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Léo le « Messi » qui marche sur le gazon de la légende

Pour un presque quadragénaire le Messi argentin sait parfaitement que rien ne sert de courir mais qu’il faut être là à point pour donner le coup de patte qui met à mal l’adversaire. Il se comporte exactement à l’opposé de tous les autres joueurs présents sur le terrain. Lui il marche, il trottine mais il ne court pas ou peu, ne paticipe pas aux autos-tampons sur les autres. Sorte de lutin égaré dans un monde de brutes, l’Argentin joue la force tranquille du gars qui en a vu bien d’autres et qui guette sa proie sur son territoire. 

Il regarde ce qui se passe autour de lui avec détachement certain que tôt ou tard il aura l’opportunité de faire parler son talent. L’attente lui pèse. Il voudrait que les ballons viennent à lui plus souvent pour qu’il les transforme en munition mortelle. Ses équipiers engagés dans une intense guérilla ne lui offrent que des miettes. Il s’en contente. il les boniie. Il les améliore. Il les transcende.

Malmené par ceux qui ont été proposés à la garde de son corps, le capitaine des Gauchos parvient à se faufiler entre eux pour ouvrir des espaces, pour créer l’improbable. Léo rejoint les avants-postes à pas comptés cherchant le « trou » dans lequel il pourrait s’infiltrer. Dans le fond ce que l’on pourrait prendre pour de la suffisance ou même de l’indifférence lui permet de se faire oublier pour en une fraction de seconde surgir comme un diable de sa boîte. La soudaineté et la vitesse de ses interventions accentuent l’efficacité potentielle de Léo la menace. Un puma qui surgit de l’ombre dans leqquel il se plaît durant de longues minutes. 

L’intensité de l’affrontement avec les Anglais lui a valu quelques éclats collatéraux. Sauf que s’attaquer à un « Messi » provoque l’ire du stade et plus encore des réactions menaçantes à l’égard de celui qui a commis un « crime » de lèse-majesté. Les fautes pleuvent comme à Gravelotte sous l’oeil indulgent d’un arbitre probablement habitué au football américain. Lui, l’artiste se retrouve sur le rectangle vert d’un ring géant où tous les coups plus ou moins tordus sont permis. Il ne désapprouve pas. Il regarde de loin et bénéficie du statut d’intouchable puisque le premier qui le maltraitera prendra un jaune ne le faisant pas rire. Sa qualité principale est la patience : un ballon finira bien par passer à sa portée pour qu’il réalise le miracle de le transformer en avantage décisif. Il le sait et il a la sagesse d’attendre.

Lorsqu’à la mi-temps un zéro-zéro donne deux yeux morts au tableau d’affichage, Messi n’a pas besoin de solliciter une audience auprès du corps arbitral. Il se permet de sermonner l’homme en rouge, de l’interroger, de le déstabiliser en lui réclamant des comptes sur sa direction du jeu. L’Argentin jouit d’une statut particulier. Léo 1° dans tous les domaines a quelques privilèges. Dans le fond il est le seul survivant des stars de ce mondial et il en proite. Tous les autres sot tombés au front.

Quel est d’ailleurs ce « Flash Gordon » qui vient lui ravir son espoir d’être le seul cador à atteindre la finale ? Il jette un regard inquiet au chronomètre pour mesurer le temps qu’il lui reste pour renverser une situation défavorable. L’Argentine plonge dans le doute. Les Anglais ont tiré les premiers. A lui de reprendre l’initiative, de mener la bataille, de renverser le sort et d’éviter ce qui serait considéré comme un affront. Dès qu’il se saisit d’un ballon il le valorise pour le collectif sans pour autant obtenir de ses troupes des gestes décisifs. Les minutes filent. Il prendu du recul pour éviter la barricade anglaise. Il attend le bon moment. 

Le rêve d’une nouvelle couronne mondiale s’estompe. Même le sort semble contre eux. Un poteau refuse l’égalisation. Messi cherche, cherche, cherche une faille, une fissure dans la carapace anglaise. Il lève là nouveau les yeux vers le panneau d’affichage. Une passe décisive pour Fernandez, un frappe fulgurante de son vassal et l’espoir revient. Léo a le regard sombre du tueur. Il lui faut achever ces « Trois Lions » qui se se contentent désormais de rugir à l’entrée de leur tanière.

A quelques minutes de la fin la Poulga ajoute une onzième passe décisive, une offrande millimétrée, un bijou de haute précision qu’une tête opportune de Lautaro convertit en but d’une victoire du courage et de la volonté. Fabuleux. Un remontada inimaginable propulsait en finale puisque toute l’équipe ne pensait qu’à ça. Messi a atteint le sommets une fois encore. Il a changé l’eau boueuse du combat de tranchée en un nouveau grand cru argentin. 

Le vieux prince terme le nez dans le gazon sur un agacement anglais. Ce n’est plus qu’une question de secondes. La délivrance arrive. Les bras levés au ciel Messi seul au milieu du terrain reçoit les acclamations d’un public d’une terre en feu. Ses apôtres en maillot ciel et blanc le serrent tour à tour sur leur cœur. Il vole d’accolades en embrassades avant d’aller saluer ses fidèles en extase. Porté en triomphe la Poulga a terrassé en deux coups de griffes ce qui se voulait être une forteresse renforcée alors qu’elle n’offrait qu’une résistance de plus en plus faible à la pression argentine.

Mélange de magicien, de créateur, de chevalier, de tueur à gages, Léo Messi entre encore plus dans la légende de ces faiseurs de miracles ayant sauvé les situations les plus désespérées. Il lui reste à recevoir sa seconde Coupe du Monde face à l’Espagne, le pays où il s’est épanoui, à tout appris et auquel il a tant donné. Il pourra ensuite envisager sa retraite. Mais sait-on jamais… les légendes ne meurent jamais. 

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Cet article a 2 commentaires

  1. François

    Bonjour Jean-Marie !
    Bel hommage venant d’un toujours fin connaisseur du « bel ouvrage » … même si les cheveux ont blanchi ! ! !
    Que dire de plus si ce n’est que, mardi soir, à la 58ème minutes, j’ai repris mes mots croisés ! Hier soir, deux équipes qui JOUAIENT un joli football (une, j’ai cru revoir les Brésiliens de notre jeunesse) m’ont réconcilié avec le foot.
    Amicalement.

  2. Gilles Jeanneau

    Tout cela est très juste!…
    Allez, bonne journée quand même avec un bon Clairet de Quinsac au déjeuner …

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