Hier matin après la publication de ma chronique sur l’accentuation de la disparitions des repères j’ai reçu une remarque d’un camarade de promotion d’École Normale ayant accompli une carrière de haut-fonctionnaire au ministère de l’Agriculture à Paris, élu de gauche dans la banlieue parisienne et fils d’un Hussard de la République bénéficiant d’une reconnaissance unanime pour sa droiture et son dévouement il m’envoie un commentire laconique.
Voici ce qu’il m’a écrit : «Bonjour Jean-Marie, Tes analyses sont intéressantes, certes. Mais à mon avis il n’y a pas besoin d’en rajouter dans la désespérance, un jour comme aujourd’hui, en disant que toutes les valeurs se sont écroulées ».. Il a probablement raison. En ce moment je doute chaque soir du contenu de ce que j’écris. J’ai toujours bien du mal à me lancer dans une critique ou une analyse du contexte politique, social ou sociétal dans lequel on vit. Je n’arrive pas en effet à trouver des raisons d’être optimiste ou simplement moins pessimiste.
Mon copain ne fait que confirmer la question que je me pose : dois-je sans cesse alerter, inquiéter ou interroger sur l’avenir? Il vaudrait mieux que je me contente de rester sur du factuel et donc abandonner les modestes analyses des causes de séisme politique qui se prépare. C’est vrai je préférerais évoquer l’écume du quotidien et ne pas me pencher sur les racines du mal. J’en « ajoute à la désespérance » et j’en sui conscient et navré. Je n’arrive pourtant pas à faire d’autres constats que ceux que je livre à votre réflexion. Je me torture l’esprit pour tenter de prendre le contre-pied de cette tendance mais je n’avance pas sur le chemin vers l’espoir.
Tenez dans la chronique dont parle mon ami pour qui j’ai amitié et confiance je signalais que la valeur « liberté » était en ce moment très malmenée. C’est un constat que je regrette. J’aimerai tant pouvoir écrire que je me suis trompé et que je ne vois que le mauvais cotés des décisions du pouvoir en place. Or dans la journée de hier le Président de ce qu’il va bientôt rester de la République annonce qu’après les couvre-feux sélectifs on en est arrivé aux interdictions pures et simples des manifestations. En effet il a annoncé que seuls les organisations agréées pouvaient désormais organiser des rendez-vous protestataire sur l’espace public.
« Les gens qui veulent continuer à manifester, quand ce sont des organisations syndicales, les préfets proposeront des tracés alternatifs. Quand ce ne sont pas des organisations syndicales, partout où on le peut, on interdira », a annoncé le président. Lorsque des demandes de manifestations seront « faites par des gens qui n’ont aucune légitimité pour cela, elles seront interdites par les préfets, parce que ce n’est pas le moment, parce que nous voulons un retour au calme », a insisté le chef de l’État. Il est sorti de son champ de compétence. Aussitôt les réactions ne se sont pas faites attendre.
Sur France Info.fr les juristes spécialistes du droit administratif ont réagi « C’est incroyable comme déclaration. Emmanuel Macron sort complètement de son rôle constitutionnel qui ne lui confère pas le soin d’assurer l’ordre public », affirme Paul Cassia, professeur de droit à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Il n’est ni ministre de l’Intérieur, ni préfet. » »Il vient d’enterrer la liberté de manifester » ajoute Serge Slama, professeur de droit public à l’université Grenoble Alpes. L’association de défense des libertés constitutionnelles et le Syndicat de la magistrature ont dépose un recours reprochant au président de la République ses propos demandant que seules les manifestations organisées par des syndicats soient autorisées dans les prochains jours.
En fait il essaie simplement d’effacer son absence sidérale pendant les événements qui conduisent à cette décision. Et même s’il souhaitait cette disposition il lui suffisait de demander au Premier Ministre de l’annoncer et de la mettre en œuvre. Que le garant de la liberté d’expression entre toujours plus dans le concert des interdits me pose problème.
Actuellement on approche du contenu de « la Solution » un poème de Bertolt Brecht dont la conclusion est résumée dans cette formule : « puisque le peuple vote contre le Gouvernement, il faut dissoudre le peuple ». Je voulais trouver une raison d’espérer et je me reprouve encore plus en difficulté pour l’être. J’ai toujours cru et j’ai toujours lutté pour un monde de progrès, de responsabilité citoyenne et de respect des valeurs républicaines. A bientôt 80 ans je souhaiterais continuer à y contribuer. Surtout au moment où je tape sur ce clavier puisque l’un de mes deux petits-fils a eu 20 ans.
