Céline Dion est à Paris. Elle chante. Je tenais à vous en avertir au cas où vous ne le sauriez pas. Elle y restera jusqu’au 16 octobre pour le dernier de ses concerts et reviendra en mai 2027 pour 10 rendez-vous supplémentaires Tous sont complets et il a fallu des trésors financiers et de patience à ses fans pour obtenir un billet mais ils ne paraissent pas outre mesure surpris par le montant de l’addition. C’est une affaire de centaines voire de milliers d’euros sur les sites de revente officiels puisque les prestations de la vedette canadienne sont annoncées complètes. Près de 500 000 entrées ont été vendues après tirage au sort parmi 9 millions de demandes.
En fait s’il s’agit d’un événement musical il faut y ajouter une dimension économique considérable. La vedette prendra un cachet net probable de 120 000 dollars par soirée soit au total environ 3,6 millions d’euros nets. La production assumera les frais de l’utilisation du Plénitude Arena et de tous les aménagements nécessaires autour de la chanteuse mais devrait récolter d’environ 60 millions de dollars de recettes brutes auxquels il faudra ajouter les autres qui sont indirectes. En effet on évalue la dépense moyenne par spectatrices ou spectateurs d’environ 1500 euros. Les retombées économiques pour Paris et ses environs atteindraient selon les estimations un milliard de dollars. Bref c’est surtout une énorme opération financière reposant sur la notoriété entretenue depuis des mois par le système médiatique
C’est assez rare qu’une vedette se pose ainsi dans une ville pour une série de concerts en un lieu fixe. Elle avait déjà effectué pareille opération à Las Végas. le 25 mars 2003 elle se produisait pour la première fois sur la scène du Colosseum, le théâtre du luxueux hôtel Caesars Palace, à Las Vegas. Dans cette salle, construite spécialement pour l’occasion seulement… 4 148 spectateurs découvraient ce soir-làA New Day…un spectacle géant emmené par la diva accompagnée de danseurs, de musiciens, d’effets spéciaux et d’écrans géants, sur l’un des plus grands plateaux scéniques du monde. Elle persista et entre 2003 et 2007 et évolua 723 fois sur cette scène son spectacle.
Ce qui est frappant c’est combien un passage sur scène d’une chanteuse peut influer sur l’actualité. Le monde tremble et se fracture de tous les cotés mais l(attention se porte ailleurs. Le rêve prend le pas pour des millions de personnes sur la réalité. Le décalage est impressionnant. Des dizaines d’heures d’antenne, des centaines de pages dans la presse écrite ont transformé en évènement réellement extraordinaire ce qui n’est qu’une prestation artistique magnifiée par la technique. On est loin de l’époque où les Créonnais se déplaçaient dans un garage aménagé en salle de spectacles pour écouter Jacques Brel sur une scène improvisée et avec des éclairages et une sono installée par l’électricien local.
Le gigantisme devient la règle. Des groupes se reconstituent pour des retours « monumentaux » dans des stades ou des lieux inédits. On sait fort bien qu’il existe une concurrence sévère entre les grandes enceintes sportives pour décrocher des moments de ce genre qui mettent du beurre dans les épinards de budgets déficitaires avec les seules activités sportives. Il y a eu par exemple 15 concerts au Stade de France en 2025 ce qui est supérieur au nombre de matches internationaux d’une saison normale (13). Le show-biz constitue une activité économique gigantesque sur l’ensemble du territoire. Elle aura largement dépassé depuis le début de l’année l’affluence et les chiffres d’affaires de festivals, victimes de la canicule ou de problèmes d’organisation.
Il n’y a rien de négatif dans le tour de chant de Céline Dion. A chacun son appréciation de ses qualités vocales et de son répertoire constitué de chansons composées par les meilleurs spécialistes français de la fabrication de « tubes ». Les adjectifs relatifs à sa production parisienne pour son retour sur une scène sont dithyrambiques.
Les Anglais du Times l’ont trouvé « bouleversante, sincère, chaleureuse et d’un professionnalisme irréprochable ». Pour d’autres c’est rien de moins « qu’une Callas Pop » ; C’est probablement vrai mais vu avec les yeux de ses fans le spectacle ne peut pas en être autrement et malheur à celle ou celui qui osera contester la qualité de la soirée. Et c’est normal car il n’est pas possible d’être déçu par celle qui revient après six ans d’absence et une période difficile.
Durant un mois tout peut arriver. Céline Dion effacera les séquelles des débilités de Schtrumpf mettant en grand danger notre quotidien. La dette généralisée deviendra acessoire. Le test sur les retraités de la suppression d’un part de leurs acquis passera inaperçu. Le prix du gazole flambera tranquillement. Les Houtis bloqueront discrètement l’accès au canal de Suez. C’est miraculeux mais provisoire. Le Pape arrive pour prendre le relais.…
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Les prestations de Céline Dion, ça me fait le même effet qu’à Jacques Chirac quand il parlait de démocratie.
Je zappe systématiquement quand la dithyrambe commence à propos de la pseudo diva, et on n’y échappe sur aucune chaîne.
Ça m’ennuie, ça me barbe, car le répertoire de la dame ne correspond absolument pas à mes goûts en matière de musique et personnellement je ne lui trouve aucun charisme et plutôt une grande niaiserie.
Et je ne parlerai pas du scandale des sommes colossales en cause, alors que certains ne peuvent plus faire le plein de leur voiture à cause des fantaisies mortifères du frise-à-plat étasunien.
