Tout le monde ou presque connaît la fameuse histoire du berger qui criait trop souvent au loup et avait fini, le jour où l’animal très redouté fut réellement au rendez-vous, par ne plus voir personne répondre à son appel au secours. Depuis 21 ans que je publie six jours sur sept sur le site de L’Autre Quotidien d’abord puis de Roue Libre ensuite, je souffre de finir par être comme le pâtre affolé qui annonce des malheurs qui n’arrivent jamais. Plus de 6 000 chroniques très inégales contiennent des constats aussi argumentés et objectifs que possible qui tentent de favoriser la réflexion sur des sujets que je souhaite très divers. Vous êtes quelques-uns à réagir, à compléter ce que je tente de synthétiser chaque soir en un feuillet. Et je guette vos réactions quelles qu’elles soient car je les considère comme indispensables à ma propre réflexion.
Hier j’écrivais sur cette pantalonnade convenue qu’aura été le face à face entre des « entrepreneurs » se considérant comme puits de science pouvant apporter les solutions à tous les maux d’un pays à la dérive. Je ne regrette pas car le lendemain deux constats officiels corroboraient la vanité absolue de ces positions méprisantes et marquées par l’égoïsme intrinsèque du monde ultra-libéral. Le premier avait trait à l’inflation comparée entre l’échéance de juillet 2025 et 2026. Elle ne cesse de progresser puisque qu’elle est passée de 2,1 à 2,4 % sur la même période. On ne peut pas dire que ce paramètre a passionné l’opinion dominante accaparée par des sujets liés au déchaînement climatique.
Le fameux « pouvoir d’achat des ménages » par unité de consommation a reculé nettement sur le trimestre (-0,5% après 0,1%). Le taux d’épargne des ménages a fléchi fortement, sous l’effet combiné de l’accélération de leur consommation et du recul de leur pouvoir d’achat. Il s’est établi à 17,2%, après 17,9% au premier trimestre. Les fins de mois deviennent de plus en plus difficiles et l’auto-restriction augmente dans la frange la plus basse des classes moyennes. Toutes les dépenses contraintes augmentent ne laissant que peu ou pas du tout de marge de manœuvre à un nombre de plus en plus grand de foyers. Comment croire que le système libéral outrancier que nous connaissons parviendra à réguler ce lent effondrement du niveau de vie ? Illusion entretenue par les tenants d’une théorie simpliste : « c’est la faute aux autres. A tous les autres ! »
Cette forme de propagande que l’on a connue dans des temps douloureux (la faute aux Juifs, aux Francs-maçons, aux autres ethnies, à ceux qui viennent manger le pain « social » des vrais Français…) progresse chaque jour car nous vivons dans une société du bouc-émissaire diversifié. Il est plus facile de s’en prendre à tout ce qui se trouve dans la proximité qu’à un pouvoir lointain, déconnecté et arrogant. C’est valable dans absolument tous les secteurs de la vie sociale. Partout la divine référence devient le pognon, le fric, le flous, l’argent. Cette tendance se répand dans les esprits comme une tache d’huile sur une mer calme. Elle asphyxie les valeurs humanistes et elle condamne à mort tout ce qui a fait le fondement de la République. Les Lumières s’éteignent les unes après les autres.
L’engagement citoyen, le bénévolat désintéressé, la volonté d’être utile à l’intérêt général s’estompent chaque jour un peu plus. La liberté se résume à la possibilité d’acheter du bonheur, du confort, de la sécurité sociale au sens propre si vous en avez les moyens. La fraternité est écrasée par le poids de considérations globales ressassées comme des vérités intangibles. La puissance se mesure en milliards. Un savant ou un intellectuel émancipateur n’a plus qu’un coin de cagibis puisqu’il ne produit pas autre chose que des théories ou des idées. Réhabiliter le travail pour certain ce n’est qu’aliéner davantage celle ou celui qui règle sa vie sur l’amélioration de son rêve de possession matérielle.
Le système libéral mis en œuvre de manière débridée depuis dix ans est pris au piège de ses propres indices pourtant présentés comme les références de ses évolutions. Le fameux produit intérieur brut (PIB) français est resté… stable au deuxième trimestre, avec une croissance nulle (+0,0%), a annoncé hier dans ses résultats détaillés l’Insee, qui a revu en baisse sa première estimation qui mesurait alors une croissance de 0,2% entre avril et juin. L’Insee a aussi révisé en baisse ses chiffres pour le premier trimestre, avec désormais un PIB en recul de 0,2%, a indiqué l’Institut national de la statistique, qui donnait jusque-là une baisse du PIB de 0,1% sur les trois premiers mois de l’année. Les prémices d’un récession aux multiples causes et d’une dérive que plus personne ne maîtrise vraiment.
La rentrée à Roland Garros le temple des « m’as-tu-vu dans les tribunes » ressemble à un jeu de rôles aussi vieux que le capitalisme ou à une partie de poker menteur dans laquelle la majorité des joueurs tente de camoufler leur incapacité à juguler les effets d’une situation climatique catastrophique derrière eds postures faciles. L’été aura détruit les dernières illusions et aura plongé l’opinion dominante dans le rejet massif et durable des acteurs politiques. Regardez dans le rétroviseurr la fin des années 1930… et serrez les fesses.
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« Regardez dans le rétroviseur la fin des années 1930… et serrez les fesses. »
Et oui, entre autre nouveauté « on » a changé de cible, le pelé, le galeux n’est plus le « juif », (pour essayer vainement de se donner unes respectabilité) suite à divers événements à « certaines » périodes de l’histoire qui furent loin d’être des détails. C’est même très mal vu de s’en prendre à Israël, malgré le comportement plus que douteux (pour faire court) de ses gouvernants. Mais dans le fond, « on » est resté aussi persécuteur et fanatique. C’est le « fond de commerce » de certains individus.
Maintenant, ce n’est plus le juif errant que l’on pourchasse de sa haine, mais le « prolo » réclamant justice sociale, déclaré « ennemi de l’état », le frondeur mettant en cause les privilèges exorbitants de certaines classes sociales et surtout le migrant, fuyant la misère , la guerre ou les brutalités.
« Rien ne se crée tout se transforme » et l’histoire est un éternel et lamentable recommencement.