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L’éternel problème de la représentation de la Nation

La Marseillaise avait à Dallas au cœur de cet État du Texas peu respectueux des règles essentielles des Droits de l’Homme une résonance particulière. A la fois pour les acteurs d’une demi-finale de Coupe du Monde mais aussi pour les millions de personnes qui s’identifiait l’espace d’un match à une équipe de football. L’hymne symbole de l’appartenance à une Nation prenait une dimension identitaire collective alors que des propos conformes à l’état d’esprit qui prévaut dans bien des têtes ont été médiatisés. Un e-premier ministre espagnol y est par exemple allé de sa formule choc après les diarrhées racistes de la sénatrice paraguayenne.

« La France dispose d’un effectif de très haut niveau. Cela dit, sans Français. » Publiée dans une tribune dédiée au football, cette phrase revient sur la notion d’appartenance à une Nation. Ce devrait être en fait le sujet principal de l’élection présidentielle plutôt que celui de l’immigration car depuis des siècles l’intégration passe par l’octroi tôt ou tard de la nationalité à ceux qui sont nés où vivent dans le respect des règles sur un territoire administrativement reconnu. Selon les pays les conditions sont différentes mais l’objectif est le même. L’appartenance à une Nation ne passe pas par la couleur de la peau, par la religion, par les origines ethniques ou par le lieu de naissance des parents mais par des papiers.

En Espagne il y a quelques jours tous les travailleurs étrangers en situation irrégulière ont eu la possibilité de solliciter la régularisation de leur situation. Plus d’un million‘ de demandes ont été déposées dans le cadre d’un plan massif du gouvernement. Un rapport de la police nationale estime même à 1,3 million le nombre total de demandes ce qui dénote combien la fraude, l’exploitation humaine et l’hypocrisie du milieu économique ont été ignorées depuis des décennies. Leur apport à la nation espagnole est-il négligeable ? L’absurdité des idées toutes faites conduit inévitablement à ignorer la réalité.

Dans tous les sports et dans tous les pays, les sélections reposent sur une reconnaissance strictement administrative de l’appartenance à une nation. Faudra-t-il introduire une clause de reconnaissance sur la base de critères correspondants aux racines familiales historiques , Que signifie réellement la notion de Français de souche? . En France 20 % des personnes soit environ 13 millions d’individus sont immigrées ou ont au moins un parent immigré. Une partie des plus illustres personnages de notre pays sont issus de l’immigration, à l’image de l’ancien président de la République Nicolas Sarkozy, comme justement les membres de l’équipe de France masculine de football. En cherchant dans les branches d’un arbre généalogique il est souvent possible de trouver une origine étrangère dans sa propre famille.

Le chiffre de 20 % comprend d’abord 9,2 % d’immigrés : nés à l’étranger, ils sont venus s’installer durablement dans notre pays. Il comprend aussi 12 % de descendants directs d’immigrés nés en France : 6 % de la population ayant deux parents immigrés et autant un seul parent immigré. Ces descendants ont principalement des parents issus du Maghreb (4 %), d’Italie, d’Espagne et du Portugal (3,1 %). 1,4 % d’entre eux viennent d’autres pays d’Afrique, 1,3 % d’autres pays de l’Union européenne et 1,2 % d’Asie. Il est donc inévitable que dans le sport ces constats se retrouvent dans absolument toutes les sélections. Allez ne soyons pas faux-culs ; la couleur de la peau reste le critère de ce racisme absurde. 

Un tiers des personnes âgées de 18 à 59 ans ont des origines immigrées : soit directement (13 %), soit au moins un parent immigré (11 %), soit au moins un grand-parent immigré (10 %). Plus on remonte le fil du temps, plus la part de la population ayant un ancêtre étranger augmente. Rares sont les Français et Françaises. Les travailleurs venus de Pologne, de Belgique, d’Italie, d’Espagne, du Portugal, puis des anciennes colonies ont quitté leur pays pour fuir la misère et faire fonctionner la machine économique française. L’immense majorité est restée en France, s’y est mariée, et a fait des enfants. s dont tous les ancêtres sont nés en France : nous sommes quasiment tous des enfants d’immigrés.

Durant les deux grandes guerres l’octroi de la « nationalité » officielle via des incorporations massives dans l’armée a bien servi les intérêts du pays. Entre 1914 et 1918, la France incorpora ainsi près de 600 000 coloniaux aux peaux diverses. Quatre vingt dix mille d’entre eux y laissèrent leur vie. Au cours de la bataille des Dardanelles, les « tirailleurs sénégalais » représentaient, à eux seuls, la moitié des effectifs français engagés. En 1944 l’armée française comptait 550 000 hommes, dont plus de la moitié venus de l’outre-mer : 134 000 Algériens, 73 000 Marocains, 26 000 Tunisiens et 92 000 originaires d’Afrique noire. Il est vrai que beaucoup n’ont pas ensuite été considéré comme… Français !

Quel que soit le résultat de Dallas c’est la France dans sa réalité qui aura joué. Le racisme ne changera rien au résultat. Ce sera donc dès ce matin « Ils ont perdu ! » alors que jusque là tout le monde criait « Nous avons gagné! »

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Cet article a 3 commentaires

  1. J.J.

    -Une partie des plus illustres personnages de notre pays sont issus de l’immigration, à l’image de l’ancien président de la République Nicolas Sarkozy,..-
    L’exemple n’est peut être pas très bien choisi et je partage, pour une fois, l’avis du sieur Retailleau qui prétend que l’immigration n’est pas une chance pour la France.
    À tous ces « étrangers » que tu cites, et qui sont morts pour un pays qui n’était pas encore le leur, il faut ajouter tous les immigrés italiens, espagnols (les 146 sur 160 hommes de la colonne Drone, entrée la première à Paris le 2 août 1944 étaient des républicains espagnols), polonais, prisonniers russes évadés, allemands anti nazis, et tous ceux que j’oublie, qui participèrent à la Résistance et à la libération du pays.
    « Væ victis ! » NOUS avons perdu, c’est bien dommage, mais ça n’empêchera pas la terre de tourner. Réjouissons nous pour les espagnols

  2. JJM

    Heureusement en Espagne les paroles de Rajoy ne sont pas partagées.Visitant Reus,il y a quelques années, j’ai photographié une affiche dont je vous livre le contenu.
    Los de arriba han provocado las crisis y los de abajo nos peleamos para las migajas.No caigas en la trempa de la xenofobia ,no votes a partidos que utilizan la inmigración como arma electoral ”
    Il suffit de regarder autour de nous,sur les routes ou sur des chantiers pour constater que la mixité n’est pas que sur les terrains de foot,sans compter tous ceux qui œuvrent clandestinement pour le plus grand bonheur des patrons amis de la marine.
    Tous ceci est très bien expliqué dans le document.,le gros rouge qui tâche, que Faconjf nous avait communiqué il y aquelques mois.

    1. J.J.

      ¡ Muy bien ! Felicitationes.

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