Tel le personnage de Montesquieu, je me demande : « Comment peut on être « fan » de madame Dion ? »
Tout cela est malheureusement le reflet de l’évolution décadente de notre société; « du pain et des jeux » disaient les Romains, paraît-il. J’ai bien peur que nous soyons sur la même pente descendante…
Allez, bonne journée quand même!
Bonjour @Gilles Jeanneau !
D’accord avec vous … bien que, pour « le pain », on risque chercher les rares miettes ! !
Cordialement
Bonjour Jean-Marie !
Très bien ! Excellent, ce papier sur … l’absurdité de la pub qui exploite au maximum la bêtise humaine intarissable même avec la sécheresse !
Tu évoques les spectacles dans un garage T.P. (devenu fournil et halles) avec scène et installation qui, maintenant, frapperaient de syncope un énarque-préfet ! ! C’est dans ce lieu pittoresque que j’ai découvert Brel, Mathieu et l’«Heureux » Fernand Raynaud … grâce à un prix d’entrée non prohibitif !
Signalons aux jeunes lecteurs incrédules (les anciens vont larmoyer de plaisirs ! !) d’autres communes alors célèbres pour leurs spectacles : Blasimon avec sa place recouverte d’une toile d’où s’échappait les voix de Line Renaud, les Compagnons, Richard Anthony, …, Castelviel et les accords de trompettes ou accordéons célèbres pour slows langoureux, la médaille d’or revenant à Cadillac sur Garonne et sa kermesse gratuite de l’hôpital psychiatrique avec A. Barrière, H. Aufray, F. Cabrel, Jo Dassin, A. Dassary !
Tous ces spectacles animaient les fêtes de village que les Solex reliaient facilement !
J’allais oublier : si, parfois, les poings s’agitaient, les Opinels étaient totalement absents !
Amicalement.
Oh que oui François!
Tu me fais penser qu’en 1967, avec des copains et copines, on était allés écouter Enrico MACIAS à Libourne! et tu sais où?
Au lycée, qui s’appelle maintenant Max Linder (je l’ai fréquenté de 60 à 66!) et la scène avait été aménagée sur le toit du préau!
Souvenir, souvenir
Merci
Bonjour,
c’est normal de payer l’orchestre qui joue pendant que le Titanic coule ça évite la panique . On pourrait aussi dire regardez bien la main droite du prestidigitateur qu s’agite pendant que la main gauche vous pique votre portefeuille.
« Si nous devions financer toute notre « vieille » dette de 3500 Mrds d’€ avec le taux d’intérêt actuel de 4,18%, nous aurions presque 150 Mds d€ d’intérêts par an à payer soit 5% du PIB ». C’est ce qu’écrit Nicolas Meilhan *.
Pour rappel en France, la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) rapporte environ 211 à 212 milliards d’euros par an, ce qui en fait la première recette fiscale collectée du pays.
Les choses commencent à se corser, car les fonds vautours américains se frottent déjà les mains à l’idée de dépecer la France comme cela a été fait pour la Grèce…
la Loi du 3 janvier1973 « loi Pompidou-Giscard-Rothschild »,est le début de l »obligation pour la France à emprunter auprès des banques privées.: au lieu d’emprunter aux citoyens français et de leur payer à EUX des intérêts chaque année, depuis 50 ans cet manne a été détournée vers les banques et hedge funds étrangers.
En réalité l’interdiction totale et définitive de tout crédit de la banque centrale au Trésor public n’est intervenue que plus tard, avec le droit européen et la loi de 1993** préparant l’indépendance de la Banque de France pour l’euro. Cette réforme était une obligation imposée par le Traité de Maastricht (ratifié en 1992 coucou Tonton et Delors ). Elle a aligné le statut de la banque française sur le modèle devant mener à la future Banque centrale européenne.
L »objectif principal de cette décision était la stabilité des prix : La mission principale de la Banque de France devient la définition et la conduite de la politique monétaire pour garantir la stabilité des prix nous dit la loi.
La politique de la dette des états est un mécanisme ultralibéral qui ne peut s’amortir que par l’inflation (par érosion de la valeur des monnaies). Prenons un exemple concret en 2000 un citoyen U$ pouvait acheter 125 bouteilles de cra-cra cola avec 100$ aujourd’hui il peut en acquérir 44. Transposé chez nous, on mesure combien l’€ est efficace pour maîtriser l’inflation!
Bon d’accord! Céline c’est un peu plus cher que l’orchestre du Titanic mais ça fait quand même plus de bruit merdiatique et c’est très utile pour masquer l’effondrement silencieux de notre économie.
bonne journée
*Nicolas Meilhan est ingénieur et expert en politiques énergétiques, industrielles et de mobilité. Ingénieur de formation (ESTP et MIT), il conseille depuis plus de dix ans les pouvoirs publics et les entreprises sur les enjeux liés à la transition énergétique, la sobriété, et la relocalisation industrielle.
** La loi n° 93-980 du 4 août 1993 a rendu la Banque de France indépendante du pouvoir politique pour préparer la France à l’arrivée de l’euro.
Bonjour Jean-Marie,.
Tu évoques une époque lointaine quand les Créonnais se déplaçaient pour écouter Jacques Brel.
Durant la période estivale l’accès à la culture musicale ou autre est réalisable à peu de frais à travers les Scènes d’été en Gironde organisées par le département que tu connais si bien.
Personnellement j’ai assisté à des spectacles musicaux d’un genre différent ,je ne vais pas en faire l’inventaire.
De celui-ci j’en garde un magnifique souvenir.J’étais présent sur le stade de Cadillac en 2005,nous étions 8000 à applaudir Johnny Clegg et entre autres,sa magnifique chanson Asimbonanga.