Les animaux occupent désormais une place de plus en plus grande dans la vie sociale. Paradoxalement c’est dans une période où ils disparaissent massivement en raison des activités humaines que l’on se préoccupe des conditions de vie de ceux qui se trouvent au plus près de notre quotidien. Les premiers meurent dans l’indifférence alors que les autres font l’objet de toutes les attentions même les plus démesurées. Nous arrivons à une situation politique exceptionnelle puisque un candidat « animaliste » peut espérer dépasser le pourcentage des voix obtenues par un écologiste aux élections présidentielles.
Dans les derniers sondage la représentante des Verts qui serait en lice se situe aux alentours de 3 % quand on évalue à 5 % le score d’une représentante des chats, des chiens et de tous les animaux opprimés ou « martyrisés ». On ne dit pas combien ferait lors de ce scrutin un porte-parole des enfants qui meurent par milliers dans le monde sous les bombes, les balles, les drones, à cause de la famine organisée ou de la pollution de l’eau qu’ils boivent. Pas facile de renverser cette tendance qui bouleverse la hiérarchie des valeurs. N’empêche que le phénomène a tout lieu d’inquiéter. L’animal est l’ami de l’Homme quand l’Homme devient le pire ennemi de l’Homme.
Les relations entre les animaux et les humains occupent donc les esprits et notamment ceux des jeunes générations et des personnes âgées. Des associations exploitent au maximum les erreurs, les déviances, les actes de cruauté dont sont capables certains individus dans leur vie privée ou dans le cadre de leur métier. Derrière chaque téléphone mobile il y a un reporter d’investigation qui sommeille et qui peut se réveiller dès qu’il assiste à un événement exceptionnel dans ce domaine.
La diffusion d’une image, d’une vidéo d’un animal en détresse provoque des remous considérables alors que des gosses qui se battent pour des grains de riz ou de mil, une bouteille de lait, un platée de farine, qui dorment dans la rue ou qui attendent prostrés, couverts de pansements, privés de médicaments et promis à une mort certaine ne génèrent plus l’indignation.
Les dons affluent pour aider les structures d’accueil des « abandonnés » de l’été de plus en plus nombreux mais les départements ne peuvent plus faire face aux dépenses indispensables pour l’accueil des bébés dans des pouponnières de l’Aide Sociale à l’Enfance surchargées. Des milliers de bébés sont retirés d’un milieu familial dangereux (drogue, alcoolisme, violences…) sans soulever compassion ou indignation attentent une prise en charge digne. Pas de soubresauts dans l’opinion.
En fait pour les animaux leurs défenseurs parlent de plus en plus « d’exploitation » (travail, dressage…) et « d’élimination » (poulets, porcs, bovins, moutons). Des mots qui recouvrent des réalités différentes. Des universitaires, des chercheurs, des militants les utilisent pour disqualifier les rapports entre l’Homme et les animaux. Les exemples se multiplient. Leur « utilisation » est dénoncée comme étant inacceptable. Ils entrent dans les écoles, les universités et envahissent des écrans télé où ils trouvent un accueil bienveillant car leurs propos font consensus.
Un cheval de trait, une vache laitière, à la limite une poule pondeuse ou un cochon truffier deviennent des esclaves à libérer. Un immigré exploité ou qui meurt dans un traversée dangereuse vers un espoir de terre d’accueil meilleure, que celle qu’il a quittée; une femme violentée pour être prostituée ne bénéficie pas du même intérêt de l’opinion dominante. Il est plus facile d’émouvoir avec un cheval de course qui tombe lors du saut d’une haie qu’avec un ouvrier du bâtiment tué sur un chantier.
Les oiseaux disparaissent du ciel, des jardins, des champs ; les insectes se raréfient de saison en saison, certains mammifères s’éteignent et des êtres humains souffrent ou meurent dans l’indifférence générale. Le constat est impitoyable. Avec 75 millions d’animaux domestiques, la France est le pays qui en compte le plus en Europe. Conséquence de l’engagement « émotionnel et financier » des propriétaires qui considèrent leur compagnon comme un membre à part entière de la famille, le marché des animaux de compagnie est en pleine croissance et les dépenses ne cessent de croître. Paradoxe extraordinaire dans une période de crise du pouvoir d’achat. C’est une réalité sociologique indéniable.
L’animal de « partage » au quotidien devient un enjeu politique. Il fut une époque que j’ai connue où il fallait déclarer les chiens en mairie et où on acquittait une taxe communale pour chacun d’entre eux. Désormais ils défèquent dans les rues, sur les trottoirs ou dans les pelouses ou les parkings en l’absence ou sous le regard satisfait de leurs propriétaires en toute impunité. Les chats errent dans les rues malades ou affamés. Dans certains quartiers ils sont abandonnés lors d’un déménagement. L’Homme et l’animal forment un couple pour le meilleur et pour le pire. La seule crainte c’est que pour les générations qui arrivent même eux soient remplacés par le téléphone mobile, meilleur « animal » de compagnie.
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Apparemment, le phénomène n’est pas nouveau : notre prof de philo se désolait déjà pour de tout autres sujets (et il y a longtemps !) du « renversement des valeurs ».
« Les chats errent dans les rues malades ou affamés. » et cela sans compter la nuisance potentielle de ces animaux qui sont pour la faune aviaire une des causes de sa disparition.
https://www.charentelibre.fr/charente/l-isle-d-espagnac/il-economise-le-corps-des-hommes-ne-pollue-pas-et-ne-laisse-aucune-orniere-dans-ce-bois-de-l-isle-d-espagnac-les-chevaux-se-chargent-du-debardage-25882872.php
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