Missiles, drones, bombes,armes…. Guerres, terrorisme, attentats, affrontements, violence s: les mts qui tuent !… Le temps d’une soirée (1) Louise Marie chanteuse québecoise a installé une bulle d’amour et de paix dans la salle de l’espace culturel créonnais. Une gageure face aux flots de l’actualité ressassée déferlant sur une société angoissée. Sorte de « mésange noire » fragile elle milite en chantant pour ce « mouvement de la Paix » qu’elle a créé et qu’elle promeut au Canada et en France. Ce sont d’autres mots qu’elle utilise pour aapaiser et faire évader de cette prison médiatique construite par les Hommes pour les Hommes.
Son militantisme n’a rien de politique mais se veut poétique. Il ne cherche pas à convaincre mais à imprégner de valeurs paisibles avec un répertoire soigneusement choisi. Elle témoigne d’un courage exemplaire en affrontant les bataillons d’idées reçues avec comme seule arme les mots et des airs connus revisités avec talent par Salvador Chavajay pianiste originaire du Guatemala.
La colombe n’est pas blanche puisque Louise Marie est de noir vêtue. Elle laisse couler vers le public une voix cristalline comme cette eau pure qui s’écoule des neiges de son pays aux premierx rayons de soleil. Elle chante par passion. Et ça se voit. Possédant une formation classique de soprano elle la met au service de ses convictions avec simplicité et sincérité. Son tour de chants connus et reconnus décline d’abord les différents aspects de cet amour qu’elle porte en elle. La Québecoise respire quand elle chante la sérénité, la tendresse donnant ainsi à ses interprétations une force inégalable. Chaque interprétation porte sa touche personnelle sans jamais trahir l’esprit originel de l’œuvre choisie. Ses déclinaisons de « l’amour racine » selon elle de la Paix réchauffent les cœurs et mènent à une déflexion globale.
Avec humilité Louise Marie se lance sur les traces de plusieurs grands succès éternels ou moins connus et en sort chaque fois la « substantifiuqe moëlle » leur donnant la dimension souhaitée pour son « œuvre pour la Paix ». Les « moulins » de Michel Legrand illustrent d’entrée son souhait militant exprimé en fin de soirée. Chaque chanson sera en effet pour elle « comme une pierre que l’on jette dans l’eau vive d’un ruisseau qui laisse derrière elle des milliers de ronds dans l’eau » noire d’une opinion publique intoxiquée par la violence.
Son « hymne à l’amour » délivré sans emphase a renforcé cette sensation que la fragilité féminine constitue dans le fond un atout précieux face à la force et la fureur. De son interprétation dépouillée, mesurée mais profonde se dégage l’impression que la volonté de se battre sur les terrain des valeurs, de la tolérance, de la sincérité reste un atout précieux que plus personne n’ose utiliser. La « mésange et le piaf » font cause commune face aux faucons et aux vautours qui planent sur le monde. Il faut un sacré courage et une solide confiance en son idéal pour entamer pareil face à face. Barbara lui offre alors avec un « Göttingen » ciselé la possibilité de démontrer qu’il y a toujours des perspectives de réconciliation après un conflit. A chacun de les voir.
Louise Marie joue aussi la carte de l’honnêteté avec la « chanson d’Hélène » que Romy Schneider a laissé à la postérité dans le film « Les choses de la vie ». « Rien n’est parfait dit-elle en la présentant il y a aussi des moments difficiles dans l’amour ». Elle se rattrape aussitôt avec une douceur généreusement distribuée grâce aux « mots bonbons » de « Mistral gagnant » empruntés à Renaud. Émouvant. Magistral.
La Québécoise joue sur la corde sensible avec l’appoint des trouvailles musicales de son pianiste « salvateur » qui insère des extraits d’œuvres classiques dans l’accompagnement musical ou avec la profondeur envoûtante du violoncelle tenu par Julie Lavoie. Elle donne mais n’impose rien. La parenthèse strictement instrumentale sur le « Libertango » d’Hector Piazzolla donnée par le duo de ses compagnons de Paix et son « Ave Maria » léger et cristallin offrent des pauses de réflexion et même de méditation.
Aucun discours enflammée mais un constant partage avec le public de ce en quoi elle croit. La création artistique portée par son site où elle recueille des initiatives contribue partout à réunir les Hommes. Elle décline son féminisme avec une pudeur inhabituelle, un parler vrai plus puissant que bien des actes réputés spectaculaires. Ce but de femme n’ayant qu’une légère pointe d’accent de son pays natal magnifie la chanson en langue française et tuent les mots qui tuent. « Les vieux amants » de Brel ou « Lily » de Pierre Perret contribuent à ce plaidoyer pour l’intelligence, la tolérance et la communication entre les êtres. Autant de valeurs dont le quotidien nous prive.
