise (34RG, Mon Adjudant ! ! !) l’année de la guerre des Six jours. Depuis, ma connaissance militaire des armes s’est étiolée, n’ayant plus qu’à garder mon hameau ! ! !
Cordialement
Non François, l’exercice ne se clôturera qu’après la fin de la « journée complémentaire » qui permettra de boucler les dernières opérations rattachées à 2025.
Ensuite, je suis assez sidéré par ces pleurnicheries sur la « fraude sociale » si dérisoire, et ces raclements de fonds de tiroirs dans un pays :
– qui refile, tous les ans, 270 milliards d’euros aux entreprises sous différentes formes (source l’Obs, Matthieu Aron et Caroline-Michel Aguirre dans un livre intitulé « Le grand détournement ») ;
– quand la fraude fiscale est évaluée de manière assez consensuelle à 100 milliards d’euros par an ;
– quand le chiffre annuel de la corruption en France est évalué à 120 milliards par an (source association Anticor – agréée par l’État !!!).
Alors comme ça, il n’y a pas un petit problème de recettes dans le budget de l’État ?
Engraisser, mettre sous perfusion une aristocratie très peu républicaine, exempter ceux qui peuvent et doivent payer, il n’y aurait pas lieu de revoir un peu la question ?
Laisser l’État étrangler les collectivités, Régions, Départements, EPCI, Communes, jusqu’à quand ?…
Bonjour @ Philippe Labansat !
« la journée complémentaire »! Mais oui, bien sûr ! Quand on aime, on ne compte pas: et une, et deux, et trois-zéro … pourquoi pas ?
Comme vous vous en doutez, j’aime aussi les chiffres; donc, j’additionne 270 +100 +120 =390 milliards en moins dans la colonne Dépenses, n’est-ce pas ? Les résultats ne sont plus en rouge écarlate ! Envolé le déficit 2025 de 178 milliards (environ !) ! Téléphonez vite au moine qu’il reprenne des couleurs et de la vivacité ! !
Pardon … vos voisins font grise mine car leurs usines ferment et leur sibylle est vide. Et oui, toute médaille magnifique a un revers moins agréable ! ! !
Bonne fin d’année … si vous le pouvez ! ! !
Cordialement.
Pardon 490 milliards: encore plus beau ! ! !
Bonjour,
les nuages s’accumulent et les dépenses militaires aussi dans un horizon déjà bien bouché … Ce qui vous en conviendrez ne va pas améliorer les budgets de la maison France.
La dette française considérable (117,4 % du PIB à la fin du troisième trimestre 2025, selon l’INSEE) ne va faire que se creuser. Puisque la France ne s’est pas opposée à l’octroi d’un prêt commun à l’Ukraine de 90 milliards EUR sur deux ans, garanti par le budget de l’UE. Or, en cas plus que probable de non-remboursement, la part de la France serait potentiellement d’une vingtaine de milliards d’euros. De plus, presque simultanément, le méprisant (faisant office de Président) Mac-ronds a endossé la hotte du Père Noël accessoirement pour les ouvriers des chantiers de Saint-Nazaire et principalement pour les industriels de l’armement en annonçant le lancement de la construction du porte-avions du futur pour un montant de 10 milliards EUR sans compter les probables dépassements ni les intérets colossaux produits par les emprunts nécessaires.
Pas grave le budget 2026 sera réputé sincère et merci à vous de ne pas rire.
Bonne journée