Il paraît, selon des sources mal informés mais susceptibles de parader dans une chaîne de télé en continu avide d’audimat, que l’ex-futur ministre de l’Intérieur aurait changé l’orthographe de son nom. Depuis dimanche soir il aurait sollicité le Conseil d’État pour s’appeler « Retaïaut » par référence avec sa situation politique. « Taïaut ! Taïaut ! » : ou ses anciens potes de chez les Loin de la République (LR) sont aux abois depuis que celui qui quand il était à l’Intérieur rêvait de se retrouver à l’extérieur. Il a réalisé son vœu et maintenant qu’il est à l’extérieur il gratte à la porte pour revenir à l’intérieur. Sa situation de migrant des cercles du pouvoir ne lui convient guère. Il est devenu OQTM c’est à dire dans « l’obligation de quitter le territoire ministériel ».
Son espoir de doubler la Marine nationaliste ou Jordan son chaton qui se morfond en cage s’est évanoui sur un coup de tête. Vexé d’avoir été roulé dans la farine Le Maire il a perdu de sa morgue et de son agressivité suintant à travers ses propos. Pas grand monde le plaindra. La grenade dégoupillée a pétée à sa gueule. Lui le cavalier bénévole du Puy du Fou a fait une chute ayant ravi le sire du Puy en Velay. Le voici acculé cerné par la meute de ses députés affolés par un éventuel retour devant les électrices et les électeurs. Le cornu c’est lui ! Il donne des coups encore et encore à droite (il ne sait pas faire), au centre et surtout à gauche pour empêcher d’être achevé par les hobereaux des LR.
Il n’a plus aucune autorité sur un parti qui a du mal à suivre un parcours ressemblant à celui d’un lapin fuyant les tirs d’un chasseur doté d’un fusil à plusieurs coups. Sa position contre le Président dans un gouvernement défendant le Président a fini par lui valoir une incompréhension absolue. Qu’à cela ne tienne il est allé illico se réfugier chez les collabos du RN sans passer par la terrier déjà occupé par Ciotti. Une nouvelle erreur car ils ne pourront pas être deux sous la protection de Marine. Le voici donc dehors et pas encore dedans.
Quel que soit le lapin de Matignon sorti du chapeau, Retaïaut ne sera pas repris dans le gouvernement. Il lui faudra aller de Mortagne sur Sèvres à Lourdes sur les genoux pour expier sa faute. En plus s’il revient au Sénat il n’est pas certain d’y retrouver son poste de Président du groupe. L’Ardéchois Matthieu Darnaud ayant été élu contre Karouchi patronné par celui qui était parti au ministère de l’intérieur ne quittera pas facilement le siège. Ingratitude ? Méfiance ? Rejet ? A méditer.
Sa colère contre Lecornu et Lemaire qui a fait imploser l’équipe renaissante lui coûtera ses ambitions présidentielles. Sa position « ni Macron… ni la gauche » le met hors-jeu. Le transfuge de chez de Villiers a battu Wauqiez avant de se comporter comme le souhaitait ce dernier en refusant d’intégrer le gouvernement. Cette contorsion mettra du temps avant d’être oublié par les cadres du parti déjà perturbés par un combat des chefs. Si à cause de lui le pays file vers une nouvelle dissolution et donc une catastrophe pour son camp, l’épisode sera mortel pour ses ambitions.
Le « socle n’a plus rien de commun »… et le Nouveau Front Populaire n’a plus d’unité réelle. Renaissance a éclaté. Le Modem navigue à vue. Le PS se fracturera encore plus s’il n’accède pas à Matignon. Le paysage politique ressemble à une table en verre trempé ou un pare brise après un choc violent. Jamais les dégâts ont été aussi visibles. Ce sont les effets collatéraux d’une séquence de confrontation des égos qui illustre la faiblesse des idées, l’oubli des valeurs et un appétit féroce pour le pouvoir.
Les « Horizons » sont bouchés après la sortie de leur mentor. L’ange Gabriel (Attal) qui a revendiqué un droit d’inventaire vis à vis de son créateur n’a plus de bonne nouvelle de Re…naissance à annoncer. Chez les Verts on ne sait pas où aller. Au PC les municipales ressemblent à une dernière chance de sauver quelques meubles d’antan. LFI sous pression attend que Mélenchon vitupère contre tout le monde sauf lui pour repartir. Le grand soir n’est pas pour demain ni après-demain. Toutes les pistes maximalistes proposées s’éteignent les unes après les autres. Seul le RN émerge du marécage avec le sourire.
Ce soir le puzzle se disloquera. Les pièces colorées s’éparpilleront sur le sol. Quoi qu’il advienne, celle ou celui qui se retrouvera à la manœuvre ne conviendra à personne. C’est la seule certitude. Son seul défaut c’est qu’il ne sortira pas du marigot où s’agitent les crocodiles qui se croient présidentiables. Ils n’ont rien compris…
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….il ne sortira pas du marigot où s’agitent les crocodiles…ou du panier de crabes, au choix.
…les crocodiles qui se croient présidentiables,… et dont la vanité n’a d’égale que l’incompétence et la fatuité.
Plutôt que des crocodiles, je pencherais plutôt d’ailleurs pour d’insignifiantes grenouilles tapageuses qui se veulent aussi grosses que le bœuf.
Les crocodiles iront-ils (réfléchir???),en sont-ils capables?,sur les bords du Nil comme dans cette comptine?
Peut-être aurions-nous alors les éléphanteaux pour nous distraire,…. si ce n’était pas si triste!
https://www.youtube.com/watch?v=1T9b0cax6s4
Jupiter va recevoir tous les partis sauf le RN et LFI cet après-midi. Comment, un président qui devrait rassembler peut-il exclure presque la moitié des Français ? Ostracisme, sectarisme, voilà où nous a mené l’élection « du traitre et le néant » Il veut avoir raison seul contre tous… triste spectacle
Maria @ J’avais bien reconnu dans « Roue Libre » du 7 octobre l’élégant jeune homme en imperméable mastic. Ma question était un pur « mensonge de finesse », comme dit Fernandel dans le film Angèle.
Bonne soirée.
Il me semble que c’est le RN et LFI qui ont refusé de participer à cette pantalonnade et non Macron qui aurait refusé.
Mea culpa. Effectivement Macron n’a pas invité le Rn et LFI. Une faute effectivement pour un président de tous les Français. Cela dit, dans ce jeu de dupe, sans doute que ni la RN ni LFI (ce dernier ne voulant que la destitution de Macron) n’auraient répondu favorablement à cette invitation.