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Le coup de billard à trois bandes

Il est certain que quand on s’est autoproclamé Jupiter il devient très difficile d’accepter de redevenir un « mortel » sans pouvoir. Tôt ou tard un soubresaut traduit votre agacement ou votre impulsivité de manière plus ou moins calculés. Chassez le naturel il revient au galop. En effet l’une des caractéristiques du prestige de Jupiter reste son rôle de témoin, de garant, de vengeur des serments et des pactes, dans la vie privée comme dans la vie publique. Dieu souverain, placé au-dessus des autres dieux il garde un droit de regard sur toute chose. Et en l’occurrence sur celles que gèrent ceux auxquels il a consenti à déléguer quelques apparences du pouvoir.

Ainsi depuis l’étranger celui qui arpente les champs élyséens a annoncé que le premier de ses ministres méritait d’être remis à sa place. Personne ne lui demandait quoi que ce soit puisque les journalistes qui l’accompagnaient étaient dédiés à la politique européenne en en rien à celle de l’intérieur du pays. Dès qu’un micro apparaît l’envie de régler ses comptes apparaît plus forte que le respect des principes républicains. D’ailleurs il ne les a pas souvent respectés et il les respecte de moins en moins.

Ainsi il a démenti les propos du « sous-dieu » de Matignon. Lui qui avait mis des heures et des heures à élaborer une stratégie pour survivre, qui avait, partagé maints cafés avec ceux qui pouvaient le sauver et qui avait fini par battre en retraite a été renvoyé à la case départ. « Ce n’est a-t-il dit ni l’abrogation, ni la suspension » de la réforme mais simplement « le décalage d’une échéance, celle des 63 ans, au 1er janvier 2027, qu’il a décalée au 1er janvier 2028 avec un financement par des économies. C’est ce qu’il a dit dans son discours de politique générale. » Probablement que Jupiter a eu la sensation que le niveau des auditeurs était insuffisant et qu’ils n’avaient pas bien écouté les nuances.

Ce rectificatif pose le cadre des prochaines semaines. Il est certain que se dessine une partie de billard à trois bandes dont la politique française a le secret. Cette déclaration urbi et orbi n’est pas dénuée d’arrière-pensées. Elle discrédite d’abord les deux négociateurs de la paix parlementaire. Ensuite elle permet à son auteur de montrer son inextinguible soif de pouvoir personnel. En fin elle ouvre des perspectives claires sur ses intentions. Son choix est fait : la dissolution viendra après un échec du projet de budget.

Probablement tancé par le capricieux du Château pour avoir céder sur la seule grande mesure du second quinquennat le miraculé de la censure a recherché des solutions pour revenir sans revenir tout en revenant sur ce qu’il avait annoncé. En commission des finances les alliances de circonstances permettent aux députés de se défouler avant l’explication décisive en fin de semaine dans l’Hémicycle.

Quoi qu’ils parviennent à amender, le résultat sera le même puisque le cheminement du document général le conduira au Sénat où les prévisions initiales seront rétablies voire alourdies. C’est une certitude. Première bande. La seconde passera par une Commission mixte paritaire soigneusement choisie qui aura une majorité potentiellement favorable aux mesures proposées par Bercy. Si elles reviennent en seconde lecture à l’Assemblée et qu’elles ne sont pas adoptées il n’est pas certain que Jupiter en soit marri. Le reste sera de la même veine. On votera des lois spéciales pour assurer la continuité des recettes  ou des ordonnances qui rétabliront le projet initiale avec quelques ajustements à la marge.

Troisième bande : la dissolution qui devrait intervenir vers le 15 janvier après une dramatisation de la situation tellement dégradée que la campagne électorale de législatives se déroulant le même jour que les municipales. Le résultat ne fait aucun doute : le RN augmentera sa présence au Palais Bourbon et donc il pourra prétendre a devenir le pivot d’une union des Droites qui n’est plus un tabou. Jupiter finira son mandat en… rempart contre le péril populiste. Pas question de démission.

Ce scénario sera mis lentement mais sûrement en place. Le dépôt massif d’amendements par les débris du socle central, les rectificatifs du Président, les alliances pour saborder les demandes emblématiques du PS : les étapes se succèdent. Le Président du Sénat a flairé les intentions jupitériennes en évoquant ‘une élection présidentielle anticipée »… Tiens donc ! Il y a du règlement de comptes dans l’air.

