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L’évolution sociétale va plus vite que le système éducatif

Les débats actuels qui agitent le Landerneau scolaire tournent autour de l’intrusion du téléphone mobile et (malheureusement) du couteau dans les établissements. Pendant que les querelles stériles, les exploitations exagérées, les affrontements politiciens se multiplient le fiasco du système se poursuit. C’est par exemple une pétition mise en ligne par des élèves protestant contre un sujet de physique et chimie du bac jugé par leurs soins « comme trop au-dessus de leur niveau ». C’est un collégien girondin qui sort un Opinel dans la cour de son collège avant d’être maîtrisé par un collégien plus âgé. C’est aussi les fameux « groupes de besoin » inventés par Attal qui produisent l’effet contraire aux objectifs qui leur avaient été affectés.

Un rapport de l’Inspection générale met en effet à mal ce retour en arrière sur l’adaptation de l’enseignement aux élèves qui lui sont confié. Il souligne notamment des difficultés dans la mise en œuvre des groupes de besoin et la persistance des inégalités scolaires entre les élèves. Un bilan définitif sera dressé à l’automne, qui conduira la ministre à prendre de nouvelles décisions… en vue d’une suppression de cette mesure phare du plan « Choc de savoirs » un bien belle formule qui n’est qu’in constat et pas une stratégie.

Concernant les groupes de niveaux, le rapport dénonce le fait qu’entre les évolutions des discours ministériels, les réactions syndicales et les débats entre enseignants ont, comme le veut la tradition, compliqué la mise en œuvre des « groupes de besoin ». Le manque de moyens alloués à cette mesure et des délais courts ont également ralenti leur organisation. De plus, il semble que peu d’établissements ont organisé de véritables groupes de besoins, basés sur les compétences des élèves en français et en maths.

Il s’agirait en majorité de groupes de niveaux, parfois camouflés sous l’appellation de « groupes de besoins ». Nettement et définitivement le rapport souligne que  « le risque est majeur de voir les écarts de compétences se creuser entre les élèves et ainsi fragiliser fortement le retour en classe entière en début de quatrième ». On continuera malgré tout à la rentrée prochaine puisque personne n’a d’autres idées pour réduire un échec scolaire grandissant.

Les vraies difficultés quotidiennes sont en effet évitées. L’enfant, l’ado ou le jeune continueront à être sous la coupe des « écrans » et sous l’influence d’un système médiatique dont ils ignorent les codes et le fonctionnement manipulateur. Une nouvelle difficulté apparaît avec l’augmentation de l’usage de la fameuse Intelligence Artificielle (IA). Bien évidemment encore une fois cette possibilité offerte aux jeunes possédant les moyens matériels d’y accéder accentue là encore les inégalités. Elle génère bien évidemment une réflexion dans les établissements fréquentés par les élites.

L’IA change les métiers de l’enseignement puisque les méthodes d’acquisition du savoir traditionnel sont menacées et les objectifs même de l’école seront à terme remis en cause. Les notions d’analyse, de réflexion, de cheminement de la pensée disparaissent quand elles sont synthétisées et délivrées avec facilité par un système dont nul ne maîtrise réellement les stratégies. Il faudra tôt ou tard former les générations futures à ce nouvel outil qui modifiera les rapports enseignant-élève.

Quelle sera par exemple la valeur d’un « devoir » fait à la maison ? Comment repérer l’IA ? Et si elle est intervenue devra-t-on sanctionner celle ou celui qui l’a utilisée ? Devra-t-on noter un résultat porté par une I.A. plutôt qu’une autre. C’est probablement pour les professeurs qui sont conscients de cette mutation le retour à davantage de « travaux oraux ou sur table ». Qui mène une réflexion sur ces phénomènes nouveaux ? Qui aura le courage de répéter que l’acquisition du savoir « institutionnel » doit s’accompagner d’un vrai apprentissage à l’acquisition autonome de ce savoir et de la possession des méthodes le permettant ?

Il ne s’agit donc absolument pas d’être hostile à ces nouveaux moyens de répondre aux demandes des enseignants mais d’agir d’urgence pour qu’ils ne dominent pas la réflexion individuelle.  Cette technologie possède un réel potentiel pour l’éducation, à condition de savoir l’exploiter et surtout, d’en connaître les limites. On pourrait lui demander plutôt que de dépenser des crédits pour une convention citoyenne de régler l’absurdité du temps scolaire. 

Le système éducatif a ses certitudes, ses habitudes, ses pesanteurs et ses… ministres qui passent et trépassent politiquement. Celle qui œuvre actuellement est la trente-huitième de la V° République ! En moyenne c’est donc un occupant ou une occupante de l’immeuble de la rue de Grenelle tous les 22 mois ! C’est l’I A qui me l’a dit !

