Les vœux pour l’an nouveau ne seront plus dans quelques jours que des feuilles mortes qui se ramassent à la pelle ou emportées par le vent mauvais des réalités. Ce matin nous entrons dans 2026 sur la pointe des pieds pour celles et ceux qui savent que l’avenir est miné. Il leur faudra se mettre un bandeau sur les yeux pour ne pas s’en apercevoir. Or cheminer vers une destination dont on connaît l’issue inévitable se conçoit bien moins facilement que quand l’on n’a aucun signe préjugeant de ce que l’on trouvera au bout du sentier.
Souhaiter une belle et heureuse année à la volée comme l’on distribue le maïs aux poules affamées de la basse-cour appartient désormais à ce que l’on nomme un peu trop facilement la tradition, a bon dos. Ce geste évite de se poser des questions sur le sort que la vie nous réserve. Les vœux envoyés supposent qu’il soient payés en retour d’une prévision similaire. Il y a un coté « je me préserve en espérant un sort favorable pour l’autre afin de recevoir de sa part le même message ». Sait-on jamais ça peut marcher! Or nous sommes de moins en moins maîtres de notre destin. Ce n’est certes pas une nouveauté mais ça ne s’améliore pas.
Observés, épiés surveillés, traqués, considérés comme des proies, bernés ou menacés pour tout et n’importe quoi, nous avons une part d’initiative limitée puisque plus aucun de nos actes n’est pas encadré, codifié ou normalisé. Parler de demain est devenu impossible puisque la liberté ne repose que sur des espaces réduits, des niches, des virgules sociétales que la montée d’une forme de Maccarthysme rampant ronge inexorablement. Les extrémismes de tous bords, de toutes obédiences, de toutes croyances veillent et dénoncent avec vigueur celui ou celle qui ose être tolérant et raisonnable. Les vœux ne tiennent aucun compte de ce contexte dans lequel la liberté se rétrécit comme une peu de chagrin.
Le bonheur que l’on espère a lui aussi bien du plomb dans l’aile. Idiot celui qui a popularisé la première partie de ce dicton que l’on dit à tort populaire voulant que « l’argent ne fasse pas le bonheur ». Désormais la principale préoccupation reste celle du fric. Les uns car ils en manquent vraiment et ne survivent que dans la malheur d’un existence de privations. Les autres qui l’amassent, l’entassent, le vénèrent s’ingénient à tout faire pour en gagner davantage sans surtout se préoccuper des dégâts que causent leur appétit « pognonesque ».
Entre les deux il existe la classe qui n’est plus en lutte des couillons taillables à merci puisque ne pouvant échapper au sort des petits poissons raclés par le chalut aux mailles de plus en plus serrées. Il leur faut donner le change et avoir toutes les apparences de la richesse matérielle pour échapper au triste sort du déclassement. Alors si sur la carte que vous recevez quelqu’un a porté le mot « prospérité » résignez vous vite à une probable déception.
Qu’un malotru ne s’avise pas d’évoquer la fraternité ou même vous inviter à la solidarité. Tous les messages que vous recevez en fin d’année vous convie à « économiser sur vos impôts » en donnant une obole à l’un des multiples organismes souhaitant venir en aide aux plus fragiles, aux plus en détresse, aux plus oubliés… La motivation solidaire réelle n’existe plus. Il faut une carotte fiscale pour attirer le donateur. Il est certain que si elle disparaissait la solidarité active s’effacerait d’une société de l’indifférence. Pardon…Pas tout à fait!
La solidarité humaine se tarirait c’est certain mais celle en faveur des chats, des chiens, des chevaux, des bœufs gras ou non, des canards trop gavés, des éléphants ou des baleines subsisterait. Il n’y a que les bébés phoques qui pleureraient car leur B.B. a rejoint le cimetière marin auquel ils étaient destinés eux-aussi.
