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Le duel télévisé à distance entre le foot et le rugby spectacle

Le football envahit la vie quotidienne depuis les USA. Des dizaines de matchs ont déjà été diffusées et le début de la compétition devant déboucher sur la finale mobilisera encore plus les esprits. Les audiences n’atteignent pas des records mais elles placent M6 souvent en excellent position lors de la diffusion des rencontres de l’équipe de France. Globalement les Bleus tournent autour de 14 millions de téléspectateurs ce qui est considérable compte tenu des horaires de diffusion. La chaîne effectuera c’est certain au prix des spots publicitaires nombreux qu’elle a commercialisés une excellente opération financière. D’autant que le phénomène d’attractivité du Mondial touche l’ensemble des rencontres proposées.

Le match d’ouverture entre le Mexique et l’Afrique du Sud a réuni davantage de téléspectateurs (4,9 millions) qu’il y a quatre ans lors du Mondial au Qatar. Sur les neuf premières rencontres proposées depuis le début de la compétition le choc entre le Brésil et le Maroc diffusé à minuit, reste une excellente satisfaction pour la chaîne, avec 1,7 million de Français, soit 38 % du public « ordinaire ». Un score supérieur aux programmes de 21 heures de TF1 et France 2 ce soir-là. Belgique-Egypte (programmé à 21h) a réuni 4,1 millions de téléspectateurs, alors que Canada-Bosnie (diffusé le 12 juin à 21h) et Allemagne-Curaçao (diffusé dimanche à 19h) ont attiré 3,3 millions de suiveurs. Il est certain que France-Suède mobilisera encore plus de téléspectateurs en raison de son enjeu.

Durant la saison écoulée les audiences du football « ordinaire » ont été souvent en baisse alors que le handicap des horaires n’existe pas. Le grand bénéficiaire des retransmissions sur le même laps de temps aura été en 2025-2026 le rugby du Top 14 avec des records très loin de ceux du foot. Avec 3,76 millions de passionnés lors de la finale entre Toulouse et Montpellier diffusée sur France 2 auxquels il faut ajouter 1 million sur Canal + ce rendez-vous n’a cependant pas été extraodinaire. Ce sont seulement de bons chiffres pour ce type de rencontre. Le seul vrai problème c’est la qualité du spectacle offert samedi soir. Le rugby n’en sort pas grandi.

Autant l’UBB avait soulevé l’enthousiasme lors du rendez-vous de Bilbao face au Leinster et avait constitué une vraie « promotion » du jeu, autant celui de samedi soir a certainement déçu bien des non-supporteurs toulousains. C’est un constat ! Derrière les commentaires traditionnels de victoire ou de défaite, pointent de nombreuses remarques sur la qualité du jeu et sur le contenu du match. Ce fut un affrontement teinté de violence, uns suite de séquences âpres et parfois confuses, une répétition de schémas tactiques méticuleusement préparés. Il n’y a eu aucun véritable éclair dans cette succession de face à face d’« autos tampons » surpuissantes. En plus l’intermède orageux à rompu la continuité d’un match dont le seul intérêt reposait dans le score assez serré.

Même Antoine Dupont a trouvé l’ambiance terne et moins enthousiaste que celle des finales antérieures en raison peut-être du manque de suspense autour du succès toulousain. « Dans certaines réactions dans les tribunes, on voit qu’il y avait plus d’ambiance il y a quelques années, mais nous, on le prend comme le premier. Il faut mesurer la chance qu’on a d’être ici tous les ans et de gagner quatre ans d’affilée, c’est incroyable. On ne se rend pas forcément compte de ce qu’on a fait aujourd’hui, et tant mieux car ça nous motive pour les années à venir, mais il faut savourer. On ne fait pas le match de l’année, mais on s’en fout, c’est un Bouclier de plus. Ça marque notre génération dans le club et dans le rugby français. » a-t-il déclaré. C’est peut-être de tels propos qui risquent de détourner des spectateurs du rugby. Le réalisme et le pragmatisme ont pris le pas sur le plaisir de jouer et l’improvisation que j’avais ressentis avec l’UBB et parfois avec le Stade Toulousain. 

Parfois on approche dans les comportements ou les méthodes du « football américain ». Les protocoles commotions se multiplient; les arrêts sur blessure sont nombreux; les actes limites s’intensifient. Le meilleur sur la pelouse a été pour moi Willis capitaine exemplaire, combattant de chaque instant et illustration de ce qu’est le rugby moderne usant, exigeant, dur, puissant mais à échelle humaine. La vraie question c’est sa capacité à absorber sa débauche d’énergie exceptionnelle dans la durée. Ce British possède une santé qui laisse admiratif. Au sein de la « machine » toulousaine c’est « l’homme de fer » mâtant les révoltes du camp adverse ou ouvrant des brèches dans les défenses mais il ne fait pas rêver. Il y a bien Dupont mais désormais il semble davantage préoccupé par le boulot bien fait et pas nécessairement pas l’exploit tonitruant. L’émotion s’est évaporée! 

Le football et le rugby par retransmissions interposées s’affrontent donc en Juillet. La Coupe des Nations dans l’hémisphère sud et le mondial américain dans sa « tranche » terminale se retrouvent en concurrence. Il sera intéressant dans trois semaines de revenir sur les audiences. Deux visions de la société s’affrontent à travers ces spectacles sportifs de plus en plus proche des jeux du cirque. Plu celui des arênes mais celui des médias.

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Cet article a 2 commentaires

  1. Philippe Labansat

    Zéro match de foot regardé, et ça ne changera pas pour la suite.
    Oublié la finale de rugby, comme j’ai zappé toute la « phase finale », que je trouve sans âme et sans intétêt, en regard des tableaux finaux par élimination directe d’autrefois, et les migrations colorées des supporters de toute la France de l’époque.
    Parfois, j’enrage devant les modes de jeu stéréotypé, où je m’ennuie ferme, et j’imagine des transgressions triomphant de tous les standards de modes de jeu.
    Enfin, je reste le marbre par rapport à l’équipe toulousaine, tout en me demandant comment ils ont réussi à avoir trois équipes de Top 14 en une seule dans leur effectif.
    Sûrement une question de pognon, normal en sport professionnel…

  2. J.J.

    Je vous prie de bien vouloir m’excuser si je casse l’ambiance, mais le foot ball, pour moi, c’est comme la canicule, ça sature ! Passe encore la retransmission des matchs que l’on est pas obligé de regarder, mais aux heures des infos, même en changeant de chaîne, entre élucubrations sur le prochain match, ou propos dithyrambiques ou funèbres à propos des résultats, on ne peut avoir d’autres sujets pendant un bon moment (il est vrai que si l’alternative est de voir la tronche à Ciotti ou quelques autres de ses comparses, il vaut mieux rester au foot).
    Enfin c’est comme pour tout, il suffit d’un peu de patience, ça finit par passer.

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