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Rien de moins qu’une autre « opération spéciale »

Quatre mois après avoir été élu pou régler toutes les guerres de la planète en quelques heures, le Trumpitoyable a réussi à en aggraver quelques-unes et en ouvrir une autre. Non seulement malgré des allégations à géométrie variable il n’a pas permis d’avancer d’un iota sur l’affrontement russo-ukrainien, il a toléré le massacre de Gaza, a enclenché un conflit avec l’Iran et a créé un climat de violence politique dans son propre pays. Il a fichu une pagaille monstre dans l’économie libérale mondiale. Il a démontré sa force vis à vis des plus faibles quels qu’ils soient, mais a largement témoigné de  sa faiblesse vis à vis des plus forts. Plus aucune régulation n’existe sur la planète qui est de fait soumise à son seul bon vouloir.

Les manifestations dirigées contre lui aux USA, refusaient l’installation d’un « royauté » à la Maison Blanche. Tout démontre que dans les faits elle avance chaque jour un peu plus. Ses sbires ne cessent avec le soutien de médias dévoués, de vanter les mérites de leur chef vénéré. C’est à lui que l’on doit la « victoire sur les régime des Mollahs ». Il pilotait presque les avions. Il a lui-même lâché les bombes et il a déjoué la pauvre défense iranienne. Il faudra envisager la construction d’un Arc de Triomphe en sa faveur. Il s’érige en super-héros de jeu vidéo où l’on n’a aucune limite dans l’action.

Les raids américains qui ont désormais placés les USA à la remorque des Israéliens n’ont pourtant pas été déployés conformément à la Constitution du pays. Le tintamarre lié à l’opération aérienne a couvert les protestations des membres de la Chambre des Représentants ou des Sénateurs. Même si le secret paraissait indispensable, après avoir annoncé qu’il ne se déciderait que dans quinze jours, le Trumpyromane a décidé seul de lancer l’offensive sur les installations atomiques de Téhéran. Du Poutine de la meilleure veine. il le revendique. 

Le chef de guerre américain a lui-aussi de manière identique à celui de Moscou « vendu » une opération spéciale… et surtout pas une guerre. Ça ne vous rappelle rien ? Sur tous les plateaux où l’on fait et l’on refait la bombe, personne n’a relevé la similitude des situations. Et pourtant…L’ONU est devenue un machin totalement impuissant. La trouille étant la stratégie diplomatique dominante les communiqués publiés ne démontrent pas le même courage que contre les coupables des mêmes agissements ailleurs. Même les Chinois ont adopté une prudence à la Confucius se contentant du minimum par simple intérêt économique. 

En principe, le Congrès aurait dû voter sur cette « opération spéciale », puisque l’article 1er de la Constitution prévoit qu’il lui revient de «déclarer la guerre». Pour faire entrer les États-Unis dans les conflits des deux Guerres mondiales, les présidents Wilson (1917) et Roosevelt (1941)  se sont tous les deux présentés devant les représentants et sénateurs américains pour obtenir leur accord. Ayant été plusieurs fois mis devant le fait accompli au titre du fait que le président est chef suprême des Armées, les parlementaires ont même voté en 1973 la «War Powers Resolution» pour encadrer le recours à la force du simple chef des armées. Le Capitole, il s’en moque ! Le Trumprince a de fait pris le pouvoir sans restrictions. 

Selon cette loi, seule une «urgence nationale provoquée par une attaque contre les États-Unis, ses territoires, ses possessions ou ses forces armées», peut justifier que le Président, par manque de temps et pour agir le plus efficacement possible, décide d’engager son pays dans des frappes. Etait-ce le cas avec les raids en Iran ? N’avait-il pas annoncé un délai de quinze jours ? Quelle attaque a eu lieu contre les territoires américains ? Est-il prêt dans le cadre de l’Otan à appliquer les mêmes principes face à d’autres puissances ? Jusqu’où ira-t-il selon la réplique iranienne ? 