Louise Marie Beauchamp artiste pour la Paix 2026 au Québec allie une qualité d’interprétation rare grâce à une voix prenante, pure et intense, une présence bienveillante et une sincérité réconfortante. Dans la période actuelle grâce à elle j’ai eu la sensation de me plonger dans l’eau transparente, bienfaisante, réconfortante d’un idéal devenu très rare : celui de la Paix extérieure et intérieure. Il m’a « suffit d’aimer » contrairement à ce qu’a écrit Goldman pour Céline Dion pour être convaincu que ce combat reste le plus beau.
(1) Concert caritatif organisé par le Lions Club de Bordeaux Entre-Deux-Mers
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Une telle pureté, une telle leçon d’amour universel peut elle être de quelque poids face à la horde sauvage qui hier a ovationné une personne convaincue d’escroquerie au détriment des finances publiques, aux projets liberticides, héritière d’un lourd passé ineffaçable et impardonnable, et du menteur avéré qui lui est associé ?
Heureusement, oui , il existe encore des êtres capables d’apprécier et de tenter de pratiquer ces valeurs mais l’avenir reste bien incertain.
Bonjour,
puisqu’il est question de chansons et de poète je voudrais rendre hommage à Étienne Roda Gil qui écrivit » Utile » entre autres de ses productions:
À quoi sert une chanson si elle est désarmée? »
Me disaient des chiliens, bras ouverts, poings serrés
Comme une langue ancienne
Qu’on voudrait massacrer
Je veux être utile
À vivre et à rêver
Comme la lune fidèle à n’importe quel quartier
Je veux être utile à ceux qui m’ont aimé
À ceux qui m’aimeront
Et à ceux qui m’aimaient
Je veux être utile
À vivre et à chanter…
Voici l’éloge funèbre de ce grand homme méconnu du grand public rédigé par la Confédération Nationale du Travail Paris, le 1er juin 2004 à retrouver ici https://www.bellaciao.org/fr/Paroles-libertaires-un-recueil-prepare-par-Etienne-Roda-Gil
communiqué :
Mort d’Etienne Roda-Gil :
La CNT salue la mémoire d’un compagnon.
Etienne Roda-Gil, auteur-compositeur, s’en est allé aujourd’hui et avec lui, c’est un peu de notre histoire que nous perdons.
Ses parents, Leonor Gil et Antonio Roda, connaissent les luttes ouvrières de Badalona, dans la banlieue industrielle de Barcelone. Militant de la CNT, Antonio Roda fut, pendant la guerre civile, commissaire général des armées de l’Est, avant de devoir fuir le fascisme de Franco. Réfugié en France en 1939, le couple connaît les persécutions et les privations ; Leonor donne naissance à leur fils Etienne à Montauban, en 1941. Le père d’Etienne sera, en France, peintre dans un garage et mourra d’un cancer du poumon, dû aux vapeurs toxiques. Etienne ne quittera plus sa famille idéologique : libertaire, familier de cette « mémoire des vaincus », et de la répression franquiste qui a poussé ses parents à l’exil, il participe au congrès de la CNT espagnole en exil, en 1961, à Limoges. C’est à cette occasion qu’il dépose à Oradour-sur-Glane, en compagnie de notre compagnon Joaquin Delgado, une gerbe en souvenir des victimes du nazisme. Il ne savait pas encore que Joaquin serait garrotté dans la prison de Carabanchel à Madrid, deux ans plus tard, victime innocente d’un franquisme meurtrier et aveugle…
Etienne Roda-Gil fréquentera aussi les situationnistes. Sous les bannières rouge et noir de la CNT, il fut de ce Premier Mai 2004 comme de ceux qui l’ont précédé, ravivant cette mémoire ouvrière qui, unie, fit vaciller tant de dictatures… A l’ombre du parolier qui connut tous les succès, l’âme du libertaire et le coeur de l’anarchiste saignaient. Sa chanson à la mémoire des Makhnovistes, libertaires ukrainiens écrasés par les « rouges » dans les années 1920, nous revient plus forte encore…Ce soir, « nos drapeaux sont noirs dans le vent, ils sont noirs de notre peine, ils sont rouges de notre sang… »
Ensemble, nous referons des barricades. Et la même utopie nous portera. (fin du communiqué de la CNT)
Etienne Roda Gil malgré la réussite de son talent est resté fidèle à ses racines libertaires.
« La Pensée libertaire* n'est pas un fourre-tout où n'importe quel médiocre peut trouver un onguent pour les plaies que la société autoritaire lui inflige. C'est une forme de messianisme sans Dieu qui croit que l'homme est capable de se reconnaître dans son semblable et d'établir par là, avec lui et elle, une communauté solidaire capable d'en finir avec toutes les idéologies. Essayer le paradis, ici... » — Préface à Paroles libertaires, 1999
Bonne journée
*Le terme libertaire désigne les personnes, courants, mouvements, structures et organisations qui prônent la liberté individuelle comme valeur fondamentale, et qui de ce fait rejettent toute forme d’autoritarisme politique dans l’organisation sociale[1] ou la vie privée. source wiki