Chaque jour nous nous rapprochons du climat social des périodes noires de l’Histoire de France, celle où l’on désignait à la vindicte populiste des boucs-émissaires ou simplement des opposants à des idées extrémistes. Et contrairement à ce que l’on pense ces méthodes viennent de tous les bords. L’arme fatale des réseaux sociaux est activée avec quelques paroles prononcées dans des médias partisans. Cette stratégie devient angoissante car elle traduit un climat de guerre civile hybride dont personne ne connaît vraiment les limites. A la moindre prise de position d’une personnalité hostile à un parti extrémiste c’est un déchaînement de haine qui s’abat sur elle.
La chasse aux gens qui osent s’exprimer sur la vie socio-politique s’amplifie. Une forme de terreur règne. Du plateau de Cnews pleuvent les quolibets, les accusations, les ricanements, les caricatures et surtout des appels indirects à pourrir la vie des blasphémateurs. Cette méthode rappelle étrangement les dernières années avant la dernière guerre mondiale où il fallait absolument dresser l’opinion dominante contre des empêcheurs de sombrer dans le racisme, antisémitisme, l’anticommunisme ou le rejet des francs-maçons. Ça ne saurait tarder.
Les attaques contre Mbappé ou Rinner ont été initiées par exemple par ces allumeurs d’incendies dont ils savent se servir pour mobiliser les fanatiques du quotidien, ceux qui se prennent pour des justiciers en pratiquant le lynchage par l’injure anonyme via les réseaux sociaux. Ils ont été tous deux mis à mal par des milluiers de messages tous plus violents les uns que les autres. Dramatique. Indigne du pays dans lequel on inscrit fièrement sur les frontispices des Mairies : liberté, égalité et… fraternité. Des pseudos défenseurs de la liberté d’expression vilipendent ceux qui l’exercent !
Le capitaine de l’équipe de France de football s’est exprimé sur RFI en soulignant que dans son éducation il avait retrouvé les racines de ses parents. « J’ai toujours reçu une éducation avec une culture africaine, même si je suis né en France et que j’y ai tout fait. Je n’ai jamais coupé le lien avec mes racines et mes origines. Je pense que c’est important, car ça fait partie de la personne que vous êtes et des valeurs qu’on vous inculque. Je suis retourné au Cameroun (…). J’y allais quand j’étais petit, et c’était un super moment. À chaque fois que je vais en Afrique, je suis toujours extrêmement bien reçu. Je ressens l’amour des gens, et c’est vraiment gratifiant de sentir le soutien de tout un continent ». Je n’ai jamais rien éprouvé d’autre en allant sur les traces de mes grands-parents en Italie. Pour beaucoup visiblement c’est intolérable !
Le champion olympique de judo avait confié sur France 2 être « angoissé » et que « la montée des extrêmes » (précisant viser l’extrême droite) le faisait « flipper » en vue de l’élection présidentielle de 2027… Il répondait comme Mbappé à une question d’un journaliste et il n’effectuait pas une déclaration convenue sur une estrade. Il a immédiatement été attaqué par les pro-RN de Cnews chauffés par le Procureur présentateur servant quotidiennement la soupe à l’extrême-droite. Le déferlement de haine a été tel que le parquet de Paris s’est saisi de l’affaire. A qui le tour ? L’objectif est on peut plus clair : faire tirer à vue sur celles et ceux qui osent exprimer une position personnelle… Tout le monde y passera dès qu’il pointera le bout d’une propos hostile.
De l’autre coté de l’échiquier ce n’est pas mieux. Surtout ne dites pas que vous n’appréciez pas les prestations du leader Maximo car la foudre vous tombera sur la tête. Illico vous aurez basculé à droite et pour peu vous seriez un macroniste invétéré. Ne vous faites aucune illusion c’est dans le quotidien que pleuvent ces accusations. Les « Insoumis » de chaque jour ont l’exclusivité de la sincérité dans l’engagement et sont détenteurs de LA vérité des valeurs progressistes, humaines ou justes. Là encore le déchaînement des reproches, des allusions, des interprétations s’organise et il devient dangereux de se présenter comme soumis aux idées qui vous animent parfois depuis très longtemps mais avec seulement moins de virulence et d’emphase. Tolérance zéro!
La « meute des honnêtes gens » dont Prévert parle dans son poème « la chasse à l’enfant » a une tendance au suivisme dès qu’il s’agit de flinguer ceux qui mettent en péril leurs idées toutes faites. Le doute n’est plus un principe le plus partagé. On avance vers des semaines de haine réciproque ou d’affrontements farouches. Il s’agit srtout de ne pas de céder à tout ce qui remet en cause les fondements de la citoyenneté et de pas selaisser aller à la tentation facile des certitudes qui sont en train de la détruire. Résister c’est surtout être capable de ne pas se coucher devant l’opinion dominante. Mbappé et Riner ont eu au moins ce courage.
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Mbappé et Riner ont eu au moins ce courage…et cette intelligence !
Bonjour,
aujourd’hui nous lisons les chroniques de la haine ordinaire, sans le regretté Desproges. Elle me manque la férocité de Desproges. Lui qui s’en prenait à la bêtise humaine, à la lâcheté quotidienne, aux idées reçues, aux vieux, aux jeunes, aux institutions ou encore à Dieu. Combien de blagues des années 80 passeraient la rampe aujourd’hui sans déclencher des appels au meurtre?
Triste période où des anonymes se déchaînent en propos racistes et orduriers. Tout cela est le résultat de la déliquescence d’une société qui se décompose chaque jour un peu plus dans ses propres valeurs.
L’exemple vient d’en haut avec un méprisant insultant copieusement (et souvent de l’étranger) les forces vives de la nation. Le respect dût à ceux qui font tourner la machine économique s’est perdu, juste retrouvé certains soirs de Covid par des applaudissements qui ne coûtaient rien et si faciles à oublier… Le mépris à attisé la haine devenue ordinaire. L’idée de la grande bourgeoisie qui tient en fait le haut du pavé c’est de tout faire pour empêcher l’agrégation des colères qui bousculerait leur pouvoir. Les milliardaires à travers les merdias transforment les éditorialistes en boutefeux de la peur de l’autre. Transformant les journalistes en militants de l’extrême centre ces derniers acceptent des demi-vérités, des quarts de vérité ou des contre-vérités . Les éditorialistes sont des runners, ces passeurs de plats des restaurants, « des types qui passent les plats et qui ne se posent plus de questions ». Le mépris est passé des allées du pouvoir à la rue qui a transformé cela en haine.
« Le mépris et la haine sont sans doute les écueils dont il importe le plus aux princes de se préserver. » Nicolas Machiavel
bonne journée
Bonjour jf. Si les applaudissement ne coûtaient rien, ils ont coûté cher à certains auxquels ils étaient destinés, en provoquant la hargne et la jalousie de membres de la hiérarchie.
Lorsque j’ai visité il y a quelques années le Père Lachaise, j’ai rendu visite et honneur à quelques pensionnaires éternels que j’appréciais. Pierre Desproges en a fait partie.