You are currently viewing Des choix antérieurs qui pèseront durablement sur le quotidien

Des choix antérieurs qui pèseront durablement sur le quotidien

Parmi les situations qui contribuent aux difficultés actuelles de nombreux foyers français il en est certaines qui résultent d’erreurs effectuées à la fin du siècle précédent. L’une d’entre elles réside dans les choix d’aménagement des territoires qui ont été faits à travers les documents d’urbanisme. Malgré l’obligation de construire un Plan d’aménagement de développement durable (PADD) les élus ont été seulement obsédés par l’augmentation de population sans pour autant accompagner cette volonté des équipements adaptés et surtout sans prise en compte de paramètres qui désormais sont essentiels la consommation d’espaces hors zones déja agglomérées a été exponentielle. Deux paramètres concernent aussi la répartition des disponibilités d’emplois sur les territoires d’accueil des nouveaux habitants et a réalité des structures de mobilité collective hors zones urbaines.

Les discussions portaient essentiellement sur les surfaces à mettre à la construction sans aucune évaluation des obligations qui en découleraient. Le premier critère pris en compte par les futurs propriétaires résidait en effet souvent dans le prix du m² de terrain pouvant recevoir leur pavillon. Le foncier disponible étant alors encore à la fin du XX° siècle largement disponible les surfaces accessibles à des budgets modérés furent très vastes. Il n’était pas rare de voir en zone rurale profonde des constructions sur des surfaces de plusieurs milliers de m². Un « paradis » pour solitaires qui a consommé des quantités impressionnantes de terres agricoles, mais que maintenant avec l’âge leurs propriétaires ne peuvent plus entretenir.

On a donc assisté à un développement incontrôlé de l’étalement urbain. Cette option a un impact croissant sur la vie actuelle des ménages quel que soit leur âge et elle a créée des difficultés financières insurmontables. Une étude démontre en effet que dans le contexte actuel du renchérissement du carburant, si une famille voulant bâtir une maison au top en matière d’économies d’énergie en zone rurale l’éloigne de dix kilomètres de son lieu de travail pour choisir un autre terrain moins cher elle annule par le surcoût de la dépense en carburant par son déplacement domicile-travail l’économie qu’elle pense avoir réalisée. Et ce fut souvent le cas puisque le seule repère était l’investissement et jamais le « fonctionnement » qui suivrait.

Lorsque le candidat à la propriété emprunte le banquier ne regarde qu’un seul critère : la solvabilité en veillant à ce que le montant du remboursement mensuel ne dépasse par 30 % du montant des ressources. A aucun moment entrent dans ce calcul les « frais » réels qui vont plonger les emprunteurs dans de lourdes difficultés : dépenses pour leur mobilité quotidienne, pour l’accessibilité aux services fondamentaux (éducation, santé, achats…), l’entretien des véhicules. Ces frais annexes deviennent rapidement plus élevés que ceux de la mensualité de la dette. Lorsque chaque jour vous n’avez pas d’autre solution que celle de prendre une ou deux automobiles pour se rendre sur les lieux des études ou du travail, qu’un gamin doit utiliser les transports scolaires et qu’il est impossible de trouver des solutions aux besoins du quotidien sans déplacement le constat est implacable pour le budget familial.

L’étalement urbain a également à terme des incidences graves sur les autres dépenses publiques. Les collectivités ont été obligées d’étendre ou de renforcer les réseaux d’eau, d’électricité, d’assainissement, de déchets, de fibre optique ou de voirie, ce qui coûte cher ensuite à entretenir. Ils sont souvent en très mauvais état en raison de leur ancienneté, par l’accroissement de la consommation, par le décalage entre leur niveau et la demande qui progresse. Les charges sont pârfois largement supéreiures au caût facturé.

Pour l’eau potable par exemple le constat devient alarmant sur de nombreux territoires. La ressource se raréfie et le nombre d’abonnés ainsi que les usages enflent. Des investissements colossaux arrivent. Hors ces services (eau, assainissement) régis par la loi dite Sapin doivent être équilibrés avec les recettes de leur fonctionnement. Les tarifs exploseront à moyen terme. Le dilemme des économies quantitatives indispensables sur des consommation rendent l’équation des équilibres financiers impossible. Tous les réseaux ayant été « allongés » fuient, se délitent et ne sont pas vraiment entretenus faute de moyens.