Et pourtant la fraternité et la solidarité reposent entre humains souvent sur un sourire, un bonjour, une amitié durable, un échange gratuit, un café partagé, un livre donné ou suprême cadeau de l’époque présente : une écoute bienveillante. On ne partage plus le temps qui est devenu trop précieux. Or apprendre de l’autre demande parfois patience et attention. Ce n’est plus à la mode. L’instantanéité que l’on confond désormais avec la vitesse renforce l’écart entre les gens. Nous sommes désormais contraints de confier à une machine le soin d’entretenir les relations humaines que l’on n’a plus l’envie de pratiquer.
Il me reste pourtant à simplement souhaiter vous retrouver en 2026 chaque jour ou presque en roue libre sur les routes du doute. Celle que plus grand monde emprunte pour ne pas mettre en danger le confort de ses certitudes. Ces chroniques prises par certains de mes amis comme des positions arrêtées continueront autant que je le peux et que me le permettront mon esprit et mes forces.
Si vous êtes au rendez-vous c’est rassurant pour moi car quelle que soit votre réaction, elle constitue un signe d’estime et d’amitié. J’espère simplement que vous me ferez douter et me remettre en question afin que je puisse encore et toujours progresser. En 2026 je veux garder l’espoir d’être utile au combat que nous devons mener contre l’intolérance, la haine, l’exclusion, la désinformation et la facilité de la croyance. A demain… pour éviter que ce soit le passé qui prenne le dessus dans toutes nos pensées.
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Cher Jean-Marie
Je te remercie tout particulièrement pour ces voeux auxquels je m’associe pleinement et qui me remontent un peu le moral en fait car c’est vrai que cette année m’a particulièrement entrainé sur la pente de la déprime et de la tristesse…
L’avenir ne me semble pas tout rose et je n’ai aucune confiance dans l’IA pour nous sortir de la mouise dans laquelle nos responsables politiques nous ont entraîné.
Voila c’est dit!
Sur ce, bonne année quand même à toutes et à tous.
Il faut douter de tout sauf de la vie! Alors doutons, vivons, espérons! Meilleurs voeux à toutes et tous!
Malgré tout ça, bonne année de santé pour vous et les vôtres.. ainsi qu’à tous les lecteurs….
« Garder l’espoir d’être utile au combat que nous devons mener contre l’intolérance, la haine, l’exclusion, la désinformation et la facilité de la croyance.. » Tes vœux Jean -Marie s’appliquent au quotidien à travers tes écrits,ces chaleureux moments de partage sont toujours bienvenus.Meilleurs vœux de bonheur,à toutes et tous en espérant un avenir meilleur.
Le monde que nous laissons à nos enfants et nos petits enfants n’est pas enviable. Cependant, le temps qu’il nous reste doit être dédié à l’amour qu’on leur porte, à une main tendue pour les plus démunis, au sourire qui apporte un peu de chaleur humaine.
Liberté, égalité, fraternité, ne sont pas de vains mots. Faisons les vivre !
A toi J.M, à M.C, à toute ta famille nos voeux de santé et plein d’amour en famille.
Après bien des craintes et aléas, 2026 est enfin là !
N’oublions pas les traditions … tenaces :
Avec une pensée pour ceux dont le chemin caillouteux est devenu une impasse terrestre, j’adresse à vous tous, lectrices et lecteurs et bien sûr aux deux du 9 rue de Baspeyras mes meilleurs vœux de bonne Santé (surtout!), d’accueil de l’Autre, de pardons mais aussi de plaisirs de se retrouver sur ce blog grâce à notre infatigable écrivain.
Que nous réserve cette nouvelle année ? Certainement, de bons thèmes pour toi, Jean-Marie ! ! !
En attendant … 482 au jus ! Ça, c’est sûr ! ! ! !!!!!!!
Bonne année à toutes et tous !
Bonjour,
avec un peu de retard je souhaite au rédacteur, ses parents et amis ainsi qu’a la communauté de son lectorat mes vœux aussi sincères qu’inutiles pour une année de lutte contre l’obscurantisme.
Que Dionysos vous enivre des plaisirs terrestres et que Minerve élève vos pensées vers l’écoute des autres et la sagesse. A toutes et tous je vous souhaite le meilleur.
Bien amicalement