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Cet article a 2 commentaires

  1. J.J.

    Que peut on ajouter à ce constat inquiétant ?
    En résumé, nous sommes dans la …. jusqu’au cou (si ça ne monte pas plus haut ce sera miracle) et je ne vois pas qui pourrait nous tendre une bouée salvatrice, et désintéressée.
    « Il n’est pas de sauveur suprême, ni dieu, ni césar, ni tribun
    Producteurs, sauvons nous nous mêmes, décrétons le salut commun ! »
    Cela est bien dit mais pas très réaliste et notre situation n’est pas unique, hélas.

  2. faconjf

    Bonjour,
    Eh bé! L’insecte coprophage résident du Palais essaye de redorer son blason largement écorné sur les relations extérieures. L’humour de perruque d’écureuil ayant piqué au vif notre méprisant en Égypte ou Tromp  » s’étonne qu’Emmanuel Macron ne se tienne pas derrière lui, comme d’autres dirigeants. «  »Où est-il ? » », demande-t-il alors, avant de lui adresser une pique, un grand sourire collé aux lèvres. «  »Je n’arrive pas à y croire, vous faites profil bas aujourd’hui ! » », lui lance le pensionnaire de la Maison Blanche. » Pareil camouflet devant les caméras du monde entier ne pouvait qu’étriller l’ego démesuré de Manu, même si Tromp a ajouté «  »C’est mon ami » », en pointant le doigt dans sa direction. Avant d’ajouter : «  »C’est super, bon travail, merci beaucoup Emmanuel » ». On sait ce qu’il en est d’être l’ami des Yankees. On se souvient aussi de Meloni lançant au général Trouposol en Ukraine « Qui es-tu pour représenter les institutions européennes ? » un vrai crime de lèse majesté. Même qualification pour Matteo Salvini, concernant le conflit en Ukraine.Lors d’un événement à Milan le 20 août, l’homme politique d’extrême droite, s’est adressé directement au président français en lançant : « Vas-y si tu veux. Mets ton casque, ta veste, ton fusil, et va en Ukraine ». Le lendemain, l’ambassadrice d’Italie en France, Emanuela D’Alessandro, a été convoquée à l’Élysée pour un bon savon. Giorgia Meloni elle-même s’était exprimée sur le franc CFA dès 2019, alors qu’elle n’était pas encore au pouvoir. Elle avait qualifié le franc CFA de « monnaie coloniale que la France imprime pour quatorze pays africains », l’accusant d’appauvrir ces États au profit de Paris. L’éviction de la France en Afrique aiguise les appétits de l’autre coté des Alpes et ailleurs aussi.
    Personne ne peut objectivement défendre les foucades du méprisant qui sont le résultat d’une bouche qui va plus vite que son cerveau d’adolescent attardé, les dégâts sont énormes aussi bien à l’extérieur qu’a l’intérieur de notre pays.
    « Je crois que les Français ont leur responsabilité dans la situation qui est la leur » André Comte-Sponville, philosophe
    Élire à deux reprises Mac-ronds est bien la preuve de la totale responsabilité des électeurs dans la destruction de notre pays.
    Et ce n’est pas terminé! L’UE(rss) avec la Gross Kommission est en passe de doter le capitalisme européen d’une arme de destruction massive contre les droits sociaux, la plus redoutable de l’histoire – devant l’euro et le libre-échange – qui anéantirait toute perspective de progrès social. Son nom de code : « 28e régime ».
    Vous n’en avez pas entendu parler ? C’est normal : ce projet reste largement inconnu du grand public. La Commission européenne planche sur la création d’un 28e État membre totalement fictif, qui pourrait être doté de son propre droit des sociétés, droit des faillites et droit du travail. Toutes les entreprises européennes pourraient opter pour ce régime alternatif à la place de leur législation nationale. Il s’agit ni plus ni moins de créer un droit fédéral des affaires taillé sur mesure pour les multinationales un potentiel État virtuel du dumping réglementaire, pour le plus grand bonheur de nos patrons. Un projet sans équivalent au monde, qu’aucune entreprise n’a obtenu, pas même aux États-Unis sur leur propre territoire. Un paradis fiscal, juridique et social virtuel, sous drapeau européen, pourrait-il être proposé par la Commission en 2026 ?
    Vu le silence fracassant qui entoure ce projet nous ne pouvons qu’être inquiets d’autant que la Mac-Ronnie est à la manœuvre. L’eurodéputée Mac-roniste Valérie Hayer et le vice-président exécutif pour la prospérité et la stratégie industrielle de la Commission européenne, Stéphane Séjourné peuvent même se vanter tranquillement sur les réseaux sociaux du lancement du 28e régime, sans rencontrer la moindre contradiction.
    Tout est expliqué ici : https://elucid.media/politique/un-super-etat-virtuel-pour-les-multinationales-le-nouveau-projet-fou-de-bruxelles
    bonne journée

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