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Le choix lucide: la liste qui promet le moins !

A-t-on vraiment présenté aux électrices et aux électeurs la situation des communes avant qu’ils choisissent un programme ? Aucun vote ne saurait être déconnecté d’un contexte extrêmement précaire. Or malheureusement bien des listes ne connaissent même pas les éléments de base du fonctionnement communal. Politiquement il serait intéressant de connaître la position des candidats sur les ressources qu’ils auront à gérer.

Par pure démagogie ils se focalisent sur les « impôts » promettant tous de les « limiter » pour les plus courageux, de les « stabiliser » pour les modestes et c’est le bouquet de les « baisser » quand ils ont envie de draguer les éternels mécontents de tout ce qui constitue une participation à la vie collective. Savent-ils que désormais une large majorité des habitants ne payent plus d’impôts locaux depuis la désastreuse réforme de la taxe d’habitation ?

Il y a de fortes chances que sur bien des listes il y ait de nombreux membres qui hurlent alors qu’ils sont locataires et utilisent « gratuitement » tous les équipements locaux. Cette situation n’est dénoncée par peu de maires putatifs. Placées sous la tutelle du pouvoir central qui leur octroie via le budget général des dotations de compensations communes et communautés de communes les conseils municipaux ne maîtrisent plus en moyenne que 46 % de leurs recettes dans lesquelles on trouve celles qui viennent des services dispensés par la collectivité.

Dans la situation présente les finances devraient être le principal souci des futurs élus. Déjà il savent pour les sortants qu’elle est la baisse (à nombre d’habitants constant) que leur réservent les décisions du parlement. Pour les nouveaux venus ils le découvriront à leur arrivée aux affaires quand il faudra en trois semaines bâtir leur budget. On sent fort bien que bien de leurs propositions resteront dans les cartons et qu’il leur sera facile d’accuser leurs prédécesseurs d’avoir cramé la caisse.

On sait en effet que le lendemain d’un scrutin municipal cette adaptation personnelle d’une citation de Jules Claretie, romancier et académicien deviendra d’actualité : « Tout homme qui dirige, qui fait quelque chose, a contre lui ceux qui voudraient faire la même chose, ceux qui font précisément le contraire, et surtout la grande armée des gens d’autant plus sévères qu’ils n’ont rien fait du tout ! » Combien de fois ai-je utilisé cette formule qui illustre parfaitement l’évolution de la démocratie représentative en panné d’actrices et d’acteurs ayant démontré leur envie de servir l’intérêt général.

Le mandat 2026-2032 sera probablement le plus dur car déjà il faudra finir l’année en cours en réduisant si l’énergie s’envole à nouveau, si les matières premières augmentent et si le déficit national s’aggrave toutes les marges de manœuvre. Les électrices et les électeurs en ont-ils conscience en choisissant la liste qu’ils glisseront (s’ils ont le choix) dans l’enveloppe ? J’en doute. Et ce n’est rien car aucun d’entre eux imaginent ce que sera la loi des finances pour 2027 ! Il n’y a aucune visibilité sur l’avenir. Sauf qu’il n’y aura que des priorités et des renoncements à décider.

Il y a quelques voix « timides » qui s’élèvent pour condamner une réforme anti-républicaine qui étrangle de fait la gestion communale. Les Français sont, selon un sondage récent, favorables au retour de la taxe d’habitation sont soucieux de l’accessibilité aux services publics locaux.

Rétablir cet impôt pourrait permettre selon eux d’améliorer ces structures et de créer par exemple “des centres de santé municipaux” et redonner de l’air à l’initiative locale qui se stérilise peu à peu. Certains rares candidats aux municipales ont d’ailleurs proposé la restauration de la taxe d’habitation mais sous une nouvelle forme. Elle viendrait alléger la taxe foncière, intégralement payée par les propriétaires.

D’autres très rares proposent eux de “repenser la fiscalité” en mettant en place une contribution généralisée en fonction des ressources des citoyens. Le détournement de la loi fait fureur dans les lieux huppés de vacances où des changements de statut de certaines habitations se sont multipliés. Pour ne pas payer la taxe sur les résidences scolaires de petits malins ont permuté leur domicile principal économisant ainsi de coquettes contributions directes.

Il y a très peu de listes qui revendiquent une mise à plat du système fiscal actuel. La mise en place d’une « contribution communale universelle» avec un plancher minimum de quelques dizaines d’euros reposant sur le patrimoine et les revenus devraient figurer dans les revendications des élus locaux. Il en va de la liberté communale et surtout de la reconstruction d’un lien de proximité avec la population. Ce scrutin sera dans bien des cas la résultante de l’indifférence (une liste) ou de la démagogie naissant de l’ignorance citoyenne.

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