Il sert son pays comme second maître sur un navire de la Marine Nationale. Que dois-je lui dire ? Qu’a-t-il connu à ce jour de positif ? Les crises succèdent aux crises. Les rêves se brisent sur le mur de l’argent. La planète sur laquelle il se trouve et les mers notamment sur lesquels il navigue affolent les gens lucides. Pour payer son salaire la France qu’il sert emprunte à l’étranger.. et rien ne dit qu’il pourra recevoir sa solde dans l’avenir. Je voudrais tant lui offrir des lendemains qui chantent. Oui Alain ce n’est pas le moment d’écrire que tout fout le camp et que nous sommes poussés vers les sables mouvants bruns et nauséabonds. J’en conviens. Alors silence.
En savoir plus sur Roue Libre - Le blog de Jean-Marie Darmian
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
Bonjour Jean-Marie !
Allons, allons, La Classe, ce matin, on désespère, parce qu’ hier, t’as attrapé qu’un commentaire, résultat d’une journée trèèèès occupée des commentateurs retraités et autres ! « Un grand garçon comme toi avec la Légion d’Honneur … et l’artériosclérose ! » (J. Baudoin). « Sourire mobilise 15 muscles, mais faire la gueule en sollicite 44. Reposez vous : souriez ! » (Christophe André). On a le moral dans les chaussettes : c’est certainement le moment de les enfiler et d’aller vagabonder autour de la Lapébie. La forêt est vivifiante et, joyeuse, elle t’offre même ses excellents symboles de l’automne que ta poêle attend avec impatience ! (N’oublie pas tes lunettes vertes pour traverser l’ex-richesse de l’Entre Deux Mers : tu risques l’anti-dote ! !)
Là, ça va déjà mieux, n’est-ce pas ?
À plus tard ! !
Amitiés.
Oui, la citoyenneté est éparpillée, façon puzzle, chez un certain nombre (inconnu) de citoyen(ne)s que tout concourt à tenir éloignés les un(e)s des autres.
Le chef du parti aristocrate a réussi à se faire confier les commandes de l’État… par ceux qu’il est en train de mépriser, malmener, matraquer.
Eh oui, le « coup d’État permanent » de nos institutions, permet bien des choses à un aventurier, encouragé par sa classe et pour le plus grand profit de sa classe.
Malheureusement, on est en train de le constater, ça peut aller jusqu’à démanteler l’État, ses piliers et ses principes fondateurs.
Il y avait pourtant eu nombre de signes avant-coureurs, dont le moindre n’est pas le choix. d’un premier ministre parmi les grands perdants des élections, 46 députés, face aux 281 de ceux qui avaient obtenu une majorité relative.
Où allons-nous maintenant dans ce pays désemparé, désorienté, abusé, trompé, intoxiqué, qui a si peu de goût pour la démocratie, pour l’avoir si peu revendiquée et si peu pratiquée.
J’ai bien peur que sous une forme dure ou édulcorée, ce soit le fascisme…
Re-b… Jean-Marie !
Et oui, ça va mal, même très mal ! Mais vu notre position sur l’escalier des décisions, on ne peut que fermer les yeux … en pensant au vieux proverbe de mon Pépé : « Rien ne sert de serrer les fesses quand tout est dans le pantalon » ! !
Certains parlent de la tentation de Venise mais pour aller où ? Si cela peut te rassurer, moi aussi, souvent, je ferme le journal ou je joue avec la zapette mais c’est presque « plat du jour » … unique ! ! !
La fin des libertés mise en place par un soi-disant socialiste car le méprisant est bien du sérail issu du 10 Mai 1981 ? Tu te rappelles, J-M, les « on-a-ga-gné , on-a-ga-gné » : maintenant que les roses sont fanées, il ne reste que les épines et c’est « on-l’a- dans-le-c… ». Dans les amphis ou dans les livres, c’est « beau » le socialisme ! Mais, après 45 ans, c’est une … matière nauséabonde qui a bouffé le bénéf des prédécesseurs et nous amène aux portes de la guerre ! Toi qui possèdes un bon vécu pro et intellect, tu devrais être vacciné pour ta fin de vie … malgré le cadeau à ta descendance mais je crains que tu en redemandes ! !
Que nous réserve cette fin de règne dont, comme pendant mon S. M., je coche les jours ? Je crains le pire surtout dans le mois autour de « l’armistice ».
Mais le pire du pire (qui se dessine tel le monstre du Loch Ness!) serait la continuité du méprisant par … un mot en 9 lettres commençant par un D et finassant par un E ! À vos dicos ! ! !
Plus que 189 au jus … en principe !
Amicalement