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Eté ou pas été : la panne qui change tout

Depuis hier matin après une longue période de doute sur moi-même, je suis à nouveau plongé dans la grisaille de l’impuissance face aux événements extérieurs. Je ne souffre pas l’échec face à ce que je n’arrive pas à comprendre et à résoudre. Je me débats contre la technologie avec une frénésie aussi inutile que dangereuse. Écrire six jours sur sept une chronique n’a d’intérêt que si elle est lue. Or sans que je puisse en connaître la raison le système d’envoi de la lettre d’annonce de sa parution ne fonctionne plus. Les centaines d’abonnés qui me font confiance n’ont pas reçu leur contribution matinale. Et je me sens coupable de ne pas respecter l’engagement pris à leur égard.

Comme dans bien d’autres occasions, alors que rien ne m’y oblige je me mets la pression sur des actions volontaires que bien d’autres considéreraient comme totalement dérisoires. Là pour une raison inconnue, un message m’indique que mon courriel ne peut plus être enregistré alors que depuis des mois tout fonctionnait parfaitement. J’ai beau lire et relire les consignes pour rétablir la situation, tenter de cliquer sur tout ce que je pense susceptible de rétablir le contact, appeler un centre d’aide rétribué à prix d’or, la situation n’évolue pas d’un iota. Cette inefficacité me sape le moral.

Le grain de sable technologique bloque les meilleures intentions. C’est énervant au possible. Le combat permanent entre l’intention humaine et son transfert via la machine ne cesse de s’aggraver. En fait nous devenons tributaires à tous les niveaux de la bonne volonté de l’informatique. Tout devient tellement compliqué que le lien social s’en ressent. Grâce à « Roue Libre », comme je l’ai déjà écrit, un réseau de gens plus ou moins assidus, s’est constitué. Certes les commentaires touchent au texte du moment mais aussi il permet des échanges entre lecteurs. Je crois que l’idée de ne plus contribuer à ces « débats » va me gâcher l’été déjà pas mal perturbé.

Dès ce matin je vais tenter de me mettre en quête du spécialiste susceptible de remettre dans le bon sens ce qui semble aller de travers. Une vraie angoisse. Plus la « panne » est mineure et dans le fond plus elle inquiète. Le diable se niche dans le détail. L’informatique m’énerve. Elle me rend esclave d’éléments que je ne maîtrise absolument pas. Or inexorablement la technologie prend le pas sur la présence ou l’esprit humains. Cet été un exemple en témoigne de manière frappante. La faleuse déclaration de patrimoine immobilier dénote d’ailleurs l’absurdité du monde administratif.

Décider qu’au cœur des vacances se situerait la date butoir pour déclarer la situation de ses biens relève déjà d’un mépris totale pour les citoyens. Alors face à la catastrophe financière qui menace, fiver la limite de réponse à un questionnaire pouvant devenir très complexe pour bon nombre de contribuables au 31 juillet constitue une absurdité supplémentair. Submergés par les appels téléphoniques alors que les vacances et les saignées dans les services publics ont diminué le nombre d’agents, les techniciens des impôts sont au bord de la rupture. Les conséquences de la réforme fiscale locale donnent lieu à un fiasco qu’il faudra des mois à effacer. mais bien évidemment ce sera la faute des citoyens incapables de comprendre des demandes simples.

Jusqu’à la mi-août, que l’on possède internet ou pas, que l’on sache s’en servir ou pas, que l’on connaisse la subtilité des situations de ses biens le passage sous les fourches caudines de la « dématérialisation » s’annonce incontournable. Rien n’a vraiment été prévu pour soutenir les plus démunis face à la pression de cette requête destinée à figer les ressources perçues pas les communes. Les propriétaires ont intérêt à bien réfléchir avant de cocher les cases de l’imprimé électronique ! Ils vont trinquer.

En juillet ou en août il vaut mieux éviter de tomber en panne ou d’avoir besoin d’une personne qualifié. Partout la réponse aux situations de pénurie « humaine » devient identique : utilisez internet ! Consultations médicales à distance ou par téléphone ; assistance de tous ordres via le net ; liens sociaux via les SMS ou les réseaux ; heures de jeux vidéo:  l’été bien plus que tout le reste de l’année les écrans occupent l’essentiel de la vie collective. Difficile d’y échapper.

Si vous lisez cette chronique c’est que vous avez l’habitude de venir chercher votre chronique et c’est pour moi la plus belle des récompense mais il ne faudrait pas que ça dure car mon moral en prendrait un coup supplémentaire. Le rosé ne suffirait pas à lui redonner le niveau qui convient à la période des vacances durables que je pratique avec bonheur.

Cet article a 8 commentaires

  1. christian grené

    Ne te mets pas martel en tête Jean-Marie, ne te flagelle pas à cause de cette foutue informatique dont le nom me répugne autant que les mathématiques quand j’allais encore à l’école. On a tous une « Roue Libre » en tête qu’on passerait volontiers à ce champion que tu es si tu devais t’arrêter sur le bord de la route pour changer de vélo.