Par ailleurs la mobilité collective snobée ou rendue impossible dans les faits depuis des décennies pose problème. Les réseaux ont été parfois supprimés (lignes ferroviaires ou d’autocars) ou ne desservent pas des lieux de construction éloignés. Dans l’espace rural la marche (moins de 800 m) n’est guère prisée ; le vélo (3 kilomètres) n’a plus la cote ; le vélo électrique (10 kms) n’est pas encore dans les mœurs. Dans ces trois situation l’automobile est encore largement utilisée. Or quelle que soit l’énergie utilisée elle a des effets financiers ou environnementaux que l’on tente de maîtriser. On en reparle dans quelques mois? Ininterssant puisque l’immigration est la cause de tous nos maux.

Cette situation structurelle résulte du refus de l’opinion dominante de densifier les pôles déjà urbanisés. Le trajet domicile travail aller retour moyen en France est évalué à 28 km par jour. Un couple qui aurait deux voitures sur une semaine avec 5 jours de travail atteint 280 km ! En temps on arrive en moyenne quel que soit les difficultés de circulation à 55 minutes aller-retour soit plus de 5 heures hebdomadaires. Aux dégâts écologiques (artificialisation des sols, ruissellement, fissures dues à la canicule) s’ajoute la précarisation des générations actives. Il est des choix qui sont à réviser.

Ce champ est nécessaire.

En savoir plus sur Roue Libre - Le blog de Jean-Marie Darmian

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Cet article a 3 commentaires

  1. J.J.

    Combien de cas semblables connaissons nous, ou pour une économie de bout de chandelle que représente un terrain rural sans grande valeur marchande, ce que l’on croit être un cadeau, on se lance dans des frais inconsidérés de construction, puis dans des dépenses qui deviennent « somptuaires » du fait de leur pérennité et de leur incessant renouvellement.
    J’ai en exemple une collègue qui, avec son mari, tout deux travaillant en ville, pas dans le même emploi, avec des horaires différents, et une fille amenée à fréquenter le Lycée, ont jugé bon de construire leur foyer sur un terrain offert « gracieusement » par ses beaux parents (un cadeau empoisonné).
    Nous leur avions vivement déconseillé de se lancer dans cette aventure, mais ils n’ont pas voulu nous écouter. Résultat, entre autres inconvénients et dépenses inutiles, pendant les études de leur fille, notre collègue devait venir chaque samedi matin, alors qu’elle ne travaillait pas, et attendre la fin des cours pour revenir au bercail.
    Elle a souvent trouvé le temps long. ..