En fait tous les pays ont une épine dans la chaussure avec le détroit d’Ormuz. Le Trumpétrolier sait fort bien qu’il ne sera pas le plus touché par un blocage des tankers qui sortent par ce couloir d’une cinquantaine de kilomètres de large. Le prix du baril flambera dès ce matin. Les principaux bénéficiaires en seront les émirs et… Poutine qui continue à refiler son gaz et son pétrole par d’autres voies maritimes peu concernées par le conflit. Les victimes de cette augmentation se trouvent en Europe. Le prix du carburant augmentera dans les prochaines semaines. Les économies concernées dont la nôtre subiront un second choc ! Le crash se profile. 

Si les Iraniens ne s’en prennent pas aux intérêts US il deviendra difficile pour Trumpoutine de remettre le couvert sans la consultation des parlementaires. L’issue du vote paraît alors très incertaine. Plus que jamais le constat de von Clausewitz est en pratique bien que publié il y a presque deux cents ans : « la guerre n’est rien d’autre que la continuation de la politique par d’autres moyens ». Encore faut-il en avoir conscience. 

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Cet article a 3 commentaires

  1. J.J.

    « Il pilotait presque les avions. » Une involontaire référence au célèbre et prémonitoire Docteur Folamour.
    « Du Poutine de la meilleure veine. il le revendique. » Certes, mais lui n’a pas l’OTAN qui lui colle aux basques, en dépit de toutes les promesses non tenues et des accords non respectés. La situation n’est pas comparable.
    « Et pourtant…L’ONU est devenue un machin totalement impuissant. » L’a-t-il jamais été un jour sauf contre les petits pays sans défense.
    « Le Trumprince ». Elle est mignonne celle là, avec la « guerre fraîche et joyeuse »(que l’on doit au poète chevalier occitan Bertrand de Born, et parfois attribuée au Kronprinz) vantée par de nombreux belligérants, eux même à l’abri.

