La France entre dans la guerre politique hybride des Présidentielles. Il y aura des « morts » parmi les candidates et les candidats sous les coups plus ou moins forts portés par des amis qui leur ne le veulent aucun bien. Peut-on écrire de manière raisonnable sur ce qui est devenu « l’affaire Bardella » ? Difficile au milieu des échanges qui se déroulent entre Médiapart et le RN ? Pas certain car les esprits sont tellement fossilisés que plus rien n’a de prise sur eux. De manière objective car tiré des faits et non pas de leur interprétation il a tenu les propos qui ont été dévoilés. La riposte de ses copains organisée autour d’un scénario de pieds-nickelés se heurtera au blindage des journalistes ayant eu tout le temps pour vérifier et consolider leurs révélations.
L’échange de positions antisémites a bien eu lieu. Il s’agit selon les éléments produits d’une conversation privée. Cette situation constitue le premier blocage pour le chevalier desservant de la Marine nationaliste. En effet s’il proteste (et il pourrait le faire!) contre la divulgation d’un échange entre lui-même et une autre personne il admet que celui-ci a eu lieu et il en légitime le contenu. Une piste de défense qui s’effondre. Ne pouvant développer cet angle de défense le SAMU du RN est donc parti sur l’usurpation d’identité il y a treize ans.
Un autre caillou dans la godasse concerne le destinataire de ces propos odieux. Il est forcément connu du futur ex-Premier Ministre. Il lui est donc aisé de remonter à la source. Impossible cependant de l’attaquer car ce serait aussi confirmer les publications de Médiapart. Cette situation est à rapprocher d’un autre fait. Le magazine qui devait dévoiler l’identité de la « taupe » du Rassemblement national (RN) est L’Infiltré. Cependant, lors de son lancement le mardi 29 septembre 2026, ce nouvel hebdomadaire d’extrême droite (branche investigation du média Frontières) a finalement renoncé à publier le nom. Vous comprendrez aisément pourquoi.. Le piège tendu a failli se refermer sur ceux qui croyaient l’avoir démonté.
Médiapart a bien pris la précaution de ne pas mettre en avant une source. L’équipe attend sereinement qu’après la plainte du noble fiancé de Maria Carolina de Bourbon des Deux-Siciles les enquêteurs de la PJ débarquent. Comme l’authentification des « messages » a été faite par le support sur lequel il sont été publiés c’est officiel mais ça ne met pas en cause un individu mais le réseau social concerné c’est à dire une structure abstraite et anonyme. Meta ne peut pas être mis en cause puisqu’il s’agit d’un échange de messages « privés » entre deux personnes.
Le seul espoir de l’auteur antisémite c’est que la police prenne son temps et que le tohu-bohu actuel s’atténue. Actuellement les policiers compétents ont beaucoup de boulot avec plus d’un millier de dossiers d’arrestation de manifestants près des lycées. Il y a fort à parier qu’il faudra des mois voire des années avant qu’une vérité définitive soit validée définitivement par des juges. Il s’agit donc de noyer le « gros poisson » pour gagner du temps en niant l’évidence. Je ne sais pas pourquoi mais je pense que le vote du RN sur le budget 2027 pourrait avoir une influence sur les délais.
Il existe après ces constats un vrai problème. Plutôt que chercher qui a mis Médiapart au courant des ces élucubrations antisémites il serait intéressant de chercher pourquoi cette fuite a eu lieu. Quand on échange sur de tels thèmes avec des gens de mauvaise compagnie c’est que l’on partage les mêmes convictions. L’interlocuteur est-il au RN ? Pour qui « travaille-t-il » ? Ce qui est certain c’est qu’il ne soutient pas son ex-pote d’antisémitisme ? Il l’a poussé dans la mare aux canards et il risque bien d’avoir du mal à remonter sur la rive. Question subsidiaire ; qui voulait se débarrasser du Rudolph Valentino du Rn ? Je parie que dans quelques temps une relance aura lieu sur ce sujet dans Médiapart… En tout cas le soupçon est de mise derrière un unanimisme de façade.
Dans le fond le plus important est ailleurs. En effet 42 % (29% ne les jugent « pas graves » dont 15% de « peu graves » et 13% de « pas du tout graves » tandis que 11% ne se prononcent pas selon un sondage YouGov publié le samedi 3 octobre), jugent les propos antisémites attribués à Jordan Bardella par Mediapart comme non « graves ». Rapprochez ce pourcentage de 29 % des sondages relatifs à l’élection présidentielles et vous aurez un aperçu de l’antisémitisme en France.
Avec une bonne campagne de communication ce qui est vécu comme essentiel par une part de l’opinion dominante (- de 40%) passera pour un péché de jeunesse. Et c’est bien là tout le drame. Les dégâts parmi le socle traditionnel du RN serait très faible et la côte de popularité du grand ados aux doigts défaits n’a pas été affectée par ces révélation… C’est la réalité !
En savoir plus sur Roue Libre - Le blog de Jean-Marie Darmian
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
Je me demande(naïvement) comment s’est produit une déliquescence aussi grave du sens moral. C’est maintenant que l’on prend prend conscience que les leçons de morale à l’école dans le fond étaient sans doute utiles(affirmation douteuse pour le monde des affaires et la politique).
Si le grand nigaud, au lieu de pousser des cris d’orfraie et de brandir des menaces avec le secours de la daronne nationale avait simplement avoué un « péché de jeunesse » (on n’est pas sérieux quand on a dix sept ans, on commande des bocks et de la limonade…), au lieu de s’enferrer dans ses mensonges probables, ses suppôts auraient rapidement pardonné et cela aurait évité tout ce tintouin.