  2. facon jf

    Bonjour,
    pas d’angoisse chez moi tout fonctionne je reçois bien la notification du billet du jour que je m’empresse de consulter. lorsque exceptionnellement la notification ne me parvient pas le site est dans mes favoris …
    La mise en place de la dématérialisation se fait à marche forcée avec comme tactique le système de la porte à cliquet. Dès que vous franchissez la porte impossible de faire marche arrière la porte est bloquée par le cliquet. Nous pouvons tous observer dans différents domaines la mise en œuvre de cette tactique, l’exemple le plus coûteux est celui de l’inflation. Dès qu’une baisse de production, occasionnelle ou non, apparaît le prix du produit augmente et ne revient JAMAIS à son prix d’origine. En fait pourquoi baisser le prix puisque le produit se vend quand même et même si le volume se réduit les marges augmentées artificiellement font plus que compenser la quantité. Tout va dans ce sens qui caractérise pleinement le MÉPRIS GÉNÉRAL des élites pour les citoyens lambda. La culpabilisation est un des leviers essentiels de la stratégie globale que l’ont peut qualifier de « marche ou crève « . La culpabilisation des pauvres se manifeste sous le vocable admis d’assistés -ou de « cassos  » dans le cercle du off ( les sans dents!!)-. La culpabilisation des récalcitrants à l’informatique est en cours qualifiant de vieux ou d’inadaptés les ultimes résistants . Le coût des maisons  » France service » n’est encore que murmuré mais il est clair que dans la stratégie globale elles sont appelées à disparaître à grand coup de trompes dénonçant ce faramineux gaspillage d’argent public.
    La culpabilisation s’insinue partout dans notre quotidien toutes nos consommations en sont la cible, température des maisons, consommation d’eau, consommation de viande, consommation de boissons alcoolisées ou sucrées … TOUT Y PASSE pour obtenir le nouveau, nouveau, nouveau citoyen flexible et malléable à volonté. Un citoyen capable de s’écrire une autorisation datée et signée pour pouvoir circuler!!!
    Pour ceux qui suivent l’actualité je déterre ce souvenir : Mac-ronds le 28/11/2017 se moque du président du Burkina qui quitte la pièce … Depuis cette plaisanterie la France se fait virer à coups de pompes dans le c.l de l’Afrique laissant la place aux Russes. Notre Méprisant de la ripoublique est vraiment un fin stratège.
    Le mépris pour politique de fond atteint ses propres limites !! Comment les dirigeants de ces pays d’Afrique ont ils ressenti le fait que leur homologue soit traité moins bien qu’un laquais par le représentant de l’ancienne puissance coloniale ?? Les cinq dernières années ont apporté la réponse.

    Les GJ ont été enterrés trop vite, ils réapparaîtront sous une autre forme ou alors les siècles de lutte pour le progrès seront engloutis.

    bonne journée

    1. J.J.

      « Depuis cette plaisanterie la France se fait virer à coups de pompes dans le c.l de l’Afrique ».
      Les carabistouilles de la soit disant décolonisation, la Françafrique(le nom est beau, on peut lire aussi France à fric), l’ami Focard, l’éminence grise et sinistre de mon général avaient bien préparé les terrain.

    1. J.J.

      Merci de rappeler ce « petite » incident », où les petit insolent n’a pas compris la leçon de dignité qui lui était offerte.
      Effectivement il y a des coups de pied au c.l qui se sont perdus !

  3. J.J.

    « Les propriétaires ont intérêt à bien réfléchir avant de cocher les cases de l’imprimé électronique ! »… car les desseins d’en haut sont impénétrables.

    Mon appartement mesure, d’après les actes d’achat X m2, partagés entre la partie habitée et une cave au rez de chaussé de 4 m2. Jusque là tout va bien. Mais dans la déclaration que j’ai dû approuver, sur la partie « habitation », la terrasse, une surface de quatre m2 a été retranchée pour former une nouvelle pièce qui portera désormais le très poétique titre de « pièce de pur agrément »(qui oserait prétendre que les gens de Bercy n’ont pas le sens de la formule ?).
    J’aurais bien posé la question au service concerné si les « lignes » n’avaient été saturées, en demandant : « Qu’entendez vous par là ? »
    On m’aurait probablement répondu comme le Sâr Rabindranath Duval (1957, Pierre Dac) : « Par là je n’entends rien ».
    Jai donc coché la case. Je doute que cela me procure une baisse substantielle de la taxe foncière.
    J’entendais il y a quelques jours un finaud vantant la « dématérialisation des pièces d’identité » : « Vous aurez tout sur votre « smartphone » ( à condition d’en avoir un et de savoir s’en servir), comme ça si vous oubliez votre portefeuille chez vous, vous ne serez pas démuni. »
    Et l’envie de l’interpeller d’une épithète malsonnante : »Et si t’oublie ton téléphone, hé (censuré)!
    À moins bien sûr de se faire greffer son téléphone à l’oreille, ce qui ne saurait tarder.

  4. Gilles J.

    Comme j’apprécie ta prose et les commentaires qui sont toujours pertinents!
    Je ne reçois pas ton alerte journalière car c’est moi qui ait fait un bug en appuyant trop tôt sur la touche « spam » il y a un certain temps! Cela confirme tes propos concernant l’informatique…
    Mais peu importe, « Roue Libre » est dans mes favoris.
    Cependant, non seulement la situation s’aggrave et si cela continue, cela sera ingérable et nombre d’entre nous risquons de faire les frais (à tous points de vue) de la situation.
    Allez, bonne journée quand même grâce au petit rosé au frais!
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