  2. faconjf

    Bonjour,
    Est-ce de bon ton de s’apitoyer sur notre triste sort. Alors que à la sortie de la guerre, lorsque la feuille était presque blanche, nous nous sommes contentés de reproduire les modèles anciens. Chaque commune a cherché à reproduire les seigneuries du passé, le progrès technique poussant à la roue. L’objectif d’alors était de construire son propre château…d’eau et hors de question de partager avec les voisins… L’interconnexion des réseaux d’eau mais vous n’y pensez pas! à nous Manon des sources décidant qui doit avoir de l’eau et qui en sera privé. Après le château d’eau il a fallut la salle des fêtes, la salle omnisports, la caserne de pompiers et ceci et cela toujours plus et cela dans les plus petites communes. Pour assurer l’attractivité indispensable il fallait bien engranger plus de taxes pour des budgets de plus en plus délirants. Les arbres ne montent pas jusqu’au ciel la concurrence infra-communale finit par stagner sauf à proximité des grandes villes. La Covid a donné l’impression que le vieux modèle fonctionnait toujours. Erreur! le changement climatique et les crises à répétitions bousculent le château d’eau et le château de cartes qu’il dissimulait. De tous temps les villes et villages se sont édifiés proche de la ressource vitale l’EAU ! Donc dans les vallées où coulent la ressource vitale, les derniers évènements ont mis en évidence deux phénomènes, l’assèchement des cours d’eaux puis les inondations. Les deux phénomènes ont une constante, la concentration urbaine qui a réduit drastiquement la perméabilité des sols, résultat les nappes ne sont plus alimentées et toutes les précipitations deviennent préoccupantes. Les zones commerciales sont le parfait exemple à ne pas suivre pour échapper à ces inconvénients. Feu le COS disparu en 2014 était censé limiter l’imperméabilisation des sols. « Le coefficient d’occupation du sol, qui détermine la densité de construction admise, est le rapport exprimant le nombre de mètres carrés de surface de plancher ou le nombre de mètres cubes susceptibles d’être construits par mètre carré au sol. »— Premier alinéa de l’article R. 123-10 ancien du Code de l’urbanisme
    Les lobbys aux intérets divergents, BTP et agriculteurs ont tué le COS pour maximiser les profits tout en laissant les inconvénients aux occupants des zones où l’on bouche les dents creuses. Je vous laisse imaginer la difficulté de la défense incendie dans des lotissements fortement densifiés. Pas grave tout retombe sur les assurances qui mutualisent le risque donc augmentent les cotisations face aux dépenses.
    Un petit espoir pour la distribution d’eau subsistait avec la compétence eau assainissement transférée aux comcom. Le transfert obligatoire des compétences eau et assainissement aux communautés de communes n’est plus requis depuis la loi du 11 avril 2025… Les féodalités se perpétuent avec les inconvénients de la parcellisation des réseaux. Petit exemple vu à la télé, le maire d’une commune de 100 habitants ( oui 100 habitants!) a décidé de multiplier par 7 le coût de l’eau potable dans sa commune… Pas un journaliste ne s’interroge sur cette incongruité d’un maire d’une aussi petite commune qui gère une ressource vitale sans aucun moyen. Combien d’années allons nous encore vivre avec 34 875 communes (au 1er janvier 2026) et ne me parlez pas des comcom où les nouveaux seigneurs collectionnent rémunérations et doublons de personnel et de matériel. Pas grave non plus les impôts locaux sont là pour ça. Encore un petit exemple pour la route, je viens de recevoir mon invitation pour le repas des vieux. Sur le carton on peut lire  » Monsieur le Maire et le conseil municipal vous invitent au repas des aînés… » sauf erreur cette manifestation est payée par le budget communal donc avec mes impôts ce n’est donc pas le maire qui régale… Pas grave les « invités » vont oublier que c’est aussi eux qui payent, j’espère qu’ils vont bien en profiter et merci aux élus.
    Bienvenue aux néo-ruraux qui vont apprendre à leurs dépens ce que coûte le retour à la nature. En fuyant une forme de promiscuité ils vont découvrir celle de leur propriété calée sur 300m2 dans un lotissement bien loin de l’image rêvée que le promoteur a vendu.
    Bonne journée

  3. JJM

    Prenez en exemple le bassin aéronautique début décennie 70 combien de travailleurs sur cette zone? Cinq mille sans compter la BA 106.D’où venaient-ils? Du Blayais du médoc du Libournais,de l’Entre deux mers, du Bassin.
    Et ceux qui résidaient sur l’agglomération Bordelaise quels moyens de transport avaient-ils?Aucun.
    Ces grosses entreprises avaient fort heureusement mis en place des moyens de transport collectifs qui en assuraient ce transport tout en recevant une participation de la CUB.
    Quand les deux parents travaillent c’est difficile de trouver un lieu de résidence proche de leur entreprise respective.J’ai connu cela, mon épouse travaillait à Floirac et moi à Mérignac,pas facile avec deux enfants,il faut donc faire un choix budgétaire et éviter d’avoir deux moyens de locomotion.Grâce à ces transports collectifs ce fût le cas.
    Les 35 H00 arrivent et avec elles des négociations qui mettent en place les horaires atypiques,travail en décalé,horaires variables,VSD.De surcroît les nouvelles générations plus individualistes utilisent moins ce mode de transport.Je me souviens des commentaires prémonitoires dans le bus « quand l’essence sera à 10 Francs le litre ils prendront le bus »!
    Que se passe-t-il alors? Les moyens de transport collectifs étant moins utilisés,car trop cher pour la direction et la CUB qui surveille ,ils sont réduits.Et c’est ainsi que des zones très éloignées ne sont plus desservies.
    Se met en place le covoiturage et le deux roues, à moteur ou pas, pour ceux qui le peuvent selon la distance.
    J’imagine maintenant le coût du transport.

Laisser un commentaire