Mais pourquoi faire simple, quand on peut faire compliqué ?
De toute façon, hélas, le résultat final risque d’être le même.
C’est terrible d’en arriver là, mais je ne peux pas m’empêcher de penser que le fascisme est déjà largement implanté dans notre pays.
Dans les médias, dans nombre de partis politiques, au MEDEF, dans des grands corps de l’État, comme le ministère de l’Intérieur et la police, dans une grande partie de la population, perfusée depuis des années à « l’insécurité », au fantasme de « l’immigration », à la xénophobie, au nationalisme le plus étroit et, globalement, à la haine de l’autre.
Ajoutons à cela des institutions moisies, une démocratie bafouée, je ne suis pas loin d’en arriver à avoir honte de mon pays, à le détester à le voir se montrer prêt à se jeter dans les bras de l’obscurantisme, du « Trumpisme », du « Milléisme », du « Bolsonarisme» made in France, bref, le débranchement du cerveau comme programme politique…
… je ne suis pas loin d’en arriver à avoir honte de mon pays
Et moi je ne suis pas loin d’en arriver à avoir honte de l’humanité toute entière, attendu que l’obscurantisme et l’ultradroite fascisante(pléonasme ) sont en train d’envahir le monde entier.
Il semble qu’aucun pays ne peut résister à cette vague mondiale putride et perverse, de quoi se désoler.
Salut et Fraternité.
Bonjour,
la holding Lepen restera dans la famille quoi qu’il en coûte! Jord’âne Bartoidelà vient d’en faire les frais.
Pour mémoire regard rapide dans le rétroviseur.
– En 1973 les cadres d’Ordre Nouveau veulent contrôler de la ligne révolutionnaire vs électorale. La révolte tourne à l’avantage de J.-M. Le Pen ; départ des radicaux au PFN.
– En 1998 Bruno Mégret tente d’imposer Professionnalisation et alliances avec la droite. La crise se traduit par une scission majeure ; création du MNR, puis marginalisation de Mégret.
– En 2011 Bruno Gollnisch vise la succession légitime contre la « dédiabolisation ». Gollnisch est écarté au profit de Marine Le Pen par vote des militants.
– En 2017 Florian Philip(i)pot défend une ligne économique étatiste et la sortie de l’euro. Philip(i)pot est démissionné après l’échec présidentiel.
– En 2022 Éric Zemmour et Marion Maréchal tentent de monter une concurrence idéologique identitaire externe. Leur nouveau parti nommé Reconquête est marginalisé ; le RN reste hégémonique.
Nous sommes en 2026 et le clan Lepen, qui voit la nièce de la Marine rentrer au bercail, se méfie de celui qui a enregistré 7 765 670 voix aux européennes de 2024. Pour la holding Lepen le danger vient toujours de l’intérieur du parti. Le 5 novembre 2022 , lors du XVIIIe congrès du Rassemblement national : Jordan Bardella est élu avec 84,8 % des 26 000 voix exprimées éliminant le maire de Perpignan, Louis Aliot . Pour la première fois depuis la fondation du parti cinquante ans plus tôt, ce n’est pas un Le Pen qui est élu à sa tête, Son élection s’accompagne de critiques. S’il consent à nommer quelques alliés de Louis Aliot au sein des instances du parti, Jordan Bardella écarte du bureau exécutif Steeve Briois et Bruno Bilde, tous deux proches de Marine Le Pen et figures du « clan d’Hénin-Beaumont », dont l’influence était sortie renforcée du précédent congrès. Steeve Briois dénonce une « purge » et une « re-radicalisation » du parti. Selon Mediapart, sa victoire est aussi celle de l’association étudiante d’extrême droite « GUD Connection », un « réseau informel d’anciens militants de l’organisation étudiante Groupe union défense reconvertis en entrepreneurs, dont les structures travaillent pour les campagnes du parti depuis 2011 », et dont les piliers sont Frédéric Chatillon et Axel Loustau : ceux-ci soutiennent activement Jordan Bardella depuis 2014, tandis que ce dernier a choisi une agence gérée par ce réseau, e-Politic, pour assurer la communication de ses campagnes.
Frédéric Chatillon est un chef d’entreprise et militant politique français d’extrême droite. Président du Groupe union défense (GUD) pendant ses études, il est ensuite patron de l’agence de communication Riwal, prestataire de services pour le Front national, le micro-parti Jeanne et le régime syrien de Bachar el-Assad. Il occupe également la fonction de conseiller de Marine Le Pen.
« Garde tes amis près de toi, et tes ennemis encore plus près », c’est le conseil de Don Corleone dans le parrain 2 . Un conseil mis en pratique par le clan Lepen …
Par jugement rendu en première instance le 16 juin 2020, le tribunal condamne Frédéric Chatillon à une peine de trente mois de prison dont dix ferme et 250 000 euros d’amende « pour plusieurs escroqueries ainsi que pour une longue série d’abus de biens sociaux au préjudice de son entreprise, estimée à 500 000 euros par le tribunal », concernant sa société Riwal. Il doit, en outre — in solidum avec Jean-François Jalkh, le micro-parti Jeanne et deux autres protagonistes —, dédommager l’État de son préjudice, estimé à « quelque 860 000 euros ». Il bénéficie toutefois d’un aménagement de peine avec port d’un bracelet électronique.
Le bracelet électronique devient l’accessoire indispensable aux carrières politiques.
Air haine
ton univers impitoyable
Air haine
Glorifie la loi du plus fort
Air haine
Et sous ton soleil implacable
Air haine
Tu ne redoutes que la mort
…
bonne journée