  2. faconjf

    Bonjour,
    La première victime d’une guerre, c’est la vérité, disait l’écrivain Rudyard Kipling et nous assistons depuis trop longtemps aux effets néfastes de cette maxime célèbre. La question de l’accès par l’Iran au trop vaste club des détenteurs de la bombe atomique est posée depuis des décennies. La mise en œuvre de cette technique ne se fait pas dans le cabanon de jardin du tonton de Boris Vian et c’est heureux. Il faut concentrer une masse dite « critique » de combustible fissile pour que la bombe explose, cette création s’obtient par une compression de la masse par des explosifs. Pour arriver à la bombe, il faut se procurer de l’uranium ou du plutonium de qualité militaire, c’est-à-dire presque pur en uranium-235 et/ou plutonium-239 qui sont des isotopes fissiles. Obtenir ne serait-ce que 10 à 20 kg de ces matières stratégiques et ultra rares – la masse critique d’une bombe – est heureusement techniquement très difficile.Pour obtenir la masse critique Uranium et/ou Plutonium deux voies principales sont possibles. La voie de l’uranium consiste à isoler les 0,7 % d’isotope 235 présents dans l’uranium naturel ; celle du plutonium consiste à produire l’isotope 239 presque pur dans des réacteurs spécialement conçus. Deux obstacles majeurs sont a surmonter si l’on suit la piste de l’uranium naturel il faut centrifuger pour séparer l’U 235 de l’U238. Une technologie de pointe comportant l’usage de matériaux de haute technologie. Les nouvelles technologies ont joué un rôle déterminant, avec le remplacement progressif de rotors métalliques par des rotors plus résistants constitués de matériaux composites. En un demi-siècle, la capacité des centrifugeuses modernes a été multipliée par près de 50. La surface au sol nécessaire pour de telles installations est beaucoup plus réduite. L’enrichissement devient de plus en plus abordable.
    Et les trafics de centrifugeuses se sont développés. Pendant longtemps il a été acquis que l’ultracentrifugation relevait de la haute technologie et que seuls les pays industriels les plus avancés étaient capables de fabriquer les éléments cruciaux nécessaires. L’évolution de l’économie mondiale a bouleversé ce postulat. A partir de 1990, les entreprises ont délocalisé leurs activités de pointe vers des pays d’Asie où la main d’œuvre a acquis un savoir faire dans le traitement des matériaux nouveaux, la fabrication d’équipements très délicats, et le respect de spécifications très rigoureuses. Par exemple, lorsque a été démasqué en 2002 le trafic de centrifugeuses organisé par le savant Pakistanais Abdul Khader Khan, il est apparu que certains éléments de centrifugeuses avaient été fabriqués en Malaisie. Merci à la mondialisation avec sa libre circulation des techniques, marchandises et surtout surtout des capitaux!
    L’autre voie c’est le plutonium 239 qui s’obtient par fission dans un réacteur soit à neutrons rapides soit à neutrons lents (dits thermiques). Le mécanisme de génération du plutonium comprend plusieurs étapes. En captant un neutron, l’uranium-238 devient de l’uranium-239 qui se transforme rapidement par rayonnement bêta en neptunium-239. Puis, ce neptunium se métamorphose à son tour par rayonnement bêta, au bout de 3 jours en moyenne, en un nouveau noyau : le plutonium-239. Ce radioélément est fissile, comme l’uranium-235. Le traitement du combustible irradié très dangereux est long, coûteux et difficile dans des unités industrielles conséquentes. Pour le parc mondial, la quantité de plutonium produite depuis l’origine était estimée en l’an 2000 à 1400 tonnes, cette quantité – dont 60 % de plutonium-239 – s’accroissant de 70 tonnes par an.
    Un marché noir du plutonium a existé lors de l’effondrement de l’URSS, il a rapidement disparu et c’est heureux.
    On comprend alors la voie suivie par l’Iran vers la centrifugation et l’insistance de l’occident pour empêcher la prolifération.
    Les frappes sur les installations Iraniennes ne sont que de l’esbroufe Trompienne, les Iraniens maîtrisent maintenant parfaitement le savoir et le savoir-faire de l’enrichissement et ce n’est pas avec des bombes que l’on détruit un savoir. Tout le monde le sait, le recours aux bombes ne fait que ralentir la mise en œuvre. C’est donc un achat coûteux de temps auquel nous assistons. L’assassinat systématique des possesseurs du savoir est largement pratiqué par les Israéliens.
    L’argument de la dissuasion est généralement avancé quand un pays cherche à se doter de l’arme atomique. La France du Général de Gaulle y eut recours en son temps. À long terme la voie la plus sûre pour éviter la tentation de la dissuasion nucléaire est de créer un environnement international tel qu’elle perde de son intérêt. La plupart des pays développés y ont renoncé. Il en est de même hors d’Europe de pays ayant la capacité d’acquérir la bombe comme le Brésil et l’Afrique du Sud.
    La condition sine qua non « sans laquelle cela ne pourrait pas être » c’est qu’une autorité internationale acceptée par TOUTES les nations garantissent un environnement international apaisé dans son sens originel ( du vieux français apaisier, « pacifier, faire la paix ou se réconcilier », de l’expression « a paisier », qui combine a-, ou « à », et pais, « paix », du latin pax .).
    Tout le monde peut constater que nous prenons le chemin inverse conduisant immanquablement à la guerre. Le précédent que nous venons de vivre ouvre en grand les portes du droit du plus fort. Les puissances régionales les plus puissantes prennent acte de cet état de fait qui les encourage à pratiquer de la même manière.
    Les portes de l’enfer sont ouvertes.
    Bonne journée

  3. faconjf

    Les grands mamamouchis de l’U€ (rss) se comportent en bons caniches de Trompe.
    La conclusion de cet article cloue définitivement le cercueil dans lequel la bande de tarés qui croit nous diriger veut nous enfermer.
    https://www.les-crises.fr/du-pur-orwell-l-europe-condamne-l-iran-pour-des-attaques-sur-son-propre-territoire/
    extrait:
    « Tous ces éléments augmentent considérablement la probabilité d’un retour de bâton au détriment des intérêts européens : une guerre régionale au Moyen-Orient signifie davantage de migrations incontrôlées, des risques accrus de terrorisme sur le sol européen ou contre les intérêts européens dans la région, et des chocs énergétiques si l’Iran met à exécution ses menaces de bloquer le détroit d’Ormuz, la principale artère de commerce du pétrole dans le monde.

    En l’absence d’un changement de cap urgent mais improbable, tel que demander des comptes à Israël pour son agression régionale, la décadence de l’Europe s’accélérera. Lorsque Bruxelles exempte ses alliés des règles imposées à ses rivaux, elle ne préserve pas la paix : elle signe sa propre lettre de suicide géopolitique. »
    On a pas le c.l sorti des ronces avec eux!

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