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Cet article a 5 commentaires

  1. … et l’IA a remplacé ton « petit doigt ». Ce que t’écrivant, je ne peux oublier cette comptine que ma mère chantonnait jadis entre deux bombardements (plus exactement entre deux AR aux abris) « qui riqui riquère, on aura beau faire, qui riqui ricou, mon p’tit doigt m’dit tout »

  2. François

    Bonjour Jean-Marie !
    +39°C sous mon érable (!) : bien que n’ayant point pour habitude de suivre les consignes gouvernementales, mais me référant de préférence aux consignes de mon pépé, je fais une pause au frais dans mon activité estivale … pour relire ton billet !
    Une merveille dans le constat d’une situation déclinante qui aurait dangereusement irrité NOS vieux hussards noirs de la République. Toutefois, en lisant au second degré, j’y découvre un « Méa culpa, Méa maxima culpa » qui ouvre la porte au pardon donc à la rédemption ! !
    Reprenons ce texte :
    – « les exploitations exagérées, etc » : tu veux certainement évoquer les médias et … je te rejoins sauf qu’il faut informer sans réveiller le mimétisme : il y a nécessité d’une frontière mais tu sais très bien que Schengen a tout aboli ! ! !
    – «  un sujet de physique et chimie du bac jugé par leurs soins « comme trop au-dessus de leur niveau » : c’est le seul point positif de ce texte ! ! ! Voyons, Jean-Marie, ils (les élèves) constatent leur niveau trop bas, constat fait après quinze années de scolarité (1)! L’année prochaine, Macron va les inviter à élaborer les sujets du bac ! Les po’vres petits martyrisés ! ! !
    – « Les groupes de niveau, invention Attal » : encore un migrant qui ne sait plus où poser ses valises sans faire une bêtise ! N’oublions pas que, bien avant Jules Ferry et Einstein et, malgré la nouvelle I.A., b et a = ba, pi= 3,1416… et la tour Eiffel ne fera jamais 3000 m, même si, hier, un journaliste Sud-Ouest nous invitait à une course de caisses à savon à Caudrot (33) avec un dénivelé de 900 m ( sacré réchauffement!) !
    Il est évident que les méthodes modernes apparaissent innovantes , attrayantes, très « in », mais, d’un geste dégoutté, ne gommons pas les bases qui ont donné de bons résultats : regarde-toi et … regardez vous ! !
    À moins que … (1) ! !
    Patrick G. (ma réf déjà évoquée!) lançait à la cantonade « avoir vu 18 ministres et subi 17 réformes, l’un d’entre-eux ayant traversé Grenelle à la vitesse d’un météore !! »
    De même que nous savions tous que l’Opinel servait à tailler des bâtons d’escapade voire des frondes et à graver sur l’arbrisseau-messager le nom de sa belle, n’est-ce pas ?
    – L’I.A. : cette invention, créée par des ingénieurs ( qui en reconnaissent le danger car ils privent LEURS enfants de ce soi-disant jouet!) est certainement l’outil qui va achever les dernières générations déclinantes en chloroformant les cerveaux. Mais je ne suis qu’un cul terreux à la retraite, donc un fardeau à ponctionner pour la Nation !
    Le Torricelli entamant sa lente descente, je vais satisfaire mon besoin de grand air … te laissant, désabusé, à ta méditation professionnelle.
    Courage La Classe : chacun a fait ce qu’il a peut pour la pérennité du bateau mais … ! ! !
    Amicalement
    (1) Merci à M. J-P Brighelli et sa Fabrique du crétin pour cette mise au grand jour de la volonté européenne (M. Monnet,1957 ) à savoir un peuple avec 10% d’élites et 90 % de crétins- moutons malléables et corvéables : le but à atteindre est en bonne voie ! Choisissons le bon camp !

  3. Alain.e

    Ah , la réussite scolaire pour tous , ce beau projet qui n’ existera jamais.
    Moi , j’ ai pas la , les solutions , mais je sais ce qui a marché pour moi ….
    1, prise de conscience personnel qu’il faudra bien se mettre à bosser un jour, et arrêter de faire l’ andouille, sinon on me vire
    2, internat, étude obligatoire après les cours encadrée, et surveillée.
    3, corvées de ménage à l’ internat, lit fait , lavabo, wc nettoyé .
    4, primes sur salaire et semestrielles sur résultat et classement, les meilleurs touchaient plus.
    5, jamais aucune intervention des parents durant ces deux années auprès des enseignants .
    Au bout du compte j’ ai plutôt très bien réussi et ceux qui étaient avec moi pour la plupart aussi , mais horreur , nous avions passé un concours , sur 400 , ils en prenaient 26 , saloperie de sélection , de groupes de niveau qui vous force à réussir.
    Cordialement

    1. « – « un sujet de physique et chimie du bac jugé par leurs soins « comme trop au-dessus de leur niveau » : c’est le seul point positif de ce texte ! ! ! Voyons, Jean-Marie, ils (les élèves) constatent leur niveau trop bas, constat fait après quinze années de scolarité (1)! L’année prochaine, Macron va les inviter à élaborer les sujets du bac ! Les po’vres petits martyrisés ! ! ! »
      J’ai eu peur : positif, seul point positif, de quoi, de quoi ? Mais la suite non seulement m’a rassuré, mais également amusé, à en sourire… jaune !

  4. Pc

    L’IA et les devoirs à la maison ? (notez que le I est en trop), pas de problème, traitons l’absurde par l’absurde, supprimons les devoirs à la maison….

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